Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
12 Octobre 2009
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| La Lettre aux Romains est la plus longue, la plus importante et la mieux structurée des lettres de Paul. Son interprétation a été décisive dans les grands moments de crise de l'Eglise, surtout au 5ème siècle (face à l'hérésie du moine Pélage : l'homme gagne son salut par son effort personnel), et au 16ème siècle (Luther et Calvin se séparent de Rome). C.est à partir de leur relecture de la Lettre aux Romains que les Réformés et les Luthériens du 16ème siècle ont formulé leurs thèses sur le salut de Dieu par la grâce acceptée dans la foi. Cette lettre a été écrite par Paul lui-même (en la dictant à un secrétaire-écrivain) au printemps de 57 ou de 58, et probablement depuis Corinthe. On n'a jamais mis en doute son authenticité. Paul estime avoir terminé son oeuvre apostolique en Orient. Il forme donc le projet de passer par Rome pour aller en Espagne (15, 19 - 31).Il envoie donc d'avance aux chrétiens de Rome ce qui représente le coeur de sa prédication et de son Evangile. En effet, cette Lettre aborde en profondeur les points les plus centraux du message chrétien : la puissance du salut de Dieu, présenté comme une grâce à recevoir dans la foi, pour en être transformé. C'est une vie avec le Christ ressuscité, mais marquée par l'événement suprême du dessein de salut de Dieu que constituent enemble la prédication, le témoignage, la mort et la résurrection de Jésus. L'Esprit Saint que nous avons reçu insère en nous toute la richesse de vie et de nouveauté, qui est le fruit de cet événement unique. Cet enseignement à la fois général, et sans doute adapté à des circonstances particulières de l'Eglise de Rome, se réalise en deux parties : - l'une doctrinale (1 - 11), - l'autre exhortative, pour encourager à une manière de vivre avec et selon le Christ, et qui traite de différents aspects de notre existence humaine (12 - 16). Notre passage identifie les destinataires de cette lettre et les salutations que Paul leur adresse avant d'entrer dans son exposé doctrinal. |
| 2. MESSAGE. Paul s'adresse ici à tous les "bien-aimés de Dieu qui sont à Rome", et leur souhaite grâce et paix de la part de Dieu et du Seigneur Jésus Christ. Il le fait en se définissant lui-même comme serviteur de Jésus Christ, c'est-à-dire en tant qu'homme attaché totalement à la personne et à la cause de Jésus. Au coeur de cette démarche de salutation, Paul tient à préciser l'objet de sa mission : annoncer l'Evangile de Dieu. Il a en effet reçu de Jésus la grâce d'être apôtre pour cela. Car il s'agit, pour lui, de conduire à la foi, qui est attitude d'obéissance, tous les peuples païens, afin qu'ils se reconnaissent, eux aussi, appelés par le Seigneur. Paul, enfin, nous ouvre un aperçu sur la vérité centrale de son Evangile de Dieu : à savoir l'accomplissement de toutes les annonces prophétiques de l'Ancien Testament dans l'envoi par Dieu de son Fils Jésus, auquel Paul donne le titre de Seigneur. Car il le présente, à la fois comme descendant de David dans la faiblesse de son humanité et comme établi Fils de Dieu "avec puissance", selon l'Esprit Saint, par sa résurrection des morts. |
| 3. DECOUVERTES. - pour Paul, il est Fils de Dieu avec puissance selon l'Esprit Saint à partir de sa résurrection,Remarquons que ces 7 versets ne forment qu'une seule phrase dans le texte grec de Paul. Cette page, lue ainsi d'une seule traite, montre bien qu'à travers la mission de Paul, l'action de Dieu, commencée dans l'Ancien Testament accompli par Jésus, vient rejoindre tous les destinataires de cette mission. La communauté de Rome étant composée de Juifs et de païens devenus chrétiens, cette mission dans laquelle s'achève l' Ancien Testament, sort, du même coup, des limites d'une race élue et d'une terre promise : elle manifeste vraiment l'extension de la vocation d'Abraham à toutes les nations : "en toi seront bénies toutes les nations de la terre" (Genèse, 12, 3). Paul se situe bien ici face à un unique dessein de Dieu dans l'histoire, pour tous les hommes et toutes les femmes de tous les temps. Le verset 3 nous parle du Fils (le Seigneur Jésus) issu selon la chair, puis établi Fils de Dieu selon l'Esprit Saint par sa résurrection. Ce verset a fait l'objet de nombreux et différents commentaires, qui ont soulevé des questions impossibles à résoudre si l'on cherche à expliquer le "comment" de la realité du Christ Jesus en son humanité liée a sa divinité (selon les affirmations dogmatiques de notre "Credo"). D'une certaine façon, à comparer ce texte avec d'autres affirmations du Nouveau Testament, dont nous avons à tenir compte de la datation établie des divers livres qui le composent, on conclut volontiers à une évolution dans la compréhension "théologique" du mystère de Christ Jésus, Fils de Dieu : - pour Marc, il en a reçu révélation lors de son baptême par Jean Baptiste dans les eaux du Jourdain, - pour Matthieu et l,uc, il l'est dès sa conception dans le sein de la Vierge Marie, sa Mère, - pour Jean, il l'est de toute éternité en sa qualité de "Verbe" de Dieu qui s'est fait chair à une période précise de l'histoire des hommes. Il est vrai qu'à force de méditer sur les éléments d'un mystère insondable, on arrive à des conclusions de plus en plus avancées à mesure qu'on progresse. Paul, cependant, ne semble pas se situer du tout à ce niveau "explicatif". II affirme conjointement que Jésus est "Fils de Dieu" dans sa limite humaine charnelle (verset 3), avant d'y être établi, avec puissance et selon l'Esprit Saint, par sa résurrection. Tous ces aspects, liés à l'histoire et à l'existence de l'homme Jésus, concernent simultanément tout le mystère de Celui que Paul appelle Jésus, Christ, Seigneur, Fils de Dieu. C'est un peu comme s'il nous propose tous les éléments d'un puzzle, sans chercher à le reconstituer de manière unique et définitive. A noter que le mot "chair", dans la Bible de l' Ancien et du Nouveau Testament, définit l'homme dans sa dimension de précarité et de fragilité d'une existence limitée et menacée par la mort. |
| Comme Paul, à notre tour, à notre époque, en nos situations, nous sommes les prolongements visibles de l'accomplissement du salut de Dieu réalisé une fois pour toutes dans l'obéissance totale que Jésus a manifestée tout au long de sa courte existence humaine. Quand nous sommes nourris de la Parole de Dieu, et replongés dans le mystère de Jésus et le don de son Esprit Saint, chaque fois que nous le célébrons en communauté de croyants pour "faire mémoire de lui", nous témoignons de sa présence en notre vie par notre attitude de foi qui agit par la charité (Galates, 5, 6). Ainsi, transmettons-nous le Christ, en son efficacité de Sauveur, à tous nos frères, et à notre façon d'hommes et de femmes visiblement engagés comme serviteurs et révélateurs de Jésus. |
| Seigneur Jésus, nous aussi, dès avant la création du monde, Dieu nous a mis à part, pour que nous lui soyons des fils adoptifs, et, de ce fait, tu nous appelles à être, à notre tour, tes disciples et tes envoyés, porteurs de ta Bonne Nouvelle et témoins du salut de Dieu, qui nous as transformés radicalement dans le mystère de ta mission, de ta mort-résurrection et du don de l'Esprit Saint : donne-moi un surplus de ta lumière, afin que je me rende mieux compte de ce que j'ai reçu de toi et de ce que tu attends de moi chaque jour, dans ce monde où je me trouve placé pour y vivre mon parcours au milieu de tous mes frères et soeurs, proches et lointains. AMEN. |