Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
12 Avril 2010
| Jn 3:7- Ne t'étonne pas, si je t'ai dit : Il vous fait naître d'en haut. Jn 3:8- Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit. " Jn 3:9- Nicodème lui répondit : " Comment cela peut-il se faire ? " Jn 3:10- Jésus lui répondit : " Tu es Maître en Israël, et ces choses-là, tu ne les saisis pas ? Jn 3:11- En vérité, en vérité, je te le dis, nous parlons de ce que nous savons et nous attestons ce que nous avons vu ; mais vous n'accueillez pas notre témoignage. Jn 3:12- Si vous ne croyez pas quand je vous dis les choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous dirai les choses du ciel ? Jn 3:13- Nul n'est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. Jn 3:14- Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'homme, Jn 3:15- afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. |
| En effet, l'Evangile de Jean, entre un court Prologue (Jean, 1, 1 - 18), qui est la reprise d'une hymne primitive bien adaptée pour servir d'ouverture à la mission terrestre en Jésus du Verbe fait chair (la Parole de Dieu) , et un Epilogue (Jean, 21, 1 - 25), qui est un compte rendu d'apparition(s) du Christ ressuscité en Galilée, ajouté, semble-t-il, lors de la rédaction finale de l'Evangile, se divise en deux grandes parties : - LE LIVRE DES SIGNES, dans lequel , tout au long du ministère public de Jésus, nous assistons à la révélation qu'il nous donne de Dieu son Père par ses signes et ses paroles (Jean, 1, 19 - 12, 50), - LE LIVRE DE LA GLOIRE, long de huit chapitres (!), où Jésus, à ceux qui le reçoivent et l'accueillent, montre sa gloire en retournant au Père, à son "Heure", passage qui se réalise dans sa mort, sa résurrection, son ascension, et le don de son Esprit ( Jean, 13, 1 - 20, 31). Le Livre des signes, dans lequel se situe notre passage, est d'abord ainsi nommé parce qu'il se trouve ponctué par SEPT signes, tous IMPORTANTS de par leur sens, accomplis par Jésus du début à la fin de son ministère : - le changement de l'eau en vin à Cana (2, 1 - 11), - la guérison du fils d'un intendant royal à Cana (4, 46 - 54), - la guérison d'un infirme à la piscine de Bethesda (5, 1 - 11), - la multiplication des pains en Galilée (6, 1 - 15), - la marche sur la Mer de Galilée (6, 16 - 21), - la guérison d'un aveugle-né à Jérusalem (9), - la réanimation de Lazare, mort et mis au tombeau à Béthanie (11). - 2°) Du premier signe de Cana (eau changée en vin) au deuxième signe de Cana (guérison du fils d'un intendant royal) (2 - 4), ce deuxième signe servant également de transition avec la 3ème partie (4, 46 - 54), - 3°) Jésus et les principales fêtes juives (5 - 10), - 4°) Jésus vit l'approche de son "Heure", Heure de sa mort et de sa gloire (11, 1 - 12, 36), - 5°) Conclusion du Livre des signes sur le ministère de Jésus et résumé de sa prédication (12, 37 - 50). Notre page se situe dans la toute 2ème partie de ce livre des signes, qui commence et se termine par un "signe" réalisé par Jésus à Cana de Galilée. Après avoir changé l'eau en vin à Cana à la requête de sa Mère, Jésus est monté à Jérusalem pour la fête Juive de la Pâque, il y a fait scandale en chassant du Temple les marchands et les changeurs qui y faisaient du commerce, ce qui l'a conduit à donner son message sur l'avenir du Temple, et c'est peu après cela qu'un Pharisien du nom de Nicodème vient le rencontrer de nuit. Notre page nous relate le cours de cette rencontre, qui sera suivie d'un parcours en Judée, puis de la remontée de Jésus vers la Galilée en traversant la Samarie, où il aura un long et important entretien avec une femme de ce pays en un lieu appelé "le puits de Jacob". Les manières de diviser cette rencontre de Jésus avec Nicodème varient selon les commentateurs : certains arrêtent cet entretien au verset 15, d'autres le prolongent jusqu'au verset 21, d'autres encore le situent dans un ensemble qui va de 3,1 à 3, 36 et qu'ils répartissent alors en 3 ou quatre parties, soit le dialogue de Jésus avec Nicodème (3, 1- 15 ou 3, 1- 21, les versets 16 - 21 étant considérés dans la première hypothèse comme un commentaire de l'Evangéliste distinct du dialogue), suivi d'un rappel de la mission de Jean Baptiste (3, 22 - 30), et d'un dernier commentaire, en forme de résumé, sur la mission de Jésus et son caractère unique d'envoyé ultime de Dieu (3, 31 - 36). |
| Il semble que ce message ne peut vraiment se comprendre qu'à la lecture de la totalité de la rencontre, dont la logique du déroulement implique qu'il faille choisir de la faire durer jusqu'au verset 21. Comme cette rencontre est lue en trois temps, correspondant à trois jours successifs de notre liturgie catholique Romaine, les commentaires partiels et successifs donnés ici doivent être considérés comme complémentaires les uns des autres. Après avoir surpris son interlocuteur par sa remarque initiale sur la nécessité de "renaître d'en Haut" pour voir le Royaume de Dieu, et avoir précisé qu'il s'agit là d'une naissance d'eau et d'Esprit, parce que ce qui est né de l'Esprit est esprit (3, 3 - 6), Jésus poursuit ses explications à ce docteur de la Loi qui se montre sympathisant et ouvert, semble-t-il. Pourquoi renaître d'en Haut ? Pour avoir la liberté de l'Esprit, qui, selon le mot hébreu "ruah", et le mot grec "pneuma", est identique au "vent", dont Jésus, reprenant un petit proverbe au verset 8, dit qu'il souffle où il veut. Lorsque Nicodème lui demande comment cela peut se faire, Jésus invoque son expérience et son témoignage : en tant que Fils de l'homme, il est descendu du ciel, et il doit être contemplé "élevé", remontant au ciel, pour que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle. |
| L'association de l'eau et de l'Esprit, au verset 5, sera reprise par Jésus lors de la Fête des Tentes, en Jean, 7, 38 - 39, quand il dira que c'est de lui que jaillit l'eau vive, faisant ainsi allusion à l'Esprit qui serait communiqué après sa mort et sa résurrection. Nous lisons dans ce texte la première des trois annonces que Jésus fait de sa passion dans l'Evangile de Jean, où chaque fois il dit que lui-même (ou le Fils de l'homme auquel il s'identifie) sera "élevé", signifiant par là, selon la théologie de cet Evangile, la première étape de son retour au Père en son exaltation de gloire, car il vient de Dieu et doit remonter vers Dieu, cette première étape de la crucifixion conduisant à la résurrection, et cette dernière à l'ascension. L'épisode du serpent d'airain élevé par Moïse selon le récit du Livre des Nombres, 21, 9 - 11, est repris ici, nous rappelant que, pour être sauvé, il faut se tourner vers le Fils de l'homme en son "Heure" de passage au Père, et le contempler comme signe de notre salut, à la façon dont les Juifs meurtris étaient invités à se tourner vers l'image de bronze qui leur rappelait leur péché, mais aussi le pardon de Dieu. Relire à ce propos l'interprétation du serpent d'airain, qui se trouve au Livre de la Sagesse, 16, 6 - 7. Jésus est le seul à pouvoir nous communiquer la connaissance du monde de Dieu : c'est ce qui nous avait déjà été indiqué dans le Prologue de l'Evangile (1, 18), et lors de sa rencontre avec Nathanaël en 1, 51. Aucun visionnaire n'a jamais eu une telle connaissance de Dieu, ni Enoch, ni Moïse, ni Elie, trois personnages de l'Ancien Testament dont la fin reste mystérieuse. |
| Par notre plongée, lors de notre baptême, dans le msytère de la mort-résurrection du Christ Jésus, nous sommes "renés" de l'eau et de l'Esprit (Romains, 6, 5 - 11). Nous avons revêtu le Christ et nous lui appartenons, comme tous les croyants, au delà de toute différence ou diversité, dont celle entre les hommes et les femmes (Galates, 3, 26 - 29). Nous sommes vraiment devenus "fils" de Dieu, conduits par l'Esprit qui effectue notre adoption et nous rend capables d'appeler Dieu notre "Père", en notre qualité de "cohéritiers du Christ" (Romains, 8, 14 - 17). Si nous sommes ainsi "nés de Dieu", c'est que nous accueillons sa "Parole faite chair" en Jésus le Christ, dont nous avons vu la gloire (Jean, 1, 12 - 14). Nous pouvons mesurer la richesse de ce thème quasi inépuisable. |
| Seigneur Jésus, nous qui te contemplons aujourd'hui dans le mystère de ta mort-résurrection, dans lequel nous avons été plongés lors de notre baptême, et que nous célébrons en recevant ton "OUI" au Père, que tu as vécu dans cet événement de ton "Heure", chaque fois que, dans le mystère eucharistique, nous rompons et partageons le pain devenu ton Corps livré, et la coupe devenue ton sang ou ta vie versée, nous croyons que nous vivons désormais de ta vie de Lumière, de Vérité et d'amour selon le don, que tu nous as fait, et que tu nous renouvelles sans cesse de ton Esprit Saint, qui est l'Esprit du Père : fais que cette puissance de vie nouvelle reçue ainsi de toi produise en moi tous les fruits de témoignage et de service de mes frères et soeurs que tu en en attends. AMEN. |