Mgr Albert Rouet
1- Comment poser la question du ministère des prêtres aujourd'hui ?
2- Le sacrement de l'ordre et
les différents ministères
3- Partir de
l'intérieur
4- Membre d'un
presbytérium
5- "Parvenir à la taille
adulte" (Eph 4, 13)
6- Prêtre et
apôtre
7- Presbytérat et
sacerdoce
8- "Dans des vases
d'argile"
9- "Collaborateurs de
l'évêque"
Lors de leurs rencontres, les Doyens avaient demandé des instruments brefs pour soutenir la réflexion entre prêtres. Aujourd’hui on se pose à nouveau des questions sur la vie et le ministère des prêtres diocésains. J’ose proposer neuf petites réflexions sur le ministère presbytéral. Tout n’est pas dit, loin de là ! Il s’agit simplement de relancer, dans le diocèse, une réflexion spirituelle et pratique sur la charge spécifique des prêtres dans l’Eglise.
2- Le sacrement de l'ordre et les différents ministères
Périodiquement, la question de la spiritualité du prêtre diocésain revient à l’ordre du jour. Primitivement, elle ne se posait pas. Mais progressivement se sont développés dans l’Eglise des
écoles et des courants spirituels à partir des ordres religieux comprenant des prêtres, soit exclusivement, soit à la tête de ces fraternités et sociétés. Par comparaison, le clergé séculier est
apparu comme moins facilement identifiable que les prêtres vivant sous une règle nettement définie et reconnue. Ou plutôt, il se définissait par ses tâches, par le ministère reçu.
Cette approche par le ministère possède l’avantage de s’appuyer sur des gestes socialement reconnus : baptiser, catéchiser, marier, enterrer... Le prêtre diocésain pouvait s’identifier aux actes
nécessaires à la vie chrétienne de la communauté à laquelle il était envoyé. Mais cette approche connaît trois limites :
1) Elle part du ministère confié, mais ne va pas jusqu’à préciser le cœur du sacrement qui ordonne un prêtre. La meilleure preuve en est qu’au cours de sa vie, un prêtre peut recevoir des
missions très différentes. Les ministères changent, l’identité reçue par l’ordination demeure plus fondamentale : on ne peut donc la définir à partir de ces seules tâches.
2) Elle s’appuie sur un découpage administratif, les paroisses, qui fournissent le statut juridique du “curé”. Or la “charge d’âmes” déborde, et de loin, la seule communauté établie, puisque le
prêtre partage le “sacerdoce apostolique” des évêques (Prière de l’ordination). Donc le sacrement l’oriente personnellement vers la mission au-delà de la communauté. Le prêtre est prêtre envoyé
auprès des non-chrétiens. Le fait majoritaire d’une population tenue pour chrétienne a conduit à cet amenuisement de l’élan apostolique. Il s’est mué en perfectionnement moral (faire de baptisés
de bons chrétiens).
3) Elle a connu, historiquement, des formes variées : le “mis à part pour l’Evangile” de l’apôtre Paul (Rm 1, 1), donc la figure du missionnaire itinérant ; le collège des anciens (St Pierre se
dit “co-ancien” : 1 Pi 5, 1) établis en chaque ville (Ac 14, 23 ; Tt 1, 5) ; le pasteur du troupeau ; le prédicateur de la Parole ; et, à partir du milieu du XVIe siècle, le prêtre mis à part
pour appartenir à un ordre reconnu par la société pour un office juridiquement établi.
Aujourd’hui les figures et les rôles sont devenus flous. Notre société s’interroge sur le rôle du père de famille. Il est inévitable que le prêtre soit interrogé sur ce qu’il est. Il ne suffit
plus de répondre par une proposition spirituelle qui baignerait des actions répertoriées. La question est proprement théologique.