Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
22 Septembre 2010
DE L'EVANGILE DE LUC :
Lc 9:7- Hérode, le tétrarque, apprit tout ce qui se passait, et il était fort perplexe, car certains disaient : " C'est Jean qui est ressuscité d'entre les morts " ;
Lc 9:8- certains : " C'est Élie qui est reparu " ; d'autres : " C'est un des anciens prophètes qui est ressuscité ".
Lc 9:9- Mais Hérode dit : " Jean ! moi je l'ai fait décapiter. Quel est-il donc, celui dont j'entends dire de telles choses ? " Et il cherchait à le voir.
POUR RUMINER LA PAROLE :
1. SITUATION.
Luc est l'auteur d'une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l'Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.
Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l'Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu'il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu'il s'adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.
Son Evangile se déroule en huit étapes :
- un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
- un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
- la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
- le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
- le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
- le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
- le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
- la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l'Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).
Avec ce texte, nous abordons la dernière section du ministère de Jésus en Galilée (4,14 - 9, 50).
Selon Luc, Jésus y a accompli un ministère bien rempli et organisé, d'abord situé dans toute sa dimension d'achèvement (4, 14- 44), ainsi que dans l'originalité unique de la position de Jésus face au pardon des péchés et au sabbat (5, 1 - 6, 11), au risque de rencontrer de vives oppositions.
Puis Luc nous a fait découvrir successivement le discours-programme de Jésus sur le Royaume de Dieu (6, 12 - 49), avant de nous le faire accompagner dans le détail et la diversité de ses rencontres d'hommes et de femmes, auxquels il annonce l'Evangile du Royaume dans le concret de leur existence, le tout accompagné de miracles de guérisons, de résurrection, et de maîtrise du chaos dans la tempête apaisée (7, 1 - 9, 6).
Après tout cela, Luc vient maintenant nous proposer des réponses et réactions qui sont adressées à Jésus, alors qu'il termine ainsi sa mission en Galilée (9, 7 - 50). Et cela commence par la présentation de ce qu'Hérode, prince de Galilée, pense de Jésus : notre passage.
2. MESSAGE.
La section précédente s'était terminée par l'envoi des Douze en mission par Jésus (9, 1 - 6), et notre texte est pris comme "en sandwitch" entre cet envoi et leur retour (9, 10).
Le message central de notre passage semble bien être celui-ci : de même que la mission de Jésus et celle de Jean Baptiste avaient rencontré de l'opposition, et il en sera ainsi de celle de l'Eglise. Il est clair que, selon l'Evangile de Luc, Hérode Antipas est hostile à Jean Baptiste et à Jésus, que des Pharisiens viendront avertir qu'Hérode cherche à le faire mourir (13, 31 - 32).
Hérode est informé de "tout ce qui se passait", c'est-à-dire de la mission de Jésus en Galilée (4, 16 - 9, 6). D'où son essai d'interprétation. Et, à l'inverse de ceux qui voient en Jésus Jean Baptiste ressuscité, ou bien le prophète Elie revenu selon l'annonce prophétique de Malachie 3, 23, Hérode demeure perplexe et s'interroge sur l'identité de Jésus: "Quel est celui-ci, dont j'entends dire de telles choses "(verset 9) ?
Son désir de voir Jésus est si fort que lors de la passion de Jésus, quand Pilate lui enverra Jésus, Luc insistera sur ce regard qu'il cherche à porter sur Jésus, le regard de quelqu'un qui se réjouit dans l'espoir de voir Jésus faire un miracle devant lui (23, 6 - 12). En définitive, Hérode en restera à une approche d'incroyant qui n'attend rien de Jésus et ne fait preuve que d'une curiosité, dont on ne connaît pas le motif profond, s'il existe.
3. DECOUVERTES.
La question que se pose Hérode sur l'identité de Jésus au verset 9 est à interpréter en écho à la même question, qui a scandé tout le ministère Galiléen de Jésus : - lorsqu'il déclare au paralytique que ses péchés sont pardonnés (5, 20 - 21), - suite à la même déclaration à la pécheresse qui lui a oint les pieds lors d'un repas chez Simon le Pharisien (7, 48 - 49), - de la part des disciples après qu'il a apaisé la tempête sur la mer de Galilée (8, 24 - 25).
La réponse se précisera en 9, 10 - 50, lorsqu'il sera fait mention par Jésus de sa prochaine mort sur la croix, au grand désarroi de ses disciples, parmi lesquels Pierre, Jean et Jacques auront une l'explication de ce destin de Jésus dans la vision qu'ils auront de lui, transfiguré sur la Montagne.
La curiosité incroyante d'Hérode ne le conduira à rien, par contraste avec l'attitude de ceux dont les yeux s'ouvriront à la révélation de Dieu en Jésus à l'heure où il meurt sur la croix (23, 35 - 49).
4. PROLONGEMENT.
Cette question "Qui est Jésus ?" doit nous travailler d'autant plus que nous en connaissons la réponse.
Comme il le fait en Luc, 9, 20, Jésus, dans son Esprit Saint qui nous habite, nous ré-interroge sans cesse en nous demandant : "Et vous, qui dites-vous que je suis"? Puisque Jésus est ressuscité, nous pouvons, comme Pierre et les Douze, après la Pentecôte, annoncer qu'il est Seigneur et qu'il n'est pas d'autre Nom donné aux hommes par lequel on puisse être sauvé (Actes, 4, 12).
Mais comment annonçons-nous aujourd'hui cette identité de Jésus ? Si son Esprit nous fait reproduire son image (Romains, 8, 29), essayons-nous, en toutes circonstances, de nous demander ce que Jésus ferait dans notre situation concrète aujourd'hui, pour ensuite tenter de l'imiter ? N'oublions pas que nous avons à partager son destin (Jean, 12, 24 - 26), et c'est ainsi que nous avons dès maintenant à le suivre sur son chemin de gloire.
Seigneur Jésus,
ceux qui ne te connaissent pas s'interrogent, ou viennent nous questionner,
nous qui vivons avec toi, par toi et en toi qui nous saisis
de l'intérieur de nous-mêmes où habite ton Esprit Saint :
donne-moi la capacité à la fois d'annoncer ton Evangile en paroles et en actes,
et de faire en sorte qu'il transforme tout ce qui doit changer
dans nos vies personnelles de croyants, aussi bien que dans le témoignage
de nos diverses communautés locales de croyants, face aux incroyants. AMEN.