Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

DU LIVRE DE NEHEMIE :



Ne 2:1- Au mois de Nisan, la vingtième année du roi Artaxerxès, comme j'étais chargé du vin, je pris le vin et l'offris au roi. Je n'avais, auparavant, jamais été triste.
Ne 2:2- Aussi le roi me dit-il : "Pourquoi ce triste visage? Tu n'es pourtant pas malade? Non, c'est assurément une affliction du cœur!" Je fus pris d'une vive appréhension
Ne 2:3- et dis au roi : "Que le roi vive à jamais! Comment mon visage ne serait-il pas triste quand la ville où sont les tombeaux de mes pères est en ruines et ses portes dévorées par le feu?"
Ne 2:4- Et le roi de me dire : "Quelle est donc ta requête?" J'invoquai le Dieu du ciel
Ne 2:5- et répondis au roi : "S'il plaît au roi et que tu sois satisfait de ton serviteur, laisse-moi aller en Juda, dans la ville des tombeaux de mes pères, que je la reconstruise."
Ne 2:6- Le roi me demanda la reine était alors assise à ses côtés : "Jusques à quand durera ton voyage? Quand reviendras-tu?" Je lui fixai une date, qui convint au roi, et il m'autorisa à partir.
Ne 2:7- Je dis encore au roi : "S'il plaît au roi, qu'on me donne des lettres pour les gouverneurs de Transeuphratène, afin qu'ils me laissent passer jusqu'à ce que j'arrive en Juda;
Ne 2:8- et aussi une lettre pour Asaph, l'inspecteur du parc royal, afin qu'il me fournisse du bois de construction pour les portes de la citadelle du Temple, le rempart de la ville et la maison où j'habiterai." Le roi me l'accorda, car la main bienveillante de mon Dieu était sur moi.


POUR RUMINER LA PAROLE :

1. SITUATION.

Les 13 chapitres du Livre de Néhémie constituent la fin de l'oeuvre unique des 2 Livres d'Esdras et de Néhémie, attribuée, du moins partiellement et en ses grandes lignes, à un unique auteur, souvent considéré comme étant "le Chroniste", ou à quelqu'un étroitement lié à lui, ou ayant repris son oeuvre.

Après la relation des événements liés à la reconstruction du Temple (Esdras, 1, 1 - 6, 25), puis au retour de captivité d'Esdras (Esdras, 7, 1 - 10, 44), une 3ème partie commence avec le Livre de Néhémie : la reconstructoin des murs de Jérusalem (Néhémie, 1, 1 - 7, 72), qui sera suivie de la promulgation solennelle de la Loi par Esdras (Néhémie, 7, 73 - 9, 38) et de la Réforme mise en place par Néhémie (10, 1 - 13. 30).

Notre passage se trouve donc au début de la 3ème partie, en relation avec la reconstruction des murs et des portes de Jérusalem.

Néhémie, bien que peu connu de nous, dans la mesure où nous lisons rarement son Livre et nous limitons à deux ou trois extraits, est un des personnages les plus remarquables de la Bible. Homme au fort tempérament (1, 4; 5, 6), conscient de ses qualités et de la valeur de son action (2, 10. 18; 5, 11), il s'intéresse beaucoup aux personnes, sait nouer des contacts, parvient, dans des discours brefs, à partager ses convictions (2, 17; 5, 7; 13, 25).

Résolument optimiste, il ne se laisse pas influencer par les résistances et les réserves qu'il rencontre. Il prend soin de réfléchir avant d'agir et se montre un homme de foi et de prière, convaincu que Dieu est le maître de l'histoire et conduit les événements (2, 8. 18. 20; 4, 9).

2. MESSAGE.

Néhémie, jeune homme brillant, occupe le poste d'échanson à la cour du roi des Perses. Ce qui veut dire qu'il a la confiance et la faveur du roi Artaxerxès. La nouvelle lui parvient que les ramparts de Jérusalem sont percés de brèches et que les portes de bois ont brûlé.

Néhémie, qui en est très bouleversé, attend néanmoins 4 mois avec prudence, et dans la prière, avant de s'approcher du roi pour lui faire part de ce problème. Sans doute guette- t-il le moment favorable, et de déceler que le tempérament du roi se manifeste sous ses formes les plus ouvertes et sympathiques. Alors Néhémie laisse paraÎtre son souci et attire ainsi l'attention du roi.

Quand le roi l'interroge sur son visage marqué par la tristesse, le jeune Néhémie lui demande avec une rare audace de lui confier ta tâche de reconstruire et, pratiquement, de gouverner la métropole fortifiée qu'avait été Jérusalem.

L'autorisation qu'il obtient de rebâtir les murs de fortification est, en fait, une autorisation de "réarmer" Jérusalem et d'en refaire une place forte. Vue de loin, cette autorisation qu'accorde le roi des Perses semble davantage tenir du caprice et de la légéreté que d'une politique sérieuse : en effet, la seule question que pose le monarque à son échanson concerne la date éventuelle de son retrour en Perse.

L'interprétation de tout cela par Néhémie est que "la main bienveillante de son Dieu était avec lui", et que Dieu avait exaucé la prière qu'il avait formulée avant de se décider à rencontrer le roi des Perses (verset 8 et relire le chapitre 1er du Livre de Néhémie).



3. DECOUVERTES.

La suite de cette histoire, dont nous n'avons que cette page dans nos lectures Bibliques liturgiques, va nous apprendre que Néhémie, ainsi autorisé par le roi des Perses à rebâtir les murs de Jérusalem, va se rendre dans la Ville Sainte de ses Pères, y inspecter de nuit les ramparts délabrés, et, en accord avec les autorités de la Ville, décider de la reconstruction.

Il parviendra à mener à terme cette entreprise, mais après avoir surmonté beaucoup d'obstacles, obstacles qui surgissent dès le début du travail de reconstruction (7, 1- 3).

De quelle destruction des murs de Jérusalem s'agit-il ? Néhémie savait bien, comme tous les Juifs de la déportation, qu'en 587, Nabuchodonosor, roi de Babylone, avait détruit toutes les fortifications de Jérusalem ainsi que le Temple de Salomon. Quelques pans de murs étaient-ils restés debout et utilisés pour appuyer une structure de bois qui aurait pris feu ? Ou plutôt, faut-il attribuer une vague de dégats supplémentaires à des adversaires de Juda et de Jérusalem, ceux dont parle, par exemple, Esdras, 4, 8 - 23 ?

Les adversaires que Néhémie découvre dès le verset 9, qui suit notre passage, Sanballat et Tobbiya, vont harceler Néhémie pendant tout son travail de reconstruction, ainsi que dans toutes ses entreprises dans Jérusalem.



4. PROLONGEMENT.

Avec Jésus ressuscité, nous n'avons plus besoin de ville forte, de rampart ni de temple. La Ville de Dieu, et son sanctuaire, c'est son peuple nouveau, notre Eglise, bâtisse du Seigneur sur un seul fondement qui est le Christ, et sur lequel chacun de nous construit (1 Corinthiens, 3, 9 - 17).

Dans la Lettre aux Ephésiens, nous sommes construits ensemble pour être une demeure de Dieu dans l'Esprit (Ephésiens, 2, 19 - 22). La 1ère Lettre de Pierre (2, 4 - 10) fait de nous les "pierres vivantes" d'un édifice spirituel, image associée à d'autres, telles que celles de "sacerdoce royal", de "nation sainte", et de "peuple élu".

Toute l'énergie, toute la détermination, manifestées par Néhémie, nous avons à les traduire en prédication de I'Evangile, à la façon de Paul, pour qui cela était une nécessité (1 Corinthiens, 9, 16 - 21), prédication qui est toujours pour nous celle de la Parole et du témoignage, de la foi qui agit par la charité "(Galates, 5, 6), d'une vie à dimension prophétique, à l'image de ce qu'a vécu Jésus, et dont nous devons savoir rendre compte (1 Pierre, 3, 15 - 17).


Seigneur Jésus,
tu nous as appelés à tout quitter
pour la cause de ta Bonne Nouvelle de salut pour tous les hommes, ton Evangile,
et tu nous as fait comprendre que plus nous témoignons de toi auprès de nos frères et soeurs,
plus nous avons part à ta vie, ton engagement d'obéissance, ta relation au Père, dans ton Esprit Saint :
renouvelle en moi la ferveur, la passion de l'annonce de ta Parole à temps et à contretemps,
fais-en moi ressentir davantage chaque jour la nécessité,
remplis-moi de cette conviction qu'ont su manifester de grands témoins de la foi,
tels que Néhémie et ton apôtre Paul,
afin que mon existence devienne une authentique "contagion" de ta Parole et de ta rencontre. AMEN.

Tag(s) : #TEXTE LITURGIQUE DU JOUR et son Commentaire
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :