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Le blog de l'Abbé Benoît

Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.

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Jeudi 13ème semaine ordinaire -Evangile

DE L'EVANGILE DE MATTHIEU :


Mt 9:1- S'étant embarqué, il traversa et vint dans sa ville.
Mt 9:2- Et voici qu'on lui apportait un paralytique étendu sur un lit. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : " Aie confiance, mon enfant, tes péchés sont remis. "
Mt 9:3- Et voici que quelques scribes se dirent par-devers eux : " Celui-là blasphème. "
Mt 9:4- Et Jésus, connaissant leurs sentiments, dit : " Pourquoi ces mauvais sentiments dans vos cœurs ?
Mt 9:5- Quel est donc le plus facile, de dire : Tes péchés sont remis, ou de dire : Lève-toi et marche ?
Mt 9:6- Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir sur la terre de remettre les péchés, lève-toi, dit-il alors au paralytique, prends ton lit et va-t-en chez toi. "
Mt 9:7- Et se levant, il s'en alla chez lui.
Mt 9:8- A cette vue, les foules furent saisies de crainte et glorifièrent Dieu d'avoir donné un tel pouvoir aux hommes.


POUR RUMINER LA PAROLE :

1. SITUATION.

Cet Evangile, qui porte le nom de Matthieu, trouve peut-être sa première source dans une collection de paroles de Jésus, écrites en Araméen et attribuées à l'apôtre Matthieu, par un Père de l'Eglise, Papias d'Alexandrie, vers 125.

Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l'Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu'il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.

A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s'il a été composé pour des chrétiens d'origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d'origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu'il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s'est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu'à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23).

Néanmoins, même s'il a été d'abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : "allez, de toutes les nations, faites des disciples" (28, 18).

On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l'avant-dernière, etc...), concentrées autour de la 6ème partie, le "Discours en paraboles", qui sert en quelque sorte de "pivot". Nous obtenons ainsi le découpage suivant :


- Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
- Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
- Manifestations de l'autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
- Discours sur la mission (10)
- Jésus rejeté par "cette génération" (11 - 12 )
- Discours en paraboles (13)
- Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
- Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
- De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
- Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
- Passion, mort et résurrection (26 - 28)

Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l'auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l'Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le "Nouveau Moïse".



Avec notre page se poursuit une 3ème partie de cet Evangile. Après le défi qu'il a lancé en paroles tout au long de son premier discours, nous découvrons le défi semblable que Jésus lance maintenant par ses actions de miséricorde, accomplies surtout en faveur de personnes défavorisées, ou marginalisées par la société. Ces gestes, souvent spectaculaires, se trouvent regroupés en 3 triades de 3 miracles chacune, qui se déploient tout au long de cette partie de l'Evangile (en 8, 1 - 17; 8, 23 - 9, 8 et 9, 18 - 34), entourant quelques événements différents comme l'appel du disciple Matthieu (9,4 -13) ou des prises de position de Jésus, comme celle sur les conditions nécessaires pour devenir ses disciples (8, 18 - 22) ou sur le jeûne (9, 14 - 17).

Nous assistons, en cette page, au troisième miracle de la deuxième des trois séries.


2. MESSAGE.

Jésus rentre tout juste d'un passage par le pays des Gadaréniens où il a libéré deux possédés violents et dangereux, guérisons qui se sont accompagnées de la ruine d'un troupeau de porcs (8, 28 - 34).

Alors que dans l'Evangile de Marc, le miracle de la guérison du paralytique (Marc, 2, 1 - 5a et 11 - 12) est bien situé à part de l'acte de pardon (2, 5b -10), Matthieu a fondu davantage, semble-t-il, ces deux parties en un ensemble plus unifié, et n'a pas repris la description détaillée et pittoresque de l'arrivée du paralytique que l'on descend devant Jésus à travers le toit.

En guérissant ainsi le paralytique, Jésus démontre qu'il a le pouvoir de faire, comme de faire constater ce qu'il annonce dans l'ordre des choses visibles, et donc qu'on peut le croire sur parole quand il parle de son action agissante sur les coeurs dans le pardon des péchés.

En cette circonstance précise, ce sont seulement quelques scribes qui protestent intérieurement contre la déclaration de Jésus qui annonce au paralytique que ses péchés sont pardonnés. Lors de l'appel de Matthieu, qui suit cette page dans l'Evangile, ce seront des pharisiens qui s'opposent à Jésus (9, 11) avant qu'interviennent des disciples de Jean Baptiste qui l'interpellent sur le fait que ses disciples ne jeûnent pas
(9, 14).

En accusant Jésus de blasphème, les scribes soulignent que le don du pardon est une prérogative divine. De plus, qui peut pardonner les péchés dans une société donnée, contrôle en fait cette société. N'oublions pas que c'est sur une accusation semblable de blasphème que Jésus sera condamné à être crucifié (26, 65).

Du point de vue de la visibilité extérieure, il est plus facile d'affirmer que les péchés sont pardonnés (ce qui n'est jamais vérifiable de manière évidente) que de dire "Iève-toi et marche", ordre dont l'éxécution est immédiatement et nécessairement visible et contrôlable.


3. DECOUVERTES.

Le dernier verset de cette page est très intéressant à étudier. Le pardon des péchés y est affirmé comme conféré par Dieu et par des hommes. Et, en ce cas, il ne s'agit plus seulement de Jésus seul, en tant que Fils de l'homme (verset 6), mais d'une capacité remise à ceux qui ont autorité en Eglise, dans les communautés. Cela est bien en consonnance avec d'autres passages de l'Evangile de Matthieu, en particulier avec ce que Jésus déclare à ses disciples dans le 4ème discours, le Discours Communautaire (Matthieu 18, 17; voir aussi 16, 18).

Matthieu écrit son Evangile pour les chrétiens de la 2ème, et plutôt même de la 3ème génération. Quand on a la foi au Christ, on accepte de suivre ceux qu'il a choisis pour continuer, après lui, son action de salut.


4. PROLONGEMENT.


Paul, dans ce verset, maintes fois cité, de la 2ème Lettre aux Corinthiens, nous montre comment Jésus a contribué au pardon objectif de nos fautes par Dieu, et le sens que prend ainsi le mystère de sa mort :

2Co 5:21- Celui qui n'avait pas connu le péché, Il l'a fait péché pour nous, afin qu'en lui nous devenions justice de Dieu.


Dans sa Lettre aux Romains, parlant de notre baptême comme entrée dans le mystère de la mort et de la résurrection du Christ, Paul précise :


Rm 6:10- Sa mort fut une mort au péché, une fois pour toutes; mais sa vie est une vie à Dieu.
Rm 6:11- Et vous de même, considérez que vous êtes morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus.
Rm 6:12- Que le péché ne règne donc plus dans votre corps mortel de manière à vous plier à ses convoitises.
Rm 6:13- Ne faites plus de vos membres des armes d'injustice au service du péché; mais offrez-vous à Dieu comme des vivants revenus de la mort et faites de vos membres des armes de justice au service de Dieu.
Rm 6:14- Car le péché ne dominera pas sur vous: vous n'êtes pas sous la Loi, mais sous la grâce.

Nous nous souvenons que le dernier message de Jésus ressuscité aux siens dans l'Evangile de Jean (Jean, 20, 22 - 23), leur annonce qu'il répand sur eux l'Esprit et leur transmet ainsi la capacité de remettre ou de retenir les péchés. Mesurons-nous le don de Dieu que cette remise des péchés nous accorde ? D'où cette exclamation de Paul aux Colossiens :


Col 2:13- Vous qui étiez morts du fait de vos fautes et de votre chair incirconcise, Il vous a fait revivre avec lui ! Il nous a pardonné toutes nos fautes !
...
Col 2:12- ensevelis avec lui lors du baptême, vous en êtes aussi ressuscités avec lui, parce que vous avez cru en la force de Dieu qui l'a ressuscité des morts.



Seigneur Jésus,
par ton OUI au Père lors de ton passage pascal en la mort et ta résurrection,
tu nous as fait passer de la mort à la vie,
au statut de création nouvelle et à la dignité d'enfants de Dieu, fils, héritiers et cohéritiers avec toi du Royaume,
tout en nous précisant que cette transformation totale était l'oeuvre de ton Esprit en nos coeurs,
nous remettant tous nos péchés :
fais-moi vivre tous mes instants dans la conviction que Dieu m'a, par toi, réconcilié avec lui,
comme avec tous mes frères et soeurs,
m'invitant à traduire cette situation nouvelle en toutes mes attitudes et paroles. AMEN
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