Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
14 Février 2010
| (dans la Bible de Jérusalem retrouvée sur le site de Port Saint Nicolas) : Jacques 1 1 1 Jacques, serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus Christ, aux douze tribus de la Dispersion, salut! 1 2 Tenez pour une joie suprême, mes frères, d'être en butte à toutes sortes d'épreuves. 1 3 Vous le savez: bien éprouvée, votre foi produit la constance; 1 4 mais que la constance s'accompagne d'une oeuvre parfaite, afin que vous soyez parfaits, irréprochables, ne laissant rien à désirer. 1 5 Si l'un de vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu -- il donne à tous généreusement, sans récriminer -- et elle lui sera donnée. 1 6 Mais qu'il demande avec foi, sans hésitation, car celui qui hésite ressemble au flot de la mer que le vent soulève et agite. 1 7 Qu'il ne s'imagine pas, cet homme-là, recevoir quoi que ce soit du Seigneur: 1 8 homme à l'âme partagée, inconstant dans toutes ses voies! 1 9 Que le frère d'humble condition se glorifie de son exaltation 1 10 et le riche de son humiliation, car il passera comme fleur d'herbe. 1 11 Le soleil brûlant s'est levé: il a desséché l'herbe et sa fleur tombe, sa belle apparence est détruite. Ainsi se flétrira le riche dans ses démarches! |
| La lettre de Jacques est un document particulièrement unique dans le Nouveau Testament : elle se présente comme une sorte "d'encyclique" adressée aux 12 tribus de la "dispersion", c'est-à-dire à un nombre inconnu d'Eglises Judéo-chrétiennes de langue grecque, et, pour cette raison, elle s'inscrit dans la tradition littéraire de lettres Juives du même genre adressées à la diaspora, ou disperson. Dans cette lettre, la personne du Christ joue un rôle très effacé, le nom de Jésus Christ n'y étant mentionné que deux fois (1, 1 et 2, 1), et de façon très rapide, et ce n'est qu'à 2 ou 3 reprises également que le titre de "Seigneur" est appliqué à Jésus (1, 1; 2, 1 et 5, 14 - 15), ce titre étant, dans les autres passages, donné à Dieu le Père. Le caractère chrétien de cette lettre, qui a été parfois contesté, est cependant nettement reconnu et admis, à cause principalement d'une vive polémique que cette lettre semble engager contre une interprétation abusive de la doctrine paulinienne du salut par la foi sans les oeuvres de la Loi, aux versets 14 - 26 du chapitre 2 (encore qu'un courant actuel tende à minimiser cette contestation). D'autre part, cette lettre contient peu de "doctrine" uniquemenet chrétienne : elle offre un enseignement moral parfois banal, et souvent proche de la morale héllénistique de l'époque, mais c'est peut-être par souci missionnaire, pour inviter des Juifs non-chrétiens de langue grecque et de tendance "essénienne" (en relation avec une secte de Juifs pieux, rigoureux, de style communautaire et quasi monastique, qui existait au temps de Jésus près de la Mer Morte) à se rallier à l'Eglise, et ce, en insistant sur les points communs qu'ils partageaient avec les chrétiens : le zèle pour la loi morale, l'idéal de pauvreté, l'attente de la fin des temps vécue avec intensité, la foi au Dieu unique révélé dans l'Ancien Testament. A noter que tous ces thèmes sont véritablement de style "sapientiel", présentant un message pour une vie selon la sagesse à tous les lecteurs de cette lettre. Dès le 1er paragraphe sur la tentation (1, 2 - 18) Jacques introduit les principaux sujets qu'il va traiter dans sa lettre : - Béatitude de la tentation et de la mise à l'épreuve (1, 2 - 18), - Ecouter, Parler, Agir (1, 19 - 27), - Le commandement de l'amour à vivre dans l'authenticité et le partage, face aux risques d'une foi qui deviendrait morte sans les oeuvres où elle doit s'exprimer (2, 1 - 26), - Une éthique de la parole chez ceux qui enseignent (3, 1 - 12), - Sagesse, et humilité dans une authentique recherche de Dieu pour lui-même (3, 13 - 4, 12), - Sévère avertissement donné aux riches et dans la perspective de la fin des temps (4, 13 - 5, 6), - Vivre en patience et vérité, avec endurance, dans l'attente de la venue du Seigneur (5, 7 - 20). L'auteur se présente simplement comme étant "Jacques" : dans ce cas, ce serait le "frère" ou "cousin" de Jésus, non pas l'un des Douze, ni un autre disciple, semble-t-il (Jean, 7, 5), mais le bénéficiaire d'une apparition du Seigneur ressuscité (qui l'aurait converti) (1 Corinthines, 15, 7), et bientôt l'unique responsable de l'Eglise de Jérusalem (Actes, 1, 13 et 12, 17; Galates, 1, 19 et 2, 9 - 14), et qui serait mort martyr en 61, d'après l'historien Juif Josèphe. Cependant, un grand nombre d'auteurs mettent en doute qu'il ait été l'auteur de cette lettre, vu la qualité de la langue grecque de ce document, qui comporte quand même des mots et expressions d'origine hébraïque ou araméenne, auxquels certains attachent par ailleurs beaucoup d'importance : de fait la question de savoir si Jacques est ou non l'auteur de cette lettre reste ouverte aujourd'hui encore, mais cela a une conséquence sur la datation de cette "encyclique". Au cas où Jacques en serait vraiment l'auteur, elle aurait été écrite autour du début des années 60, juste avant la mort de Jacques, mais après les grandes épîtres de Paul qui traitent de la foi et des oeuvres, et qui datent de 57. Dans le cas contraire, on la situerait, soit avant 66, puisqu'elle ne parle guère du Temple qui sera détruit en 70, soit carrément après la ruine du Temple et de la ville de Jérusalem. Notre page, après l'adresse du verset 1, traite du début de la première partie de cette Lettre : béatitude de la tentation et de la mise à l'épreuve. |
| Jacques, qui se présente comme serviteur du Seigneur Jésus Christ, nous invite à croire sans hésitation, même si nous avons à traverser des épreuves, car, dans ce cas, la foi produit la persévérance qui se manifeste en une conduite parfaite : de ce point de vue, les épreuves sont considérées ici comme une chance pour le croyant, et donc comme une source de joie. Cependant, si nous manquons de quoi que ce soit, nous devons le demander à Dieu, qui nous prodigue largement ses dons, pourvu que nous nous tournions vers lui avec une foi sans détour ni hésitation. De même que pour Jacques, il y a une joie à être exposé à l'épreuve, ce doit être une fierté pour l'homme de basse condition de se trouver élevé, comme pour le riche de se découvrir abaissé et invité à mesurer le caractère transitoire, et donc la futilité, des biens de ce monde. |
| Notons que Jésus Christ et Dieu sont mis au même niveau par Jacques, au verset 1. Ce que fait également Paul dans la plupart de ses Lettres. Jacques précise qu'il s'adresse ici, soit aux chrétiens en général, considérés comme membres d'un peuple nomade, soit, ce qui semble plus probable, aux Judéo-Chrétiens vivant hors de la Palestine. Les versets 2 - 18 de ce chapitre 1 peuvent se ranger sous le titre : "Joie dans les tentations". En effet, les épreuves dont il est question aux versets 2 - 4 produisent l'endurance qui conduit à la plénitude eschatologique (voir 1 Corinthiens, 2, 6; Philippiens, 3, 15; Colossiens, 4, 12). Les versets 5 - 8 invitent à la prière pour acquérir la Sagesse, c'est-à-dire pour vivre le présent en marche vers l'accomplissement, ou la plénitude dont il vient d'être question. Jésus nous dit : "demandez, et vous recevrez...(Luc, 11, 9). Il en va ainsi pour que la sagesse nous soit donnée en temps d'épreuve. Notre prière de demande dans la foi ne doit comporter aucune dimension de doute : voir également à ce sujet l'enseignement direct de Jésus, en Matthieu 21, 21 - 22, et Marc, 11, 23 - 24. Le thème de l'abaissement des riches et de l'élévation des humbles est une des données importantes de l'Evangile de Luc (Luc, 1, 48 et 52 et 14, 11). Que les riches soient appelés à dsparaître comme les fleurs de champs est déjà une affirmation proverbiale de l'Ancien Testament (Isaïe, 40, 6 - 7; Psaume 103, 15),et qui se retrouve également dans le Nouveau Testament (Matthieu, 6, 30 et 13, 6, Luc, 12 , 28 et Marc, 4, 6. |
| Jacques nous renvoie ainsi aux paroles et comportements de Jésus lui-même, qui nous invite à avoir ce qu'il appelle une "foi à transporter les montagnes", et à ne jamais douter du salut de Dieu qu'il nous apporte. En ne cherchant jamais rien d'autre que de faire la volonté du Père (Jean, 5, 30), Jésus vivait ntérieurement cette foi-confiance qu'il attend de nous, sûr que le Père était avec lui, même quand tous l'abandonneraient (Jean, 16), et que son adhésion au Père dans l'unité totale lui donnait une force victorieuse de toute adversité quelle qu'elle soit : 12 1 Voilà donc pourquoi nous aussi, enveloppés que nous sommes d'une si grande nuée de témoins, nous devons rejeter tout fardeau et le péché qui nous assiège et courir avec constance l'épreuve qui nous est proposée, 12 2 fixant nos yeux sur le chef de notre foi, qui la mène à la perfection, Jésus, qui au lieu de la joie qui lui était proposée, endura une croix, dont il méprisa l'infamie, et qui est assis désormais à la droite du trône de Dieu. 12 3 Songez à celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle contradiction, afin de ne pas défaillir par lassitude de vos âmes. 12 4 Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang dans la lutte contre le péché. 1 Jean 5 5 5 Quel est le vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu? Matthieu 28 28 20 ... "Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde." |
| Seigneur Jésus, il nous arrive de rencontrer épreuves et difficultés sur notre chemin d'histoire, et tu nous assures que tu es toujours "avec nous" en ces moments, de la même façon que tu n'as jamais douté que le Père était toujours avec toi : fais que je sois toujours "un" avec toi, comme tu as vécu "un" sans cesse avec le Père, et que je trouve, en toi qui m'accompagnes, cette force de la foi qui agit toujours par l'amour, et témoigne de la vérité et de la miséricorde de Dieu. AMEN. |