Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
7 Janvier 2010
| Luc 4 4.14 Jésus, revêtu de la puissance de l'Esprit, retourna en Galilée, et sa renommée se répandit dans tout le pays d'alentour. 4.15 Il enseignait dans les synagogues, et il était glorifié par tous. 4.16 Il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture, 4.17 et on lui remit le livre du prophète Ésaïe. L'ayant déroulé, il trouva l'endroit où il était écrit: 4.18 L'Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé, 4.19 Pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés, Pour publier une année de grâce du Seigneur. 4.20 Ensuite, il roula le livre, le remit au serviteur, et s'assit. Tous ceux qui se trouvaient dans la synagogue avaient les regards fixés sur lui. 4.21 Alors il commença à leur dire: Aujourd'hui cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, est accomplie. 4.22 Et tous lui rendaient témoignage; ils étaient étonnés des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient: N'est-ce pas le fils de Joseph? 4.23 Jésus leur dit: Sans doute vous m'appliquerez ce proverbe: Médecin, guéris-toi toi-même; et vous me direz: Fais ici, dans ta patrie, tout ce que nous avons appris que tu as fait à Capernaüm. 4.24 Mais, ajouta-t-il, je vous le dis en vérité, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie. 4.25 Je vous le dis en vérité: il y avait plusieurs veuves en Israël du temps d'Élie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois et qu'il y eut une grande famine sur toute la terre; 4.26 et cependant Élie ne fut envoyé vers aucune d'elles, si ce n'est vers une femme veuve, à Sarepta, dans le pays de Sidon. 4.27 Il y avait aussi plusieurs lépreux en Israël du temps d'Élisée, le prophète; et cependant aucun d'eux ne fut purifié, si ce n'est Naaman le Syrien. 4.28 Ils furent tous remplis de colère dans la synagogue, lorsqu'ils entendirent ces choses. 4.29 Et s'étant levés, ils le chassèrent de la ville, et le menèrent jusqu'au sommet de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, afin de le précipiter en bas. 4.30 Mais Jésus, passant au milieu d'eux, s'en alla. |
| Luc est l'auteur à la fois de l'Evangile qui porte son nom et des Actes des apôtres, tous deux adressés à un certain Théophile, avec le but de rapporter, en "un récit ordonné", tout ce dont il a pu s'informer avec soin sur les événements concernant Jésus. Ce qui veut dire que Luc n'a pas connu Jésus, et appartient à une génération postérieure à celle des tout premiers disciples. Ces 2 livres, dont il est l'auteur, constituent-ils les 2 volumes d'un oeuvre unique ou ont-ils été conçus comme 2 ouvrages différents, adaptés à 2 époques différentes ? On ne peut que s'accorder sur l'unité de l'ensemble d'une oeuvre qui se suit, sans avoir à se prononcer sur la validité de l'une ou de l'autre de ces 2 hypothèses. Comme celui de Matthieu, l'Evangle de Luc débute par un Evangile de l'Enfance du Christ, dans lequel, au travers des récits de l'Enfance du Seigneur, nous est déjà annoncée, en filigrane, toute la bonne nouvelle de Jésus, y compris sa mort-résurrection, et cela tout en nous développant le thème de l'accomplissement de la plénitude des temps et du retour de Dieu en son Temple et au coeur de son peuple, selon les prédictions, désormais réalisées, du Livre de Daniel. Dans le chapitre 3, consacré à la mission de Jean Baptiste, racontée jusqu'à son terme, et à la présentation du baptême de Jésus comme occasion d'une vision-révélation qui lui fait découvrir que l'Esprit de Dieu repose sur lui et que Dieu le reconnaît bien comme son Fils, Luc nous propose également une généalogie humaine de Jésus, qui le fait remonter jusqu'au premier homme de la Bible, Adam. Dès le début du chapitre 4, Luc nous raconte comment Jésus, après avoir repoussé victorieusement les tentations du diable au désert, commence, poussé par l'Esprit, sa prédication en Galilée (4, 1 - 15), premier grand moment de son ministère public (4, 14 - 9, 30), et arrive en son village de Nazareth, où nous le rejoignons avec notre lecture de ce jour . |
| Ce passage de Jésus en son village de Nazareth (4, 16 - 30), dont notre page liturgique de ce jour ne donne que le début, doit être lu en entier, et est, de fait, présenté par Luc comme un prologue résumant tout son ministère en ses phases successives. On s'est, à propos de ce texte, demandé, à juste titre, si Luc n'avait pas joint plusieurs passages de Jésus à Nazareth en un seul épisode, car on imagine difficilement que tout ce changement d'attitude, depuis l'accueil étonné jusqu'au rejet agressif, de Jésus, ait pu se dérouler en un seul office de Sabbat à la synagogue. Trois réactions des gens de Nazareth face à Jésus se succèdent ici en effet : - d'abord l'accueil sympathique (4, 16 - 22b, auquel se limite notre texte de la 1ère lecture, - ensuite, le questionnement, rempli de doute et d'hésitation (4, 22c - 27), - finalement, le rejet total jusqu'à la tentative de meurtre (4, 28 - 30). Suggestion d'autant plus forte et symbolique que l'escarpement de la colline du verset 29 n'existe pas à Nazareth (voir TOB, Luc, 4, 29, note "k"). Suggestion symbolique, dans la mesure, egalement, où le ministère de Jésus ne pourra s'achever qu'à Jérusalem, ce sur quoi Luc va insister fortement dans la suite de son Evangile, où il consacrera 10 chapitres à une lente et longue montée de Jésus à Jérusalem (voir aussi TOB, Luc, 4, 30, note "l"). Au cours de cette visite à Nazareth, Jésus laisse à ses compatriotes, et à nous tous, un double message : - ensuite, qu'il n'est pas venu distribuer à tous vents des bienfaits de ce monde par des miracles qui lui font bonne réputation, mais annoncer, à partir des signes qu'il pose, la présence d'une "autre" réalité, liée à lui-même et à sa mission, qui est celle du Royaume de Dieu, qui appelle à la conversion et est ouvert à toutes les nations de la terre. Ce qui veut dire que les gens de son village ne le connaissent pas en sa réalité profonde, et qu'ils ne peuvent prétendre le récupérer. |
| Ce texte du Livre d'Isaïe, qui est en fait composé de 2 passages différents du 3ème Isaïe (le Livre d'Isaïe couvre 3 générations de prophètes de la même "école", si l'on peut parler ainsi : 1 - 39; 40 - 55; 56 - 66), parle de "l'année jubilaire" qui revient tous les 50 ans comme une année de grâce et de libération, selon le livre du Lévitique, 25, 10 - 13. En proclamant ce texte comme "accompli", Jésus indique que son apparition fait du jubilé une dimension permanente du Royaume qu'il inaugure comme étant l'accomplissement définitif du plan de salut de Dieu. Cet "année d'accueil" par le Seigneur est maintenant une donnée permanente de la vie des croyants : avec Jésus qui vient, et qui, pour nous, est le Ressuscité, "l'Emmanuel", Dieu est vraiment toujours "avec - nous". Jésus semble ensuite reprendre un dicton populaire lorsqu'il déclare qu'aucun prophète ne se trouve accueilli dans sa patrie. Cependant, le commentaire qu'il en propose, en rappelant les comportements des prophètes Elie et Elisée aux versets 25 - 27, en 2 strophes poétiques, indique bien que l'envoyé de Dieu n'est la propriété d'aucune communauté, mais n'est là que pour la mission que lui a confiée le Seigneur. |
| Avec la mort-résurrection de Jésus et le don de son Esprit, qui est l'Esprit du Père, nous croyons que Dieu vient en Jésus, "demeurer" parmi nous, mais c'est pour nous inviter à "aller notre chemin" comme lui et avec lui, en sortant de nous-mêmes, en nous quittant nous-mêmes, en nous dépossédant de nous-mêmes, dans la foi de celui ou de celle qui se laisse conduire pour vivre le don de soi dans le service croissant de ses frères et de ses soeurs, à la façon de Jésus. Ce texte, proposé par l'Eglise pour nous aider à continuer notre contemplation des manifestations de Jésus, de tout ce que représente le mystère de son Epiphanie, nous invite à un regard sur la "Lumière" que rayonne Jésus en tous ses comportements. Il est "Dieu-avec- nous", "qui le voit, voit le Père" (Jean, 14, 9 - 10). Et, depuis qu'il est ressuscité et que l'Esprit Saint nous est donné, nous sommes appelés à reproduire, rayonner, son visage aujourd'hui, pour qu'il soit perçu et découvert, à travers nous, dans le milieu culturel de notre société, à laquelle nous avons la charge d'annoncer, par notre manière de vivre, le mystère de Jésus comme "la" Bonne Nouvelle pour tous. |
| Seigneur Jésus, donne-nous la grâce de savoir sans cesse t'accueillir, dans tous les aspects de ta présence et de ta Parole de Ressuscité au coeur de nos vies, c'est-à-dire de nous laisser interpeller par ton message, et ta manière de vivre, que tu nous demandes de reproduire, en t'imitant, au jour le jour, dans la force de ton Esprit Saint, qui nous permet de nous exprimer selon la réalité nouvelle que tu as créée en nous, lorsque tu nous as fait devenir avec toi, "Fils" du Père et "héritiers" de ton Royaume. AMEN. |