Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
9 Novembre 2009
| Sg 2:21- Ainsi raisonnent-ils, mais ils s'égarent, car leur malice les aveugle. Sg 2:22- Ils ignorent les secrets de Dieu, ils n'espèrent pas de rémunération pour la sainteté, ils ne croient pas à la récompense des âmes pures. Sg 2:23- Oui, Dieu a créé l'homme pour l'incorruptibilité, il en a fait une image de sa propre nature; Sg 2:24- c'est par l'envie du diable que la mort est entrée dans le monde ils en font l'expérience, ceux qui lui appartiennent! Sg 3:1- Les âmes des justes sont dans la main de Dieu. Et nul tourment ne les atteindra. Sg 3:2- Aux yeux des insensés ils ont paru mourir, leur départ a été tenu pour un malheur Sg 3:3- et leur voyage loin de nous pour un anéantissement, mais eux sont en paix. Sg 3:4- S'ils ont, aux yeux des hommes, subi des châtiments, leur espérance était pleine d'immortalité; Sg 3:5- pour une légère correction ils recevront de grands bienfaits. Dieu en effet les a mis à l'épreuve et il les a trouvés dignes de lui; Sg 3:6- comme l'or au creuset, il les a éprouvés, comme un parfait holocauste, il les a agréés. Sg 3:7- Au temps de leur visite, ils resplendiront, et comme des étincelles à travers le chaume ils courront. Sg 3:8- Ils jugeront les nations et domineront sur les peuples, et le Seigneur régnera sur eux à jamais. Sg 3:9- Ceux qui mettent en lui leur confiance comprendront la vérité et ceux qui sont fidèles demeureront auprès de lui dans l'amour, car la grâce et la miséricorde sont pour ses saints et sa visite est pour ses élus. |
| Ce Livre a été très probablement composé à Alexandrie, en Egypte, ville qui était alors le grand centre intellectuel et scientifique du Monde Méditerranéen, et l'un des plus grands centres des Juifs de la "Diaspora" (Dispersion). De l'auteur , nous pouvons tout au plus remarquer que c'était un Juif cultivé de langue grecque, probablement un intellectuel et un eneignant, donc très au fait de la culture,de la Rhétorique et de la Philosophie grecques. Il a écrit ce traité pour affermir la foi de ses frères Juifs d'Alexandrie, immergés dans le monde héllenistique. Il essaye de répondre à deux questions fondamentales d'actualité pour les croyants Juifs de son époque : Comment se situer en croyant Juif face à l'atmosphère intellectuelle du moment, marquée par la rencontre de nombreuses idées philosophiques et religieuses si différentes ? Comment se fait-il que des hommes athées, voire même méchants, soient apparemment prospères et heureux alors que tant de justes souffrent ? Ce Livre de la Sagesse se compose de 2 grandes parties : - la seconde rappelle quelle fut la fidélité de Dieu pour son peuple tout au long de l'Exode vécue au temps de Moïse (11, 2 - 19, 22). Notre page fait partie du premier thème développé dans la première partie du Livre : la Sagesse, considérée comme source d'immortalité. |
| Après avoir relaté tous les raisonnements des impies qui complotent contre le juste, dont ils ne supportent ni les démarcher ni lra conduite, et qu'ils décident de supprimer, notre passage, dans une première partie (2, 21 - 24), souligne l'erreur de ces impies. Ils ne tiennent aucun compte de Dieu, n'ont pas de comptes à lui rendre, car ils n'ont pas compris le véritable sens de la vie humaine (2, 21 - 22). Ce qui invite l'auteur à affirmer la vérité de la création : Dieu a créé l'homme pour l'incorruptibilité et à sa propre image, et c'est le "diable" qui a fait entrer dans le monde la mort spirituelle totale, ce qui donne une dimension de "terme" définitif à la mort physique. Pour les insensés et les impies, il n'y a pas de différence entre les apparences et la réalité, et, puisqu'ils se mettent ainsi du côté du "diable", leur mort physique sera leur mort définitive. Dans une seconde partie de notre page (3, 1 - 12), l'auteur se met à comparer le sort des Justes et celui de méchants. Puisqu'il a été créé pour l'incorruptibilité, le Juste est dans la main de Dieu, car la réalité de son existence est différente des apparences trompeuses (3, 1 - 9). S'il est vrai que le Juste a été éprouvé, cette souffrance ne dure qu'un temps et n'est qu'un passage avant son entrée dans la "vie". De plus, vue ainsi, l'épreuve est un "test", permis par Dieu, de la fidélité des croyants (3, 5 - 6). Cette vie en Dieu qui sera donnée aux Justes est "Lumière" et triomphe des ennemis, donc une participation à la victoire de Dieu, qui, en régnant sur eux, les associe, du même coup, à son règne sur les nations et sur les peuples (3, 7 - 8). Si l'on vit dans la confiance au Seigneur, l'on comprend la vérité du sens des choses, et l'on obtient le sort réservé aus "élus", qui est de jouir simultanément de la connaissance et de l'amour de Dieu (3, 9 ). Mais tout autre sera le sort de ceux qui ont choisi la mort définitive (3, 10 - 12). |
| Le plan de Dieu est de donner un juste salaire à ceux qui vivent dans la fidélité (2, 22). La mort définitive et spirituelle est entrée dans le monde par la jalousie du "diable", du "Satan", tentateur et accusateur pervers. L'auteur fait ici une relecture de Genése, 3. 3. 19. 22, ainsi que que de l'épisode de la mort d'Abel (Genèse, 4, 3 - 8). La souffrance des Justes sera récompensée par l'immortalité (3, 1 - 9) : voir Deutéronome, 32, 39 - 43; 33, 26 - 29; Isaïe 66, 10 - 14. L'espérance est le lien entre cette vie et la vie donnée par Dieu après la mort physique apparente (voir Psaume 16, 9 - 10). L'idée que la souffrance des martyrs et témoins de Dieu est un sacrifice est traditionnelle dans l'Ancien Testament (3, 5 - 6 et voir Job, 23, 10). Avec ce texte c'est la première fois qu'apparaît dans toute la Bible le terme d'immortalité, qui se trouve répété ensuite quatre autres fois dans ce Livre de la Sagesse. |
| Ce texte ne peut prendre tout son sens pour nous, chrétiens d'après la résurrection de Jésus et le don de l'Esprit, qu'avec deux correctifs importants. D'abord, selon Jésus, bien interprété par Paul (Romains, 3, 21 - 3; 4, 1 - 5 et 18 - 25; Ephésiens, 2, 4 -10), le salut de Dieu n'est pas une récompense accordée à ceux qui ont été fidèles par leur attitude d'obéissance manifestée à travers l'accomplissement de leurs bonnes oeuvres : le salut est don gratuit, pure grâce de Dieu en la mort résurrection du Christ, à ceux qui, par la foi, se remettent entre les mains de Dieu avec une confiance totale en sa Parole, c'est-à-dire comme Abraham qui a cru Dieu sur Parole en des circonstances apparemment les plus "bouchées". Ensuite, l'idée d'immortatlié de l'âme ou d'incorruptibilité est différente de celle de la résurrection des morts (qui n'est pas du tout dans la perspective de notre passage). L'affirmation de la résurrection n'est apparue que très tardivement dans l'Ancien Testament, quelque140 ans avant Jésus Christ, en Daniel, 12; 2 et 2 Maccabées, 7, 9 - 36 et 12, 43 - 44. Même si elle paraît se situer dans la ligne de l'attente des mystiques d'Israël (Psaume 16, 9 - 10 et Psaume 73, par exemple), l'idée d'immortalité telle que présentée dans notre texte est liée à la philosophie platonicienne qui définit l'âme immortelle comme la seule véritable dimension réelle de l'homme, théorie philosophique qui conduit quasi directement à l'hypothèse de la réincarnation des âmes. Si l'Eglise, au cours des siècles, a repris la distinction anthropologique âme-corps pour définir ce qu'est l'homme, en la corrigeant par la philosophie d'Aristote (faisant de l'âme la "forme" du corps), ainsi qu'en l'associant à la foi en la résurrection des corps, on se réfère plus volontiers de nos jours à la présentation biblique de l'homme, qui est défini comme étant à la fois (selon une présentation ici très simplifiée qui appellerait nuances, développements et variations selon les auteurs de la Bible) tout entier "corps" (c'est-à-dire sa dimension de communication et de visibilité), tout entier "chair" (marqué par la faiblesse et la mortalité), tout entier "esprit" (créé à l'image de Dieu et "insufflé" par l'Esprit de Dieu). On peut alors relire dans ce contexte les grands textes du Nouveau Testament sur la résurrection (Jean, 11, 25 - 27; 1 Corinthiens, 15 et Colossiens, 3, 1 - 4, pour n'en citer que quelques uns, auxquels on pourrait ajouter les récits évangéliques du matin et du jour de Pâques dans les quatre Evangiles et les premiers grands discours de Pierre et Paul dans les Actes des Apôtres). |
| Seigneur Jésus, tu es venu pour que nous ayons la vie et la vie en abondance, cette vie que tu es toi-même et qui est la vie de Dieu que tu nous communiques en ta mort-résurrection et dans le don de l'Esprit qui te rend présent en nous et au milieu de nous jusqu'à la fin des temps : ouvre-moi à ce don sublime de Dieu qui, par toi, en toi, déjà se donne et se partage jusqu'à devenir au Jour suprême de son achèvement en nous : "Dieu tout en tous". AMEN. |