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LES THEMES DE LA LETTRE DE SAINT PAUL AUX ROMAINS
 
  La thèse principal de la lettre est énoncée clairement en 3,20: aucun homme ne peut être justifié devant Dieu par les oeuvres de la Loi. Pour Paul, cela est valable aussi bien pour les Juifs que pour les païens. Si cela peut être facile à démontrer pour les Juifs (ils ont la Loi mais ne la pratiquent pas), c'est plus difficile pour les païens. Ceux-ci n'ont pas accès à la Loi de Moïse. Ils ont cependant une connaissance de Dieu par la simple observation de l'ordre cosmique. En observant la création, ils peuvent remonter au Créateur. Ils n'y parviennent toutefois pas, et ils se fourvoient en adorant des éléments de la création.
    La justice de Dieu a été révélée dans la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Il s'agit d'une justice par grâce et non pas liée aux oeuvres de la Loi. Cette justice est accessible à l'homme dans une démarche de foi. C'est Dieu qui justifie et non pas l'homme qui se justifie lui-même par ses propres efforts.
    Paul aborde donc la question de la Loi. Il distingue deux étapes: avant et après la mort/résurrection du Christ. Avant, c'est le règne du péché, de la mort et de la Loi. Les trois sont alliés pour maintenir l'homme en esclavage. La victoire du Christ libère l'homme de ces trois entraves. Mais l'homme libéré de la Loi l'est pour accomplir les exigences... de la Loi: Rm 8,3 De fait, chose impossible à la Loi, impuissante du fait de la chair, Dieu, en envoyant son propre Fils avec une chair semblable à celle du péché et en vue du péché, a condamné le péché dans la chair, 4 afin que le précepte de la Loi fût accompli en nous dont la conduite n'obéit pas à la chair mais à l'esprit.
    Paul peut donc affirmer que le Christ est la "fin" de la Loi Rm 10:4 Car la fin de la Loi, c'est le Christ pour la justification de tout croyant. en jouant sur les deux sens du mot "fin": terminaison ou but. Chez Paul, la Loi est sainte et bonne (Rm 7,12), et pourtant elle conduit à la mort (7,7-25). Il s'agit en fait d'un instrument diagnostique, qui révèle le péché. L'erreur consiste à prendre l'outils diagnostique pour un instrument thérapeutique. La Loi révèle le péché, mais elle est impuissante contre lui.
    Dans la mesure où Dieu justifie par la foi et où Israël reste sous le régime de la Loi, Paul pose la question du statut d'Israël et de l'actualité de la promesse liée à l'Alliance. Comme Dieu ne saurait être infidèle à ses engagements, Paul envisage un éloignement partiel en temporaire d'Israël: 11,1 Je demande donc : Dieu aurait-il rejeté son peuple ? Certes non ! Ne suis-je pas moi-même Israélite, de la race d'Abraham, de la tribu de Benjamin ? 2 Dieu n'a pas rejeté le peuple que d'avance il a discerné. Ou bien ignorez-vous ce que dit l'Écriture à propos d'Élie, quand il s'entretient avec Dieu pour accuser Israël : 3 Seigneur, ils ont tué tes prophètes, rasé tes autels, et moi je suis resté seul et ils en veulent à ma vie ! 4 Eh bien, que lui répond l'oracle divin ? Je me suis réservé sept mille hommes qui n'ont pas fléchi le genou devant Baal. 5 Ainsi pareillement aujourd'hui il subsiste un reste, élu par grâce. ... 25 Car je ne veux pas, frères, vous laisser ignorer ce mystère, de peur que vous ne vous complaisiez en votre sagesse : une partie d'Israël s'est endurcie jusqu'à ce que soit entrée la totalité des païens, 26 et ainsi tout Israël sera sauvé, comme il est écrit : De Sion viendra le Libérateur, il ôtera les impiétés du milieu de Jacob. 27 Et voici quelle sera mon alliance avec eux lorsque j'enlèverai leurs péchés. 28 Ennemis, il est vrai, selon l'Évangile, à cause de vous, ils sont, selon l'Élection, chéris à cause de leurs pères. 29 Car les dons et l'appel de Dieu sont sans repentance. 30 En effet, de même que jadis vous avez désobéi à Dieu et qu'au temps présent vous avez obtenu miséricorde grâce à leur désobéissance, 31 eux de même au temps présent ont désobéi grâce à la miséricorde exercée envers vous, afin qu'eux aussi ils obtiennent au temps présent miséricorde. 32 Car Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire à tous miséricorde.
 
LES THEMES DE LA PREMIERE LETTRE DE SAINT PAUL AUX CORINTHIENS
La lettre développe le thème très paulinien de la théologie de la Croix. Sous ce terme, Paul désigne le salut reçu en Christ, à travers l'évènement scandaleux de la mort de Jésus. Ce qui apparaît un signe de faiblesse ou de scandale aux yeux du monde devient pour le croyant signe de la puissance de Dieu. Dans cette épître, Paul insiste sur la dimension universelle du salut : les païens comme les Juifs sont appelés à entrer dans cette logique divine qui va très souvent à contre-courant de la logique humaine.
    Autre thème important de cette lettre : la liberté. Elle se manifeste pour le Chrétien d'abord par une libération de l'asservissement du péché. Le Chrétien n'en est pas pour autant totalement autonome, car il retomberait alors dans une forme d'esclavage en étant soumis à ses désirs (à la « chair » selon la terminologie paulinienne). Sa liberté doit être respectueuse des autres, et notamment des plus faibles. D'où la célèbre formule « Tout m'est permis mais tout n'édifie pas...; » (1Co 6,12).

    Paul développe dans cette épître la question complexe de la résurrection des morts. Dans une perspective eschatologique, cette résurrection prend place dans le processus qui aboutira à rendre la création incorruptible. La résurrection permet aux défunts de participer à cette transformation. Le fondement de la foi en la résurrection des morts repose sur la foi en la résurrection de Jésus Christ. Jésus est présenté comme le nouvel Adam. De même que tous les hommes meurent en Adam, tous ressusciteront en Jésus-Christ.

 
LES THEMES DE LA DEUXIEME LETTRE DE SAINT PAUL AUX CORINTHIENS
Cette lettre permet à Paul de préciser comment il conçoit son apostolat. L’apôtre de Jésus-Christ est l’apôtre du Crucifié. Il véhicule la force de Dieu mais dans la faiblesse de l’homme. Il ne peut ainsi se glorifier lui-même. Mais cette faiblesse rend plus évidente encore la puissance de la grâce divine, que l’on ne peut attribuer à la force ou au talent de l’apôtre. 
  L’appartenance au Christ par le baptême crée
un réseau de solidarité entre les chrétiens dont la collecte en est une manifestation visible. L’Eglise ainsi formée est à la fois universelle et pluraliste.

  

 
 LES THEMES DE LA LETTRE DE SAINT PAUL AUX GALATES

La lettre est pour Paul l'occasion d'approfondir le sens de son ministère d'apôtre. Sa conversion résulte d'une rencontre avec le Christ ressuscité et le fait porteur d'une vérité sur laquelle il ne transigera jamais. Sa position vis à vis de la Loi est assez analogue dans cette lettre à celle qu'il développe dans l'épître aux Romains. Nul ne peut être justifié par les oeuvres de la Loi: seule la foi (la confiance) en Jésus mort et ressuscité avec le don de l'Esprit qui l'accompagne peut régénérer l'homme et en faire une créature nouvelle.

  Pour Paul, avec la révélation de Dieu en Jésus-Christ, l'humanité est entrée dans une nouvelle ère. Se pose alors la question du devenir de la Loi qui, incapable de justifier, ne peut qu'entraîner le malheur de ceux qui sont sous son emprise. Pour préciser cela, Paul distingue les notions de promesse, de Loi et d'Ecriture.

  Paul développe aussi le thème de l'opposition entre la chair et l'Esprit, d'une manière analogue à l'opposition homme - Dieu. Il s'agit dans un premier temps de forces qui s'opposent et vont déterminer l'orientation profonde de la vie d'un individu: soit il est sous le régime de la chair, soit sous celui de l'Esprit. La chair correspond au statut présent de ce monde, alors que l'Esprit est lié à la nouvelle création dans une perspective eschatologique. Les Galates se trouvent pris en tenaille entre ces forces contraires: par leur baptême, ils vivent désormais sous le régime de l'Esprit, mais certains veulent, en adoptant les usages du judaïsme, revenir sous le régime de la chair. Pour Paul, un tel mouvement est une régression pratiquement inconcevable.


 
LES THEMES DE LA LETTRE DE SAINT PAUL AUX EPHESIENS

 Le Christ est présenté comme maître de la Création. Il règne sur tous ses habitants, visibles ou invisibles. Ressuscité, il siège à la droite de Dieu qui a tout mis sous ses pieds (1,20-22). Cela n'empèche pas l'auteur de faire également référence à la Croix (2,13.16), la mort de Jésus étant pour lui un acte de réconciliation des hommes (juifs ou païens) avec Dieu. 

  Le thème majeur de l'épître est l'
unité de l'Eglise universelle. L'Eglise est décrite comme 
   - un temple saint (2,20-22)
   - "l'homme parfait" (2,14-16)
   - l'épouse du Christ (5,22-33)
   - la plénitude du Christ (1,23)
   - le corps du Christ (1,22-23; 4,15-16) dont le Christ est la tête


  Les rapports d'Israël avec l'Eglise sont abordés de manière complexe. Il est possible de comprendre que les païens sont intégrés au sein même d'Israël par le Christ, l'Eglise étant alors comprise comme la nouvelle manifestation d'Israël. Une autre lecture peut proposer de voir dans l'Eglise une nouvelle entité, distincte aussi bien d'israël que des païens. 

  L'auteur aborde également la question eschatologique en estompant la tension entre le "déjà-là" du temps présent et les "pas encore" de la fin des temps. Pour lui, les chrétiens sont déjà ressuscités et siègent des ç présent avec le Christ dans les cieux ! (2,5-6). L'avenir n'apportera rien de nouveau mais révèlera pleinement ce qui est déjà acquis. 

  Enfin, une grande partie de l'épître est consacrée aux questions éthiques. L'auteur insiste notamment sur le statut très élevé du mariage (5,22-23) et sur les exigences comportementales qui accompagnent ce dernier.



 
LES THEMES DE LA LETTRE DE SAINT PAUL AUX PHILIPPIENS

 

L'épître insiste fortement sur le lien qui unit Paul aux chrétiens de Philippes. Paul remercie Dieu de cette communion, car c'est le Seigneur qui la rend possible et féconde. Si Paul appelle les Philippiens à l'imiter, ce n'est pas en tant que modèle idéal, mais parce qu'il est représentatif de ce que le Christ peut accomplir dans l'homme. 


  Le chrétien est déterminé par sa relation au Christ. Celle-ci commence par un acte de Dieu (1,29 ; 3,12). Actuellement, elle se place sous le signe de la seigneurie du Christ crucifié (2,6-11) et l'attente de sa manifestation pour la fin des temps (1,19-26) dans l'espérance d'une résurrection qui transformera le corps de l'homme en corps glorieux (3,20-21). Tout cela contribue à la manifestation de la joie du chrétien, même si celui-ci communie présentement aux souffrances du Christ. 
 


 
LES THEMES DE LA LETTRE DE SAINT PAUL AUX COLOSIENS

Avec l'hymne au Christ (1,15-20), la christologie de l'épître accentue la dimension cosmique du Christ et établit clairement son absolue supériorité sur toutes les puissances surnaturelles. Le Christ préexistant et ressuscité maintient l'intégrité du cosmos. 


  L'Eglise est présentée au moyen de la comparaison avec le corps dont le Christ est la tête. Les chrétiens sont sauvés dès à présent par leur baptême et participent au monde céleste. Mais cette expérience reste cachée et ne sera vraiment manfeste qu'au jour de la manifestation eschatologique du Christ. 


  Les exigences éthiques de la lettre sont basées sur sa théologie. L'auteur détaille les comportements domestiques que doit adopter le chrétien. Sa base reste le modèle patriarcal romain que l'auteur ne remet pas fondamentalement en cause.


 
LES THEMES DE LA PREMIRE LETTRE DE SAINT PAUL AUX THESSALONICIENS
 

Cette lettre revient sur l'expérience de conversion des païens de Thessalonique, dans sa dimension de choix personnel et libre en faveur du Dieu vivant. L'existence chrétienne est évoquée avec le langage de l'élection (1Th 1,4) et de la sainteté (4,3-7). Cette élection procède du choix de l'homme de renoncer à l'idolâtrie, procurant donc à celui-ci une libération des puissances qui jusqu'alors le tenaient en esclavage. Ainsi libéré, le chrétien est appelé à vivre fraternellement avec les autres membres de sa communauté et en paix et bonne intelligence avec les autres habitants de la cité. 


  Une partie de la lettre est consacrée à rassurer les Thessaloniciens sur la destinés des défunts. Certains s'inquiètent en effet que des chrétiens aient pu mourir alors que le Christ n'est pas encore venu pour une fin des temps que l'on estime toute proche. Paul explique alors que ces morts "précoces" ne seront pas désavantagés et participeront de la même manière que les vivants à la parousie du Christ.

 
LES THEMES DE LA DEUXIEME LETTRE DE SAINT PAUL AUX THESSALONICIENS
  La lettre traite de la question (toujours actuelle...) de la gestion du temps présent dans une perspective qui reste marquée par l'eschatologie (la venue du Christ en gloire pour le jugement dernier et la fin des temps). Pour l'auteur, il n'est pas question de négliger le temps présent qui est le temps de l'attente, de l'espérance et de l'action des chrétiens. L'auteur dévoile également la chronologie des événements qui doivent conduire à la fin des temps: tout d'abord, apparition de l'apostasie puis révélation de l'homme de l'impiété (2,3ss) capable, par ses prodiges, d'égarer beaucoup de monde. Enfin, venue du Christ qui détruira son adversaire.

 

LES THEMES DES LETTRES PASTORALES  DE SAINT PAUL

1&2  TIMOTHEE ET TITE


Ces lettres se présentent un peu comme un "testament" de Paul pour assurer la continuation de son oeuvre après sa disparition. Il s'agit d'organiser les communautés chrétiennes pour qu'elles s'installent dans la durée, de générations en générations, après que la fièvre suscitée par une proche venue de la fin des temps soit bel et bien retombée.

L'auteur compare fréquemment l'Église à une maison, une communauté familiale, où chaque membre possède une place bien précise. Deux figures de gouvernement, les presbytres (anciens, mot qui donnera le terme "prêtre") et les épiscopes (surveillants, terme qui donnera plus tard le mot "évêque") émergent dans ces lettres, sans qu'il soit possible de bien définir leurs attributions et leur hiérarchie. En fait, les anciens sont issus des communautés judéo-chrétiennes alors que les épiscopes et les diacres appartiennent en propre aux communautés pauliniennes.

 
LES THEMES DE LA LETTRE DE SAINT PAUL A PHILEMON

La lettre traite de la question délicate de la cohabitation de la vie chrétienne et de l'esclavage... En demandant à Philémon d'accueillir Onésime comme un frère plutôt que comme un esclave, Paul montre à quel point la conversion au Christ peut bouleverser les règles sociales du monde environnant. Le baptême est un acte libérateur. Évidemment, si le maître de l'esclave n'est pas chrétien, il s'agit encore que d'une liberté intérieure. Mais si, comme dans le cas de Philémon, le maître est également un baptisé, il doit tirer les conséquences de ce baptême ! Toutefois, Paul n'entend pas remettre en cause la structure même de la société antique avec son recours massif à l'esclavage. Il ne traite ici que d'un cas de figure particulier. Mais, se faisant, il pose les bases d'un remise en cause à plus vaste échelle de la pratique même de l'esclavage au sein d'une société qui deviendra chrétienne quelques siècles plus tard.

 

 

 

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