Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
8 Décembre 2009
| Mt 18:12- " A votre avis, si un homme possède cent brebis et qu'une d'elles vienne à s'égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes pour s'en aller à la recherche de l'égarée ? Mt 18:13- Et s'il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d'elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. Mt 18:14- Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu'un seul de ces petits se perde. |
| A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s'il a été composé pour des chrétiens d'origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d'origine païenne, ou encore pour les deux. Néanmoins, même s'il a été d'abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : "allez, de toutes les nations, faites des disciples" (28, 18). On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l'avant-dernière, etc...), concentrées autour de la 6ème partie, le "Discours en paraboles", qui sert en quelque sorte de "pivot". Nous obtenons ainsi le découpage suivant : - Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7) - Manifestations de l'autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9) - Discours sur la mission (10) - Jésus rejeté par "cette génération" (11 - 12 ) - Discours en paraboles (13) - Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17) - Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18) - De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22) - Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24) - Passion, mort et résurrection (26 - 28) Cette parabole de Jésus dans l'Evangile de Matthieu fait partie du Discours communautaire (18, 1 - 35), quatrième grand discours que Matthieu fait prononcer à Jésus. Par ces discours (Sermon sur la montagne : 4, 23 - 7, 27, Discours sur la mission : 10, 1 - 42, Discours en paraboles : 13, 1 - 52, et Discours sur la fin de temps : 23, 1 - 25, 46, en plus du nôtre), l'Evangéliste regroupe et organise un grand nombre des paroles de Jésus, et rythme son Evangile qui se déroule en une série de récits encadrant ces discours, et encadrés par eux. Ce 4ème discours traite des relations communautaires entre les disciples de Jésus, durant le temps, principalement, qui sépare la mission de Jésus de la fin ultime de l'histoire de l'humanité. Après avoir montré que le plus grand dans la communauté est, en fait, celui qui se fait "petit" comme un enfant (18, 1 - 5), que ceux qui scandalisent les "petits" qui croient en lui méritent les pires châtiments (18, 6 - 9), Jésus prononce notre parabole de la brebis égarée, qui commence au verset 10, par une invitation à ne mépriser aucun de ces petits dans les communautés, car ils sont dignes des plus grand égards. A noter que le verset 11 manque dans de nombreux manuscrits. |
| Nous pouvons lire la même parabole dans l'Evangile de Luc (Luc, 15, 1 - 7), associée à la parabole de la drachme perdue et à la parabole du Père et de ses deux fils, dont l'un est "l'enfant prodigue". Chez Luc, cette parabole répond à la question : comment Jésus peut-il fréquenter les pécheurs publics ? Jésus y fait valoir qu'il est venu chercher et sauver les hommes "perdus". Pour Matthieu, il s'agit de se soucier des membres de la communauté qui pourraient s'égarer ou qui s'égarent vraiment. A la différence du texte de Luc, ici, la brebis s'est "égarée", elle n'est pas "perdue". Il est donc prioritaire pour la communauté que tous les risques soient pris pour la retrouver, même si cette brebis, ce membre de la communauté, était plus ou moins porté(e) à l'aventure. Ce qu'il faut à tout prix éviter, c'est que cette brebis, qui s'est ainsi égarée, en arrive finalement à être perdue, faute d'avoir tout mis en oeuvre pour la rechercher efficacement. Cette attitude de prise en charge risquée et prioritaire de l'égaré(e) correspond à la volonté du Père. D'autre part, retrouver la brebis égarée est si important que c'est source d'une grande joie. |
| Laisser 99 brebis pour aller à la recherche de la seule qui manque, ressemble fort à un manque de "prudence pastorale". Certains commentateurs ont tenté de diminuer la portée du risque pris, en faisant appel à la pratique réelle des troupeaux : les 99 brebis laissées là doivent avoir des chiens autour d'elles pour les surveiller, et souvent il y a, dans le voisinage, d'autres troupeaux, et d'autres bergers, sans compter sur le "sens grégaire" de la plupart des troupeaux, qui les pousse à rester ensemble. Ce n'est pas de cela qu'il s'agit ici dans cette parabole, qui n'est pas une analyse de situation, mais une histoire dont le but est de faire ressortir un point important, qui ici se situe justement dans ce "risque" pris pour retrouver le moindre membre du troupeau qui s'égare. |
| En nous envoyant Jésus comme Sauveur, Dieu prend tous les risques d'une certaine façon, autant pour sauver les "perdus" que les "égarés". Quelques textes peuvent alimenter notre méditation : 49 L'un d'eux, Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-Ià, leur dit : Vous n'y entendez rien; 50 vous ne réfléchissez pas qu'il est dans votre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. 51 Or, il ne dit pas cela de lui-même; mais étant souverain sacrificateur cette année-Ià, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation. 52 Et ce n'était pas pour la nation seulement; c'était aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés. Jean 10 16 J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie; celles-là, il faut que je les amène; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger. Jean 12 32 Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi. 1 Jean 4 10 Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu'il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés. Romains 5 6 Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies. 7 A peine mourrait-on pour un juste; quelqu'un peut-être mourrait-il pour un homme de bien. 8 Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. 9 A plus forte raison donc, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère. 10 Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie. Romains 8 31 Que dirons-nous donc à l'égard de ces choses? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? 32 Lui, qui n'a point épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui? |
| Seigneur Jésus, en t'envoyant nous rejoindre pour effectuer notre "sauvetage", le Père a pris, avec toi, tous les risques, et, toi-même les as assumés dans une démarche constante de vérité et de miséricorde, qui t'a conduit à dire OUI jusqu'à en être condamné à mourir sur une croix : ouvre mon coeur à ce don magnanime et sans limites de la miséricorde de Dieu, qui vraiment a tout fait pour nous, ainsi que de ta présence à nos côtés, dans la force de ton Esprit Saint, qu'il m'appartient de laisser gouverner et conduire toute mon existence pour ta gloire et celle du Père. AMEN. |