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DE L'EVANGILE DE JEAN :



Jn 1:47- Jésus vit Nathanaèl venir vers lui et il dit de lui : " Voici vraiment un Israélite sans détour. "
Jn 1:48- Nathanaèl lui dit : " D'où me connais-tu ? " Jésus lui répondit : " Avant que Philippe t'appelât, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu. "
Jn 1:49- Nathanaèl reprit : " Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël. "
Jn 1:50- Jésus lui répondit : " Parce que je t'ai dit : "Je t'ai vu sous le figuier", tu crois ! Tu verras mieux encore. "
Jn 1:51- Et il lui dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'homme. "


POUR RUMINER LA PAROLE :

1. SITUATION.

L'Evangile de Jean se divise en 2 grands ensembles : le Livre des Signes (1, 19- 12, 50) et le Livre de la Gloire (13, 1 - 20, 31), ces 2 volets centraux se trouvant situés entre un Prologue sur le Verbe de Dieu venu en ce monde (1,1 - 18), et un Epilogue (21, 1 - 25) sur une apparition supplémentaire du Christ ressuscité en Galilée.

Le Livre des Signes commence par une section que certains prolongent jusqu'à la fin du chapitre 4, sous le titre "Jésus rassemble ses disciples". Le premier point de ce rassemblement se trouve avant le 1er des signes de Jésus, le changement de l'eau en vin à Cana de Galilée (2, 1 - 12), et se présente comme une réaction en chaîne, suite à une parole adressée par Jean Baptiste à 2 de ses disciples, leur désignant Jésus comme
''l' Agneau de Dieu" (1, 36).

C'est ainsi qu'André et un autre disciple non identifié se mettent à suivre Jésus, avant qu'André en informe aussitôt Simon Pierre {1, 35 - 42), et avant que Jésus lui-même invite Philippe à le suivre et que ce dernier aille trouver Nathanaël et le conduise à Jésus (1, 43 - 51).

Notre passage représente ainsi la rencontre entre Jésus et Nathanaêl, au moment où ce dernier le rejoint.


2. MESSAGE.

Nous avons d'abord dans ce texte le dernier témoignage sur Jésus de toute cette série des tout premiers disciples qui rencontrent Jésus et lui donnent ensuite un titre de plus en plus précis.

Cela a commencé avec le terme "Rabbi" (1, 38), puis cela a continué, d'abord avec le terme "Messie" ou "Christ" (1, 41), ensuite avec cette formule "Celui dont il est écrit dans la Loi et les prophètes (1, 45). Et maintenant, Nathanaël de proclamer Jésus, Rabbi", "Fils de Dieu" et "Roi d'Israël" (1, 49), après avoir demandé s'il pouvait sortir quelque chose de bon de Nazareth (1, 46). La fin de cette litanie de titres de plus en plus importants concernant Jésus sera l'appellation de "Fils de l'homme" que Jésus se donne ici lui-même (1, 51).

Comme dans le cas de l'apparition de Jésus ressuscité à Thomas (20, 24 - 29), Jésus donne à Nathanaël le signe qu'il a perçu son état d'âme et sa question, lorsqu'il lui déclare l'avoir vu sous le figuier (1, 48). Ce qui entraîne aussitôt chez Nathanaël la réponse que Jésus est "Roi d'Israêl" et "Fils de Dieu" (1, 49). Nathanaël est déclaré par Jésus un Israélite exemplaire parce qu'il est venu à lui sans le rejeter au nom de la Loi et des Prophètes, comme le feront par la suite beaucoup de scribes et de Pharisiens.

La dernière phrase de notre texte consiste en une révélation que Jésus nous donne de lui comme "Fils de l'homme", selon cette appellation qui vient de la vision eschatologique du Livre de Daniel (7,9 - 15), d'un "fils d'homme" marchant sur les nuées du ciel, et à qui tout pouvoir est remis par Dieu. Ce qui suggère qu'avec Jésus la fin des temps est bien là, présente, et qu'en lui tout vraiment s'accomplit.

La vision de Jacob (Genèse, 28, 12 - 17) d'une échelle dressée sur la terre, dont le sommet touchait le ciel, et sur laquelle les anges de Dieu montaient et descendaient, représente réellement la situation permanente de Jésus. Il est la communication définitive et insurpassable de Dieu et avec Dieu, lui le seul qui ait vu Dieu (Jean, 1, 18 et 3, 11 - 15). En conséquence, ceux qui croient en Jésus seront témoins de cette communication unique qu'il est entre Dieu, qu'il appelle son "Père", et nous, comme Jésus le dira à Philippe dans son dernier discours prononcé la veille de sa mort : le voir, lui, Jésus, c'est bien voir le Père (14, 8 - 11).


3. DECOUVERTES.

Que veut dire l'expression "assis sous le figuier" (versets 48 - 49) ? On ne le sait pas au juste, même si l'on est enclin à penser qu'elle fait allusion à l'étude attentive de la Loi et des Prophètes.

"Fils de Dieu", "Roi d'Israêl" : dans l'Ancien Testament, le roi est appelé "Fils de Dieu'' (2 Samuel, 7, 14; Psaume 89, 27 et 2, 6 - 7). L'Evangile de Jean développe le titre de Jésus "Roi" : voir le procès de Jésus devant Pilate (18, 36 - 38), et l'inscription placée, sur l'ordre de ce dernier, sur la croix de Jésus (19, 19). Roi humilié, certes, mais, en même temps, "Le Serviteur souffrant".

L'image du "Fils de l'homme" céleste, accompagné d'anges dans sa gloire, est liée au thème du retour du Seigneur en Marc 14, 62 et en Matthieu, 26, 27 - 28. On en trouve également trace à propos du jugement remis au "Fils", en Jean, 5, 27, dans le discours sur l'oeuvre du Fils qui suit la guérison du paralytique de Bethesda. Il semble cependant que dans la tradition de la communauté où a été écrit cet Evangile de Jean, on ne pense pas à ce retour de Jésus à la consommation des siècles : cela se constate dans les trois annonces de la Passion (3; 14; 8, 28; 12, 34) où l'accent est mis sur la nécessité de croire en Jésus exalté-glorifié pour être sauvé.

Relire également Jean, 6, 62 : le schéma est bien celui du Prologue de l'Evangile (1, 1 - 18) : préexistence du Verbe, descente du ciel et remontée au ciel. II vient de Dieu et retourne à Dieu (13, 3), qu'il est bien le seul à avoir vu, et donc capable de révéler pleinement.


4. PROLONGEMENT.

Jésus est à la fois "Communication", "Parole" , "Sagesse" de Dieu, qui nous rejoint dans l'incarnation du Verbe, qui vient se "limiter" dans l'humanité de Jésus de Nazareth (Philippiens, 2, 5 - 11).

Jésus est cet homme unique, qui, avec la grâce unique de Dieu qui l'appelle, et dans sa foi absolument totale, se remet complètement à lui, et laisse véritablement au Verbe de Dieu toute la place en son existence d'homme, qui devient, de ce fait, à jamais l'expression et la présence humaine, totale et inséparable, de cette Parole de Dieu qui habite son humanité, et par qui tout a été fait.

Mystère inexplicable de l'incarnation de Dieu. Mystère de .Jésus. Notre mystère.

En effet, dans la mesure où, nous aussi, suite à la mort- résurrection et dans le don de l'Esprit, de Jésus, nous devenons "fils", "héritiers" et "cohéritiers" du Christ (Galates, 4, 4 - 7 et 2, 19 - 20), la présence en nous de Jésus réssuscité nous est offerte en permanence. Quelle place lui donnons-nous réellement ? Elle ne peut être que la première, et de plus en plus grande en nous, si nous acceptons de devenir toujours plus "pauvres" de nous-mêmes et riches de Dieu (2 Corinthiens, 8, 9).




Seigneur Jésus,
tu t'es révélé à nous en plénitude,
et ceux qui furent les témoins historiques de ta venue en notre monde
ont su nous partager la richesse et la dimension d'au-delà de ton mystère de "Dieu-avec-nous",
mystère que ton humanité, semblable en tous points à la nôtre à l'exception du péché,
nous permet de découvrir à travers tes gestes et tes paroles d'homme que nos Evangiles nous transmettent :
donne-moi de toujours mieux te découvrir et te rencontrer
comme l'unique Présence du Dieu Vivant qui me soit offerte et donnée gratuitement,
au coeur de mon existence personnelle et communautaire,
avec tous mes frères et soeurs, en ton Eglise
que nous formons tous ensemble dans la puissance de ton Esprit Saint. AMEN.
Tag(s) : #TEXTE LITURGIQUE DU JOUR et son Commentaire
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