Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le blog de l'Abbé Benoît

Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.

Publicité

Mardi 32ème semaine ordinaire - Evangile

DE L'EVANGILE DE LUC :


Lc 17:7- " Qui d'entre vous, s'il a un serviteur qui laboure ou garde les bêtes, lui dira à son retour des champs : "Vite, viens te mettre à table" ?
Lc 17:8- Ne lui dira-t-il pas au contraire : "Prépare-moi de quoi dîner, ceins-toi pour me servir, jusqu'à ce que j'aie mangé et bu ; après quoi, tu mangeras et boiras à ton tour" ?
Lc 17:9- Sait-il gré à ce serviteur d'avoir fait ce qui lui a été prescrit ?
Lc 17:10- Ainsi de vous ; lorsque vous aurez fait tout ce qui vous a été prescrit, dites : Nous sommes des serviteurs inutiles ; nous avons fait ce que nous devions faire. "


POUR RUMINER LA PAROLE :

1. SITUATION.

Luc est l'auteur d'une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l'Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.

Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l'Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu'il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu'il s'adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.

Son Evangile se déroule en huit étapes :

- un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
- un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
- la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
- le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
- le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
- le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
- le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
- la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l'Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).


Jésus a terminé sa mission en Galilée, et, depuis Luc, 9, 51, il a pris avec ses dsiciples le chemin de Jérusalem. Cette montée vers la ville sainte, où il sera rapidement, après quelque temps, arrêté et condamné à la croix, constitue une partie très importante de l'Evangile, qui s'étale sur 10 chapitres, et durant laquelle Luc nous montre Jésus en train de former ses disciples, à mesure qu'il réagit à toutes les situations qu'il rencontre.

Alors qu'il continue sa montée vers Jérusalem, dont le récit constitue toute la partie centrale de l' Evangile de Luc (9, 51 - 19, 27), Jésus vient, au chapitre 16, de rappeler fortement la nécessité de partager ses richesses avec ceux qui sont dans le besoin, en illustrant ce thème par 2 histoires mettant en scène successivement un gérant malhonnête, mais habile, et un riche qui n'a pas su voir le pauvre Lazare qui gisait à sa porte (Luc, 16, 1 - 31).

Avec le passage de ce jour, nous vivons le dernier épisode de cette 2ème étape de la Montée de Jésus vers la Ville Sainte et donc de la 2ème série d'instructions qu'il donne, chemin faisant, à ses disciples (17, 1 - 10).

Jésus, qui a rencontré beaucoup d'oppositions et de critiques, en revient maintenant à rappeler à ceux qui le suivent les exigences d'un renouveau intérieur : - d'abord, ne pas être cause de scandale (17, 1 - 2), - ensuite, vivre constamment le pardon entre frères (17, 3 - 4), - enfin, et surtout, avoir une foi profonde en Dieu à qui rien n'est impossible dans l'ordre du salut des hommes, et qui sera toujours à leurs côtés face aux forces d'opposition et de destruction qu'ils pourront rencontrer.

L'exemple, caricatural et nettement exagéré, cité par Jésus, de l'arbre qui se déracine et va se planter dans la mer, veut leur montrer que, dans la foi, ils peuvent obtenir des résultas insoupçonnables.

Notre page vient exactement à ce point ajouter, avec grand à propos, que nous sommes néanmoins toujours dans le champ de la pure gratuité divine.


2. MESSAGE.

Vivre une existence renouvelée par le souci du frère que l'on ne veut pas scandaliser, et auquel l'on pardonne toujours, ainsi que par la foi en Dieu à qui l'on peut faire totalement confiance, ne signifie pas pour autant que nous méritions quoi que ce soit, ou que nous ayons quelque droit sur ce qui nous est proposé et donné tout-à-fait gratuitement.

Plus haut, dans l'Evangile de Luc ( 12, 35 - 37), Jésus avait déclaré "heureux" les serviteurs que le Maître à son retour trouverait en train de veiller, et précisé que le Maître prendrait alors la tenue de serviteur pour servir lui-même à table ceux qui sont à son service.

Cela n'empêche pas notre texte de bien situer les rôles respectifs à leur propre place : le serviteur demeure, quoi qu'il arrive, au service de son Maître. Le fait qu'il ait accompli sa tâche ne lui permet pas de faire valoir à Dieu, son Maître, qu'il est digne d'une récompense ou d'une faveur divine. Il n'en est rien, car, face au don de Dieu, nous ne sommes qu'insuffisants, indignes, bien que destinataires d'une miséricorde toujours imméritée et donc à recevoir comme un cadeau gratuit.

Saisis par l'appel de Dieu dans ce "cycle" de sa gratuité, nous lui obéissons et nous le servons gratuitement, sans revendiquer, sans rien en attendre qui nous serait dû. Nous sommes en effet dans le monde de la gratuité de Dieu, où Dieu lui-même se fait en Jésus serviteur de tous.

Sans la grâce gratuite de Dieu, sans son appel, sa force, sa présence, nous ne sommes, de nous-mêmes, que des serviteurs "quelconques", "inutiles", "bons à rien".


3. DECOUVERTES.

Se reconnaître "serviteur quelconque" ne veut pas dire qu'on n'a aucune valeur en soi, ou que nous sommes tout-à-fait incapables de fournir un travail ou une réalisation de qualité.

Cela signifie seulement que l'attitude d'obéissance que nous avons assumée face à Dieu ne peut réclamer de Dieu quoi que ce soit, car, dans l'ordre du salut, tout est grâce (Ephésiens, 2, 4 -10).


4. PROLONGEMENT.

Ces différentes paroles concernant les droits et devoirs des serviteurs ne sont pas, en réalité, contradictoires.

Nous devons tout recevoir avec un coeur de pauvre, qui n'attend et ne cherche que les désirs de son Maître, avec une totale disponibilité et une totale reconnaissance.

Moins nous nous estimons "dignes" et plus nous apprécions que Jésus se déclare être au milieu de nous comme "celui qui sert" (Luc, 22, 27), et aille jusqu'à nous dire qu'il ne nous considère plus comme des "serviteurs" mais comme "ses amis", parce qu'il nous fait connaître tout ce qu'il a entendu du Père (Jean, 15, 15).



Seigneur Jésus,
par ton enseignement sous ses formes les plus variées,
tu nous aides à découvrir à quel point
le mystère de la pure gratuité du don de Dieu qui nous est fait
par ta Parole et ton engagement d'obéissance qui nous sauve,
dépasse vraiment toute attente, tout désir, toute imagination :
pénètre-moi d'une immense action de grâce face à cette ampleur ineffable
de miséricorde, de lumière et de vérité qui nous vient du Père, par toi, dans l'Esprit Saint,
approfondis en moi la docilité confiante de la foi qui me fera porter du fruit en tous domaines,
selon la volonté du Père, dont je chercherai, de plus en plus,à faire ma seule nourriture spirituelle. AMEN.

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article