Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
2 Juillet 2012
| Mt 8:23- Puis il monta dans la barque, suivi de ses disciples. Mt 8:24- Et voici qu'une grande agitation se fit dans la mer, au point que la barque était couverte par les vagues. Lui cependant dormait. Mt 8:25- S'étant approchés, ils le réveillèrent en disant : " Au secours, Seigneur, nous périssons ! " Mt 8:26- Il leur dit : " Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? " Alors, s'étant levé, il menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. Mt 8:27- Saisis d'étonnement, les hommes se dirent alors : " Quel est celui-ci, que même les vents et la mer lui obéissent ? " |
| Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l'Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu'il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90. A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s'il a été composé pour des chrétiens d'origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d'origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu'il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s'est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu'à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23). Néanmoins, même s'il a été d'abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : "allez, de toutes les nations, faites des disciples" (28, 18). On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l'avant-dernière, etc...), concentrées autour de la 6ème partie, le "Discours en paraboles", qui sert en quelque sorte de "pivot". Nous obtenons ainsi le découpage suivant : - Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4) - Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7) - Manifestations de l'autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9) - Discours sur la mission (10) - Jésus rejeté par "cette génération" (11 - 12 ) - Discours en paraboles (13) - Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17) - Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18) - De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22) - Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24) - Passion, mort et résurrection (26 - 28) Avec notre page se poursuit une 3ème partie de cet Evangile. Après le défi qu'il a lancé en paroles tout au long de son premier discours, nous découvrons le défi semblable que Jésus lance maintenant par ses actions de miséricorde, accomplies surtout en faveur de personnes défavorisées, ou marginalisées par la société. Ces gestes, souvent spectaculaires, se trouvent regroupés en 3 triades de 3 miracles chacune, qui se déploient tout au long de cette partie de l'Evangile : en 8, 1 - 17; 8, 23 - 9, 8 et 9, 18 - 34. Mais Jèsus, pour autant, ne cesse pas de répondre, en paroles et en actes appropriés, aux événements qu'il rencontre. Nous assistons, en cette page, au premier miracle de la deuxième des trois séries. |
| Ce signe accompli par Jésus est porteur de nombreuses significations pour les disciples de tous les temps de l'Eglise. Jésus a pris la décison de passer de l'autre côté du lac, et il est monté le premier dans la barque. Les disciples de tous les temps doivent, comme les tout premiers appelés, suivre Jésus dans sa propre mission, en mettant en lui toute leur foi. Comme dans tout miracle, une action puissante de Jésus vient à bout d'un obstacle à surmonter, et le résultat bien confirmé nous en est attesté. Dans ce cas précis, c'est par sa seule parole que Jésus effectue, à la façon d'un exorcisme, cet apaisement de la mer démontée ainsi que du vent qui la soulève. Ce récit de la tempête apaisée constitue un exemple remarquablement chargé de sens sur les dangers et la gloire de la condition de disciple. La mer et la tempête sont les symboles du monde et de toutes ses difficultés (voir Psaumes 65, 5 et 69, 1 - 2), et le bateau représente l'Eglise dans les commentaires de nombreux Pères de l'Eglise. Se dégage ainsi un message central de cette page : être disciple requiert que l'on ait foi en Jésus au moment de l'épreuve. De plus, si les témoins de ce signe se posent la question de l'identité de Jésus, le miracle est déjà, de lui-même, porteur d'un message sur Jésus : il est un plus grand prophète que Jonas (comparer le verset 24 avec Jonas, 1, 4). En effet, à la différence de Jonas, Jésus ne prie pas Dieu mais s'adresse directement aux éléments déchaînés et calme ainsi les forces du mal qui menacent l'ordre créé. Il exerce le pouvoir de Dieu lui-même (psaume 65, 7 et Isaïe, 51, 9 - 10) |
| Si le récit du miracle lui-même, en son déroulement, est le même en Matthieu qu'en Marc, 4, 31 - 41, la manière dont Matthieu nous le relate est remplie d'insistances particulières, parmi lesquelles, en plus de la différence quant à sa sobriété des détails rapportés, nous pouvons noter ceux-ci : - alors que dans le récit de Marc, Jésus reproche aux disciples de manquer totalement de foi, Jésus leur reproche ici leur foi insuffisante : "hommes de peu de foi". - Si Jésus, comme dans le récit de Marc, pratique une sorte d'exorcisme sur la mer, Matthieu ne nous rapporte pas les paroles prononcées alors par Jésus et nous présente les choses comme étant vues de loin ou de l'extérieur (comme également dans la description du verset 24). - si par cette action, Jésus contribue, comme en Marc, à faire poser une question de fond sur son identité profonde, Matthieu précise que ce sont les "hommes" qui s'interrogent, et ne parle plus des disciples présents avec Jésus dans la barque, visant ainsi les croyants éventuels de tous les temps, en plus de ceux de la communauté à laquelle il envoie son Evangile. |
| On peut se demander si les versets suivants des psaumes 107 et 104 n'ont pas influencé la compositon de ce récit. Ils peuvent toutefois nous aider à le méditer enle relisant : Ps 107:24- ceux-là ont vu les œuvres de Yahvé, ses merveilles parmi les abîmes. Ps 107:25- Il dit et fit lever un vent de bourrasque qui souleva les flots; Ps 107:26- montant aux cieux, descendant aux gouffres, sous le mal leur âme fondait; Ps 107:27- tournoyant, titubant comme un ivrogne, leur sagesse était toute engloutie. Ps 107:28- Et ils criaient vers Yahvé dans la détresse, de leur angoisse il les a délivrés. Ps 107:29- Il ramena la bourrasque au silence et les flots se turent. Ps 107:30- Ils se réjouirent de les voir s'apaiser, il les mena jusqu'au port de leur désir. Ps 107:31- Qu'ils rendent grâce à Yahvé de son amour, de ses merveilles pour les fils d'Adam! Ps 107:32- Qu'ils l'exaltent dans l'assemblée du peuple, au conseil des anciens qu'ils le louent ! Ps 104:5- Tu poses la terre sur ses bases, inébranlable pour les siècles des siècles. Ps 104:6- De l'abîme tu la couvres comme d'un vêtement, sur les montagnes se tenaient les eaux. Ps 104:7- A ta menace, elles prennent la fuite, à la voix de ton tonnerre, elles s'échappent; Ps 104:8- elles sautent les montagnes, elles descendent les vallées vers le lieu que tu leur as assigné; Ps 104:9- tu mets une limite à ne pas franchir, qu'elles ne reviennent couvrir la terre. 2Co 11:24- Cinq fois j'ai reçu des Juifs les trente-neuf coups de fouet ; 2Co 11:25- trois fois j'ai été battu de verges ; une fois lapidé ; trois fois j'ai fait naufrage. Il m'est arrivé de passer un jour et une nuit dans l'abîme ! 2Co 11:26- Voyages sans nombre, dangers des rivières, dangers des brigands, dangers de mes compatriotes, dangers des païens, dangers de la ville, dangers du désert, dangers de la mer, dangers des faux frères ! 2Co 11:27- Labeur et fatigue, veilles fréquentes, faim et soif, jeûnes répétés, froid et nudité ! 2Co 11:28- Et sans parler du reste, mon obsession quotidienne, le souci de toutes les Églises ! 2Co 11:29- Qui est faible, que je ne sois faible ? Qui vient à tomber, qu'un feu ne me brûle ? 2Co 11:30- S'il faut se glorifier, c'est de mes faiblesses que je me glorifierai. |
| Seigneur Jésus, de la même façon que tu n'as jamais douté de la présence du Père à tes côtés, au moment où tous les tiens te laissaient seul en ta passion et ta mort, tu nous demandes de croire en ta parole, nous assurant que tu es toujours avec nous, allant jusqu'à inscrire en nous les mots du témoignage que nous devons te rendre devant ceux qui nous persécutent ou nous causent des difficultés : approfondis ma confiance en toi, afin que je te reconnaisse en toutes circonstances comme celui qui est pour moi "le chemin, la vérité, la vie et la lumière du monde". AMEN. |