Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
5 Mai 2010
| Jn 15:9- Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez en mon amour. Jn 15:10- Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour, comme moi j'ai gardé les commandements de mon Père et je demeure en son amour. Jn 15:11- Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. |
| En effet, l'Evangile de Jean, entre un court Prologue (Jean, 1, 1 - 18), qui est la reprise d'une hymne primitive bien adaptée pour servir d'ouverture à la mission terrestre en Jésus du Verbe fait chair (la Parole de Dieu) , et un Epilogue (Jean, 21, 1 - 25), qui est un compte rendu d'apparition(s) du Christ ressuscité en Galilée, ajouté, semble-t-il, lors de la rédaction finale de l'Evangile, se divise en deux grandes parties : - LE LIVRE DES SIGNES, dans lequel , tout au long du ministère public de Jésus, nous assistons à la révélation qu'il nous donne de Dieu son Père par ses signes et ses paroles (Jean, 1, 19 - 12, 50), - LE LIVRE DE LA GLOIRE, long de huit chapitres (!), où Jésus, à ceux qui le reçoivent et l'accueillent, montre sa gloire en retournant au Père, à son "Heure", passage qui se réalise dans sa mort, sa résurrection, son ascension, et le don de son Esprit ( Jean, 13, 1 - 20, 31). Le Livre de la Gloire, qui va des chapitres 13 à 20 de cet Evangile, nous relate d'abord la dernière soirée des Jésus avec ses disciples, épisode qui couvre 5 chapitres, avec le lavement des pieds des disciples par Jésus, l'annonce de la trahison de Judas, les 3 discours d'adieux de Jésus et sa grande prière finale adressée à Dieu, son Père (13 - 17). Les 2 chapitres suivants sont consacrés à la passion et la mort de Jésus, et sont suivis du chapitre 20, qui traite entièrement de la résurrection et nous fournit la conclusion de l'Evangile, même si le chapitre 21, que l'on appelle "Epilogue", nous donne un rebond de la résurrection avec le récit d'une apparition supplémentaire de Jésus ressuscité, autour d'une pêche miraculeurse et d'un long dialogue avec Pierre, avant de nous proposer une 2ème conclusion de l'Evangile, dans laquelle l'auteur se présente comme étant le "disciple que Jésus aimait", que l'on continue d'identifier, non sans difficultés, avec l'Apôtre Jean, fils de Zébédée, et frère de Jacques. Le Livre de la Gloire ne nous rend compte que de "l'Heure" de Jésus, c'est-à-dire tout ce qui concerne son "passage" au Père (passion-mort-résurrection de Jésus-don de l'Esprit par le Ressuscité). A noter l'importance que le 4ème Evangile accorde aux tout derniers moments de la vie de Jésus, soit 9 chapitres, y compris l'Epilogue, là où les autres Evangiles ne consacrent que 2 chapitres. Avec ce passage, nous lisons une partie du Dernier Discours de Jésus. Ce dernier discours, placé par l'Evangéliste au cours du dernier repas de Jésus avec ses disciples la veille de sa mort, peut se diviser en trois sections : - Section 1 (13, 31 - 14, 31), - Section 2 (15, 1 - 16, 33), - Section 3 (17, 1 - 26). Chacune de ces sections se partage ensuite en sous-sections, certaines de ces sous-sections pouvant, à leur tour, être subdivisées. Notre texte se situe ainsi dans la Section 2 de ce Dernier Discours de Jésus, et dans la sous-section 1 de cette Section (15, 1 - 17), où Jésus se déclare être le cep de vigne dont nous sommes les sarments, dans une étonnante image nous décrivant notre unité avec lui. En effet, comme il est toujours question de "porter du fruit" au verset 16, tout le monde s'accorde à considérer que les versets 1 à 17 de ce chapitre 15 forment un tout. Mais alors, où situer les versets retenus dans notre passage liturgique de ce jour? On est d'abord tenté, comme beaucoup, de distinguer deux parties dans cet ensemble : d'une part, les versets 1 - 8, traitant de la vigne et des sarments (notre texte), et d'autre part, les versets 9 - 17, insistant sur l'amour des disciples. Une autre répartition semble toutefois plus intéressante à certains : limiter aux versets 1 - 6 la présentation de l'image ou de l'allégorie de la vigne et des sarments, pour étendre aux versets 7 - 17 l'explication par Jésus de cette image dans le contexte des thèmes principaux de l'ensemble du Dernier discours de Jésus. |
| Avec cette 2ème partie du discours d'adieu de Jésus, nous quittons le thème des adieux, ou de l'annonce du départ et du retour de Jésus, pour découvrrir et méditer le "mystère" de l'union intime permanente entre Jésus et nous, ses disciples. Dans l'image du Cep de vigne et son interprétation, que Jésus présente maintenant (15, 1 - 17), l'explication fournie est incluse dans le récit proprement dit de l'histoire-exemple qui nous est racontée. Après s'être identifié comme le vrai Cep de vigne, dont le Père est le vigneron, qui émonde le plant de vigne en collaboration avec sa propre Parole purifiante, Jésus souligne le lien qui existe entre lui-même, le Cep de vigne tout entier, et nous, ses disciples, qui en sommes les branches, et ce, après nous avoir demandé de demeurer en lui et de faire en sorte que lui demeure en nous. L'importance de cette inhabitation réciproque, lui en nous et nous en lui, est telle que si elle n'a pas lieu, nous ne pouvons connaître que le sort des sarments désséchés que l'on jette au feu. A l'inverse, ce "demeurer" réciproque, entre Jésus et nous, rend notre prière efficace, et nous permet de glorifier le Père par les fruits que nous portons de par ce lien intime avec Jésus. En effet, hors de Jésus, nous ne pouvons rien faire. En demeurant en lui et produisant ainsi du fruit, nous sommes vraiment pour lui des disciples, et, en nous, circule la sève de l'amour qui coule du Père à Jésus et de Jésus jusqu'en nous, et inversement, de notre obéissance, qui nous fait demeurer dans l'amour de Jésus, comme son obéissance le fait demeurer dans l'amour du Père. Mouvement du Père à Jésus et de Jésus à nous qui ne peut se traduire que par la communication que Jésus nous fait de sa joie, de façon à ce que notre propre joie atteigne sa perfection. Nous pouvons constater qu'en ce message, tout se tient, et tout s'explique, dans le cadre de cette parabole du Cep de vigne et des sarments. |
| L'ensemble de cette 2ème partie (15, 1 - 16, 4a) du discours d'adieu de Jésus se construit ainsi : - Une première section traite de l'amour qui relie le Père à Jésus et Jésus à nous (15, 1 - 17).Cette section commence par une courte parabole sur le cep de vigne, et son explication (15, 1 - 10), explication qui se développe avec plus d'ampleur en 15, 11 - 17. - Une deuxième section traite de la haine du monde, qu'elle décrit (15, 17 - 25), avant de situer le témoignage rendu à Jésus par le Paraclet, qu'il enverra d'auprès du Père, ainsi que par ses disciples, dont nous sommes aujourd'hui les héritiers et successeurs (15, 27 - 28). L'amour de Jésus à l'égard du Père, comme notre amour à l'égard de Jésus, se traduit en obéissance, à laquelle correspond l'amour du Père qui glorifie Jésus, et l'amour de Jésus, qui nous fait vivre comme lui. Tel est le modèle de notre existence chrétienne, qui s'exprime dans l'application du commandement unique de la charité, dont Paul dit, par ailleurs, qu'elle vient du don qui nous est fait, par Jésus, de son Esprit (Romains, 5, 5). La "joie" est le signe d'une vie qui s'épanouit, et elle est considérée comme un élément de la paix et du salut de la fin des temps que nous apporte Jésus. C'est donc une sorte de plénitude, qui, dans l'Evangile de Jean, commence avec le don de l'Esprit par le Christ ressuscité (Jean, 17, 13; 1 Jean, 1, 4), mais qui peut également coexister avec la souffrance (16, 20 - 24). |
| Le Père demeure en Jésus et Jésus demeure en nous, Le Père aime Jésus, et Jésus nous aime de ce même amour, dont, à notre tour, nous devons nous aimer les uns les autres. Jésus, dans sa grande prière finale du chapître 17 de cet Evangile, prie pour que nous soyons "un" avec lui, et entre nous, comme il est "un" avec le Père, cette unité étant liée au mystère de l'inhabitation réciproque : nous sommes en Jésus, et lui en nous, comme il est dans le Père et le Père est en lui. Mystère de descente et de remontée, de communication en chaîne, d'interpénétration, entre Dieu et nous, et par lequel Dieu nous associe à sa gloire, et nous donne part à sa divinité par Jésus, en qui il a eu part à notre humanité (Jean, 1, 1 - 18 et 2 Pierre, 1, 4). |
| tu nous as non seulement révélé qui est Dieu ton Père, par toutes tes paroles et tous tes gestes sauveurs, mais encore tu nous fais entrer dans ton intimité et l'intimité du Père, en nous invitant à demeurer en toi comme tu demeures dans le Père, ainsi qu'à recevoir et transmettre à nos frères et nos soeurs, l'amour que le Père a pour toi et que tu nous communiques, pour que nous ayons part à ta vie : donne-moi de ne jamais me détacher de toi, qui es ma source de vie, de ne jamais devenir un sarment mort sur toi, le seul véritable cep de vigne, en me centrant et me repliant sur moi-même, et en empêchant ainsi ta sève d'amour venant du Père, et d'obéissance totale au Père, de me pénétrer, de me transformer, et de me faire vivre de ta vie. AMEN. |