Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
9 Juin 2010
| Mt 5:20- " Car je vous le dis : si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des Pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. Mt 5:21- " Vous avez entendu qu'il a été dit aux ancêtres : Tu ne tueras point ; et si quelqu'un tue, il en répondra au tribunal. Mt 5:22- Eh bien ! moi je vous dis : Quiconque se fâche contre son frère en répondra au tribunal ; mais s'il dit à son frère : "Crétin ! ", il en répondra au Sanhédrin ; et s'il lui dit : "Renégat ! ", il en répondra dans la géhenne de feu. Mt 5:23- Quand donc tu présentes ton offrande à l'autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, Mt 5:24- laisse là ton offrande, devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère ; puis reviens, et alors présente ton offrande. Mt 5:25- Hâte-toi de t'accorder avec ton adversaire, tant que tu es encore avec lui sur le chemin, de peur que l'adversaire ne te livre au juge, et le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison. Mt 5:26- En vérité, je te le dis : tu ne sortiras pas de là, que tu n'aies rendu jusqu'au dernier sou. |
| Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l'Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu'il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90. A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s'il a été composé pour des chrétiens d'origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d'origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu'il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s'est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu'à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23). Néanmoins, même s'il a été d'abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : "allez, de toutes les nations, faites des disciples" (28, 18). On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l'avant-dernière, etc...), concentrées autour de la 6ème partie, le "Discours en paraboles", qui sert en quelque sorte de "pivot". Nous obtenons ainsi le découpage suivant : - Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4) - Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7) - Manifestations de l'autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9) - Discours sur la mission (10) - Jésus rejeté par "cette génération" (11 - 12 ) - Discours en paraboles (13) - Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17) - Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18) - De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22) - Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24) - Passion, mort et résurrection (26 - 28) Avec notre page continue le début du 1er des 5 grands discours de Jésus, tels que Matthieu nous les a recomposés, 1er discours qu'on appelle habituellement le "Sermon sur la Montagne". Mieux vaut cependant l'intituler "La Charte du Royaume de Dieu", pour en mieux mesurer l'importance. En effet, Jésus nous y livre les "secrets" du Règne de Dieu : d'abord, ce qu'il nous faut chercher et recevoir du véritable "bonheur" selon Dieu : les béatitudes (5, 1 - 12), ensuite, ce qu'une telle découverte fait de nous au coeur du monde et pour le monde : la saveur et la lumière (5, 13 - 16), enfin, où cela nous conduit comme style de vie : - de dépassement infini de toutes les exigences (5, 17 - 48), - de changement profond d'attitude dans la prière, l'aumône et le jeûne (6, 1 - 18), - de découverte du caractère "unique" de ce que Jésus nous propose, et du choix absolu pour marcher avec lui, qu'il attend de nous, les croyants (6, 19 - 7, 29). |
| Après avoir défini l'idéal à vivre des béatitudes, et souligné la nécessité pour les disciples d'en témoigner devant les hommes comme "saveur" et "lumière" pour le monde, Jésus nous explique sa nouvelle éthique (5, 17 - 48). La justice du Royaume demeure celle de la Loi des 10 commandements du Sinaï, contenue dans les 5 premiers livres de la Bible (appelés "livres de Moïse" ou "Torah"), comme du message constant de tous les Prophètes et de tous les Livres "Prophétiques" de la Bible, qui nous rappellent la rectitude et l'obéissance face au Dieu de l'Alliance. Jésus n'est pas venu abolir, mais accomplir ces obligations de l'Alliance avec Dieu, en nous demandant de les vivre selon une avancée en qualité, et une exigence nouvelle, qu'il nous caractérise en 6 dépassements successifs, dont nous lisons aujourd'hui le premier. La "justice", attitude de vérité et de miséricorde face à Dieu et aux autres, que propose Jésus, est d'un ordre supérieur, et toute autre que celle des Pharisiens, qui, à l'époque où écrit Matthieu, sont les opposants des chrétiens. Jésus nous invite à une relation à Dieu faite d'accueil et d'ouverture à son Règne dans nos existences. Le dépassement que Jésus demande est un approfondissement des exigences du Décalogue, une manière plus radicale de les vivre, en rejoignant le sens et le dynamisme de la volonté de Dieu qui s'y exprime. Cela revient à s'aligner de tout son coeur sur la volonté du Seigneur qui nous offre son Alliance et la façon de la pratiquer. Jésus emploie ici un langage d'engagement personnel et de grande autorité : "vous avez appris qu'il a été dit..., mais moi, je vous dis..." Et, en parlant ainsi, il juge les interprétations anciennes, non pas comme fausses, mais comme insuffisantes et inadéquates. Il étend ainsi l'exigence du commandement bien connu "tu ne tueras pas", et donc du refus du meurtre comme acte commis, à ce qui en constitue le prélude intérieur plein d'émotion, à savoir la colère et la violence du coeur. C'est pourquoi il nous invite à nous situer à un niveau d'intériorité qui est à la racine de nos actions. Et, ce faisant, il nous demande une attitude intérieure constante, qui est refus de la colère dans notre vie quotidienne, de façon permanente, et non plus seulement occasionnelle, lorsque nous sommes affrontés à des crises. |
| A chaque niveau de la manifestation de la colère, Jésus prévoit une sanction appropriée de plus en plus grave. La "géhenne" de feu est un terme symbolique qui utilise l'image que l'on avait de la "Géhenne" à Jérusalem, lieu maudit à cause d'immolations d'enfants dans le passé (TOB, Matthieu, 5, 22, note "y"), où l'on brûlait encore immodices et détritus, et qui signifiait le rejet, la destruction, et donc le châtiment suprême de la fin des temps. L'attitude à l'égard des frères doit se trouver en cohérence avec notre relation à Dieu. Il est donc inutile d'aller présenter son offrande à Dieu dans un sacrifice, si on ne s'est pas, au préalable, réconcilié avec ceux qu'à cause justement de notre relation à Dieu, nous considérons comme nos "frères" et nos "soeurs". Dans sa 1ère Lettre, Jean nous pose la question suivante : "comment peut-on aimer Dieu, qu'on ne voit pas, si on n'aime pas son frère que l'on voit" (1 Jean, 4, 20) ? Et, pour la même raison que nous regardons désormais les autres comme des "frères" et "soeurs" à cause de Dieu, notre Père commun, ils ne peuvent plus être traités comme des étrangers. Nous devons donc régler nos différends avec eux "en famille", et non pas en faisant appel à la société civile. Paul dit la même chose aux Corinthiens (1 Corinthiens, 6, 1 - 11). |
| En ce cas, comme dans toutes les autres situations qu'il a rencontrées, il n'a vécu que miséricorde, accueil, pardon, toujours en conjonction avec sa vérité face à Dieu et face à tous, allant jusqu'à pardonner à ses bourreaux, après avoir refusé tous les moyens de violence (Matthieu, 26, 52 - 53), et en n'utilisant pour seule force que celle de sa présence et de l'affirmation de son identité (Jean, 18, 4 - 8). |
| Seigneur Jésus, tu nous renvoies sans cesse au niveau le plus profond où nous devons vivre en vérité, c'est-à-dire au niveau de notre "coeur", là où nous sommes appelés à devenir vraiment "pauvres" de nous-mêmes et riches de toi, là où peut s'estimer la qualité de tous nos engagements et de tous nos refus, là où Dieu nous voit et mesure notre degré de vérité, d'obéissance réelle à sa volonté et d'amour désintéressé pour nos frères et nos soeurs, là où il nous pardonne et nous dépose son Esprit Saint, "lieu"de ta présence en nous : donne-moi de vivre de plus en plus en vérité en ce fond de moi-même, où Dieu vient à moi, par toi, dans l'Esprit, et m'aide à lui parler, à l'accueillir, à le suivre en t'imitant, ainsi qu'à ne jamais me décourager si, parfois, mon coeur me condamne, car il est plus grand que notre coeur. AMEN. |