Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le blog de l'Abbé Benoît

Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.

Publicité

Jeudi 5ème semaine carême - Evangile

DE L'EVANGILE DE JEAN :


Jn 8:48- Les Juifs lui répondirent : " N'avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain et que tu as un démon ? "
Jn 8:49- Jésus répondit : " Je n'ai pas un démon mais j'honore mon Père, et vous cherchez à me déshonorer.
Jn 8:50- Je ne cherche pas ma gloire ; il est quelqu'un qui la cherche et qui juge.
Jn 8:51- En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. "
Jn 8:52- Les Juifs lui dirent : " Maintenant nous savons que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et tu dis : "Si quelqu'un garde ma parole, il ne goûtera jamais de la mort. "
Jn 8:53- Es-tu donc plus grand qu'Abraham, notre père, qui est mort ? Les prophètes aussi sont morts. Qui prétends-tu être ? "
Jn 8:54- Jésus répondit : " Si je me glorifie moi-même, ma gloire n'est rien ; c'est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : "Il est notre Dieu",
Jn 8:55- et vous ne le connaissez pas ; mais moi, je le connais ; et si je disais : "Je ne le connais pas", je serais semblable à vous, un menteur. Mais je le connais et je garde sa parole.
Jn 8:56- Abraham, votre père, exulta à la pensée qu'il verrait mon Jour. Il l'a vu et fut dans la joie. "
Jn 8:57- Les Juifs lui dirent alors : " Tu n'as pas cinquante ans et tu as vu Abraham ! "
Jn 8:58- Jésus leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham existât, Je Suis. "
Jn 8:59- Ils ramassèrent alors des pierres pour les lui jeter ; mais Jésus se déroba et sortit du Temple.


POUR RUMINER LA PAROLE :

1. SITUATION.

L'Evangile de Jean est un Evangile dont la structure nous paraît bien différente de la construction adoptée dans les trois autres Evangiles.

En effet, l'Evangile de Jean, entre un court Prologue (Jean, 1, 1 - 18), qui est la reprise d'une hymne primitive bien adaptée pour servir d'ouverture à la mission terrestre en Jésus du Verbe fait chair (la Parole de Dieu) , et un Epilogue (Jean, 21, 1 - 25), qui est un compte rendu d'apparition(s) du Christ ressuscité en Galilée, ajouté, semble-t-il, lors de la rédaction finale de l'Evangile, se divise en deux grandes parties :

- LE LIVRE DES SIGNES, dans lequel , tout au long du ministère public de Jésus, nous assistons à la révélation qu'il nous donne de Dieu son Père par ses signes et ses paroles (Jean, 1, 19 - 12, 50),

- LE LIVRE DE LA GLOIRE, long de huit chapitres (!), où Jésus, à ceux qui le reçoivent et l'accueillent, montre sa gloire en retournant au Père, à son "Heure", passage qui se réalise dans sa mort, sa résurrection, son ascension, et le don de son Esprit ( Jean, 13, 1 - 20, 31).

Le Livre des signes, dans lequel se situe notre passage, est d'abord ainsi nommé parce qu'il se trouve ponctué par SEPT signes, tous IMPORTANTS de par leur sens, accomplis par Jésus du début à la fin de son ministère :

- le changement de l'eau en vin à Cana (2, 1 - 11),
- la guérison du fils d'un intendant royal à Cana (4, 46 - 54),
- la guérison d'un infirme à la piscine de Bethesda (5, 1 - 11),
- la multiplication des pains en Galilée (6, 1 - 15),
- la marche sur la Mer de Galilée (6, 16 - 21),
- la guérison d'un aveugle-né à Jérusalem (9),
- la réanimation de Lazare, mort et mis au tombeau à Béthanie (11).

Cependant, dans la mesure où ces SEPT "signes" sont souvent plus ou moins longuement expliqués par des paroles ou des discours de Jésus, une autre répartition, plus précise, de ce Livre des signes, nous aide à mieux situer et donc mieux comprendre notre passage :


- 1°) Les débuts de la Révélation de Jésus : de Jean-Baptiste à Jésus (1, 19 - 51), aboutissant au changement de l'eau en vin à Cana (2, 1 - 11), qui sert de transition avec la partie suivante,
- 2°) Du premier signe de Cana (eau changée en vin) au deuxième signe de Cana (guérison du fils d'un intendant royal) (2 - 4), ce deuxième signe servant également de transition avec la 3ème partie (4, 46 - 54),
- 3°) Jésus et les principales fêtes juives (5 - 10),
- 4°) Jésus vit l'approche de son "Heure", Heure de sa mort et de sa gloire (11, 1 - 12, 36),
- 5°) Conclusion du Livre des signes sur le ministère de Jésus et résumé de sa prédication (12, 37 - 50).



Avec notre page nous continuons d'avancer dans la lecture de tout un ensemble de textes, qui sont un élément important de la 3ème partie de cet Evangile de Jean, ensemble qui va de 7, 1 à 8, 59. Ces 2 chapitres nous relatent les comportements de Jésus à la fête des tentes à Jérusalem, où il va rencontrer une opposition très violente à son message. C'est une véritable mise en procès public de Jésus qui continue de se dérouler ici.

Après l'épisode de la femme adultère (7, 53 - 8, 11), inséré au début de ce chapitre 8, qui a probablement une autre origine, et a dû se situer dans un tout autre contexte, nous sommes entrés dans une 3ème scène liée à cette Fête des Tentes à Jérusalem. Et ici, Jésus va vivre, en quelque sorte, le sommet de son affrontement avec les Juifs. Au cours de cette Fête, il s'est déjà proclamé celui qui en est l'achèvement sous toutes ses formes, en promettant de donner l'eau vive, et en se définissant comme la Lumière du monde.

Maintenant, en trois sections (8, 12 - 59), dont nous lisons la fin de la dernière (8, 31 - 59), il va, en affirmant qu'il est de Dieu et qu'il porte le Nom même de Dieu, être le plus éloigné des Juifs, qui vont de plus en plus comploter sa mort.

Les Juifs ont beau revendiquer fortement devant lui qu'ils sont de vrais fils d'Abraham (8, 31 - 41a), Jésus leur répond avec autant de force que leur véritable père, c'est le diable (8, 41b - 47), et se trouve conduit par leur contestation à se situer lui-même, dans notre page, face à Abraham (8, 48 - 59).


2. MESSAGE.

L'accuse-t-on d'être un Samaritain ("impur"), ou d'être possédé du démon, Jésus répond (89, 48 - 50) qu'il honore le Père, et que c'est du Père seul qu'il recevra une Gloire qu'il ne se donne jamais lui-même. Cette Gloire, comme la suite de l'Evangile nous le montrera, lui sera donnée lors de sa remontée au Père dans l'événement pascal de sa passion, de sa mort-résurrection et de son ascenxion (12, 23; 13, 31; 17,1).

C'est lorsqu'il insiste sur la fidélité qu'il faut accorder à sa Parole, en précisant que celui qui se comporte ainsi ne verra jamais la mort, que ses adversaires reprennent de plus belle leurs accusations, en le comparant à Abraham, qui, disent-ils, est bien mort, et pour eux, quoi qu'il en dise, Jésus ne saurait être plus grand qu'Abraham.

Mais Jésus se situe autrement, face à Dieu, qu'il déclare connaître vraiment, dont il affirme qu'il est son Père qui le glorifie, parce que lui-même est fidèle à sa Parole, contrairement à ses adversaires Juifs qui, eux, ne connaissent pas Dieu, et donc ne se comportent pas en enfants d'Abraham.

C'est face à Dieu que Jésus, qui avait déjà affirmé, dans son discours sur l'oeuvre du Fils à propos du sabbat, en 5, 46, que si les Juifs croyaient en Moïse, il croiraient aussi en lui, que les écrits de Moïse annonçaient, reprend maintenant le même argument à propos d'Abraham, dont il déclare également que la mission était de l'annoncer, lui, Jésus, et d'être tout entier tourné vers l'accomplissement des promesses de Dieu en sa venue, au terme du temps fixé par Dieu.

Les Juifs se montrant incapables d'interpréter ces paroles de Jésus autrement que dans la perspective d'un calcul matériel du temps, et demeurant, une fois de plus, enfermés dans un malentendu, Jésus en est amené à leur proclamer le plus qu'il puisse leur dire sur sa véritable situation et son authentique identité : il porte le Nom de Dieu "JE SUIS", ce qui lui permet de transcender les déroulements de l'histoire des hommes et d'affimer qu'il est, de ce point de vue, antérieur à Abraham.

Cette fois, les adversaires de Jésus ont bien compris, et considérant la déclaration que vient de leur faire Jésus comme un blasphème, ils ramassent des pierres pour le lapider, en application de la parole du Lévitique, 24, 16, ordonnant que l'on traite ainsi ceux qui blasphèment. Mais ce faisant, ils accomplissent ce que Jésus leur avait déclaré : ils sont meurtriers, comme leur père, le diable (8, 37. 40 - 41. 44).


3. DECOUVERTES.

Lorsque Jésus proclame qu'Abraham s'est réjoui de voir son jour, peut-être réinterprète-t-il ainsi le "rire" d'Abraham en Genèse, 17, 17, rire, avec lequel il avait reçu l'annonce qu'il allait avoir un fils. Paul, en Galates, 3, 16, écrit qu'en Isaac Abraham pouvait saluer son descendant à venir, qui serait le Christ. La Lettre aux Hébreux, en 11, 13, souligne également une vue anticipatrice de l'avenir par Abraham.

L'affirmation de Jésus : "Avant qu'Abraham existât, JE SUIS", est du même genre que celle du psaume 90, 2 : "Avant que naissent les montagnes, tu es Dieu".

C'est tout au long de l'Evangile que Jésus s'exprime en donnant aux mots qu'il emploie un sens différent de leur signification matérielle immédiate, et pratique ainsi ce qu'on a appelé le "malentendu Johannique", dans lequel ses auditeurs tombent sans cesse (voir, par exemple, 2, 19, à propos de la destruction et du "relèvement" du Temple "de son corps").


4. PROLONGEMENT.

1Co 1:22- Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse,
1Co 1:23- nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
1Co 1:24- mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c'est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu.


Ph 2:5- Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus :
Ph 2:6- Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu.
Ph 2:7- Mais il s'anéantit lui-même, prenant condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes. S'étant comporté comme un homme,
Ph 2:8- il s'humilia plus encore, obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une croix !
Ph 2:9- Aussi Dieu l'a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom,
Ph 2:10- pour que tout, au nom de Jésus, s'agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers,
Ph 2:11- et que toute langue proclame, de Jésus Christ, qu'il est SEIGNEUR, à la gloire de Dieu le Père.


Col 2:8- Prenez garde qu'il ne se trouve quelqu'un pour vous réduire en esclavage par le vain leurre de la " philosophie ", selon une tradition toute humaine, selon les éléments du monde, et non selon le Christ.
Col 2:9- Car en lui habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité,
Col 2:10- et vous vous trouvez en lui associés à sa plénitude, lui qui est la Tête de toute Principauté et de toute Puissance.


Rm 9:3- Car je souhaiterais d'être moi-même anathème, séparé du Christ, pour mes frères, ceux de ma race selon la chair,
Rm 9:4- eux qui sont Israélites, à qui appartiennent l'adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses
Rm 9:5- et aussi les patriarches, et de qui le Christ est issu selon la chair, lequel est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement ! Amen.



Seigneur Jésus,
en toi nous reconnaissons celui que le Père nous a envoyé comme son Fils
pour vivre un parcours humain, à travers lequel, et dans les limites duquel,
tu nous as manifesté et annoncé que tu es le Verbe de Dieu, porteur du Nom sublime
de Dieu lui-même, et tu nous as déclaré que ton élévation sur la croix, en ta passion et ta mort,
devait être le lieu d'extrême pauvreté, qui, accepté dans ton obéissance totale au Père,
te révélerait paradoxalement dans toute la dimension de ton mystère :
accorde-moi la grâce de t'approcher dans la proximité immédiate de ta présence
en ton Esprit Saint, sans jamais oublier que c'est l'au-delà "au-dessus de tout"
du Dieu Vivant qui, en toi et par toi, me rejoint, m'appelle, et m'invite à te suivre
sur ton chemin d'engagement pour Dieu en toute vérité. AMEN.

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article