Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
19 Juillet 2010
| Mt 12:46- Comme il parlait encore aux foules, voici que sa mère et ses frères se tenaient dehors, cherchant à lui parler. [ Mt 12:47- ]. Mt 12:48- A celui qui l'en informait Jésus répondit : " Qui est ma mère et qui sont mes frères ? " Mt 12:49- Et tendant sa main vers ses disciples, il dit : " Voici ma mère et mes frères. Mt 12:50- Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là m'est un frère et une sœur et une mère. " |
| Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l'Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu'il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90. A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s'il a été composé pour des chrétiens d'origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d'origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu'il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s'est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu'à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23). Néanmoins, même s'il a été d'abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : "allez, de toutes les nations, faites des disciples" (28, 18). On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l'avant-dernière, etc...), concentrées autour de la 6ème partie, le "Discours en paraboles", qui sert en quelque sorte de "pivot". Nous obtenons ainsi le découpage suivant : - Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4) - Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7) - Manifestations de l'autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9) - Discours sur la mission (10) - Jésus rejeté par "cette génération" (11 - 12 ) - Discours en paraboles (13) - Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17) - Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18) - De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22) - Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24) - Passion, mort et résurrection (26 - 28) Dernier incident de cette série d'événements qui ont lieu pour Jésus entre ses 2ème et 3ème grands discours, compte tenu de la façon selon laquelle tout cela nous est rapporté dans l'Evangile de Matthieu (Matthieu, 11, 1 - 12, 50). Comme nous avons pu le constater à mesure que se déroulent ces événements, Jésus se perçoit de plus en plus rejeté par ses contemporains, "ceux de cette génération" : il a pu regretter l'incroyance des bourgades du Lac de Galilée, il s'est, à diverses reprises, affronté à des Pharisiens à propos de l'observance du sabbat, on vient tout récemment de l'accuser d'être l'agent de Béelzéboul, le Prince des démons, au nom duquel il chasserait les démons, enfin, pressé de démontrer son caractère de Messie par un signe, il a évoqué, pour toute réponse, le signe de Jonas (Matthieu, 11, 1 - 12, 45). Cela précisé, il n'en continue pas moins d'annoncer aux foules la Bonne Nouvelle du Royaume, et c'est dans l'un de ces moments que les membres de sa famille le rejoignent et cherchent à le rencontrer. |
| A une remarque qu'on lui fait, concernant sa famille qui l'attend et voudrait le voir, Jésus répond que sa famille est constituée des disciples qui l'entourent. Sans renier les liens naturels de la famille humaine, Jésus insiste sur la priorité d'une "autre" famille, dans laquelle les croyants entrent "volontairement", et qui est faite de tous ceux qui, comme lui, Jésus, cherchent à accomplir la volonté du Père. L'on peut donc conclure que c'est la communauté des croyants qui est la vraie famille de Jésus. |
| C'est dire que Dieu est la source d'un lien spécifique entre tous ceux qui se rattachent à lui en accomplissant sa volonté : on peut même dire qu'il est lui-même "ce" lien unissant tous ceux qui le reconnaissent comme Père. Vers la fin de son 1er discours sur la charte du Royaume (7, 21), Jésus avait déjà défini le véritable disciple, non pas comme celui qui se contente de dire "Seigneur, *Seigneur", mais comme celui qui fait la volonté du Père. A noter que le verset 47 ne figure pas dans tous les manuscrits. Dans la Bible, le mot "frère" peut désigner soit les fils de la même mère, soit les proches parents. La tradition catholique, qui tient que Marie n'a pas eu d'autre enfant que Jésus, selon sa virginité perpétuelle, interprète donc l'expression "les frères de Jésus", dans le sens de "cousins" ou "proches" de Jésus. Les traditions protestantes, qui admettent que Marie aurait pu avoir plusieurs enfants, n'hésitent pas à donner à cette expression "les frères de Jésus" une explication plus littérale, et plus conforme au sens du mot grec employé. On a remarqué la solennité du geste de Jésus sur ses disciples au verset 49 : certains prétendent qu'il ressemble à un geste "d'ordination". La réponse de Jésus dans notre texte implique une définition du vrai disciple : il est celui qui obéit à Dieu et agit selon la foi |
| C'est en raison de notre relation à Dieu notre "Père" que l'on devient frères et proches de Jésus. Nous sommes d'après la résurrection : par l'Esprit Saint du Ressuscité, nous sommes devenus "fils" comme Jésus et "cohéritiers" avec lui. C'est donc, à partir du Père, par Jésus et dans l'Esprit, que nous sommes vraiment, dans la communauté des croyants, frères et soeurs les uns des autres (Galates, 4, 4 - 7). D'où la grande souffrance de constater des communautés, des Eglises, de disciples de Jésus divisés : division qui doit nous atteindre au plus profond car Dieu est vraiment l'unité de ceux qui suivent Jésus (Jean, 17, 21 - 23). |
| Seigneur Jésus, tu nous appelles toutes et tous à ne faire qu'un avec toi, et, par toi, à devenir "uns"avec le Père et tous nos frères et soeurs dans la foi et la charité qui sont autant d'aspects du don que Dieu nous fait, dans la présence agissante en nous de ton Esprit Saint, qui est l'Esprit du Père, et cette grâce doit transfigurer et donner un sens nouveau et plus profond à toutes nos relations humaines les plus proches et les plus chères, que nous devons désormais considérer comme "saisies" en toi, et comme une dimension particulière de notre attachement à toi, et de l'ouverture universelle que cela suppose, à tous ceux qui, comme nous, essayent de vivre selon la volonté du Père : apprends-moi à transformer la qualité de toutes mes relations humaines, en les regardant et en les vivant, non plus à partir de moi, mais à partir de toi et donc de Dieu, qui seul en est l'authentique source, en tant que créateur, donneur de vrai sens, et nous faisant entrer dans la création nouvelle où toutes et tous nous devenons vraiment, d'une façon nouvelle et au-delà de tout, ses enfants bien-aimés. AMEN. |