Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
24 Février 2010
| Lc 11:29- Comme les foules se pressaient en masse, il se mit à dire : " Cette génération est une génération mauvaise ; elle demande un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas. Lc 11:30- Car, tout comme Jonas devint un signe pour les Ninivites, de même le Fils de l'homme en sera un pour cette génération. Lc 11:31- La reine du Midi se lèvera lors du Jugement avec les hommes de cette génération et elle les condamnera, car elle vint des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici plus que Salomon ! Lc 11:32- Les hommes de Ninive se dresseront lors du Jugement avec cette génération et ils la condamneront, car ils se repentirent à la proclamation de Jonas, et il y a ici plus que Jonas ! |
| Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l'Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu'il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu'il s'adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus. Son Evangile se déroule en huit étapes : - un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5). - un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52). - la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13). - le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50). - le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27). - le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38). - le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a). - la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l'Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53). Cependant Jésus ne se contente pas d'entraîner les siens à le suivre par des instructions orales ou des remarques qu'il leur propose en relation avec les divers événements qui jalonnent leur montée commune vers Jérusalem. Les réponses que lui-même apporte à ceux qu'il rencontre sur sa route, soit en actes de miséricorde à l'égard de ceux qui s'adressent à lui dans leur maladie et qu'il guérit, soit dans la manière dont il réagit à l'égard de ceux qui l'interrogent ou le contestent, sont autant d'éléments importants pour la croissance de ses disciples, et la nôtre. |
| L'épisode des versets 14 - 36 du chapitre 11, dont est extraite notre page, répond à la question suivante : d'où vient le pouvoir de Jésus ? Alors qu'il vient de chasser un démon (11, 14), certains prétendent qu'il agit ainsi par la puissance de Béelzéboul, le prince des démons (11, 15), tandis que d'autres semblent attendre davantage de lui, et lui demandent de prouver sa puissance par un signe prestigieux "dans le ciel" (11, 16). Après avoir répondu à la première catégorie de contestataires, en montrant par une petite parabole qu'il est bien le plus fort face à tous les démons (11, 17 - 22), et rappelé à ses disciples le choix radical qu'ils doivent faire pour lui, choix qui doit les conduire à écouter et garder sa parole, à l'exemple de Marie, sa Mère, qu'une femme proclame "heureuse" devant lui (11, 23 - 28), Jésus s'en prend, dans notre texte précisément, à la deuxième catégorie d'objecteurs, ceux qui lui demandent un "signe". Lorsque Jésus, dans l'Evangile de Luc, fait allusion au "signe" de Jonas, ce n'est pas pour évoquer le séjour de ce prophète dans le ventre du poisson, comme le fait Matthieu, 12, 38 - 42, mais pour rappeler la façon selon laquelle Jonas a annoncé la Parole de Dieu avec puissance aux gens de Ninive, Parole de Dieu dont Jésus vient justement de nous avertir qu'elle doit être écoutée et gardée. Jésus associe ici la démarche de la Reine de Saba, qui a entrepris un très long voyage pour aller écouter Salomon à Jérusalem (1 Rois, 10), avec la réponse immédiate des Ninivites, qui, comme un seul homme, prennent en compte la prédication de Jonas, et se convertissent aussitôt, suite au message qu'ils ont entendu de la bouche de ce prophète. Et dans la mesure où Jésus se déclare, lui, l'envoyé ultime de Dieu qui vient tout accomplir, plus important dans le projet de Dieu que Jonas et Salomon, il attend de ceux qui le rencontrent ou le suivent, une réaction de confiance et de foi en sa Parole et en ses gestes de salut. |
| La puissance de la Parole de Dieu annoncée par Jonas a été démontrée par la conversion en masse des Ninivites en réponse à sa prédication. A plus forte raison, si Jésus, en tant qu'unique porte-parole de Dieu "en ces temps qui sont les derniers" (Hébreux, 1,1 - 4), est bien plus que Jonas, les disciples doivent-ils imiter l'attitude généreuse et obéissante de ces païens de Ninive, dans l'accueil de la Parole qui leur vient de Dieu. De même, si Jésus fait allusion à l'épisode de la Reine de Saba toute à l'écoute de la Sagesse de Salomon (1 Rois, 10), c'est également pour souligner que sa propre Sagesse est bien supérieure à celle de celui que l'on considérait comme le type du "Sage" en Israël, et doit, de ce fait, être recherchée et écoutée avec toute notre attention. En définitive, à travers toute cette argumentation, Jésus nous affirme qu'il est, lui, le véritable "signe" de Dieu, dans le ciel et sur la terre, pour cette génération qu'il qualifie de "mauvaise", et qui le conteste, comme pour toutes les générations à venir, vu qu'il se désigne ici, une fois de plus, comme le "Fils de l'homme" de la fin des temps, selon la grande prophétie de Daniel 7. En conséquence, il ne saurait y avoir d'autre "signe de salut" que Jésus lui-même, en sa Parole, comme en toutes les manifestations gratuites de libération et de miséricorde, que nous livrent ses gestes et tout son engagement au service de la cause de Dieu. Telle est bien la raison pour laquelle Jésus n'a jamais accepté de produire un "signe", quel qu'il soit, sur demande. |
| Voici la réponse qui nous est proposée : Ecouter et garder sa Parole, la mettre en pratique, nous laisser instruire et conduire par lui sur le chemin unique du Royaume de Dieu, qu'il est lui-même personnellement (Jean, 14, 6), en toutes ses démarches révélant qu'il est "Dieu-avec-nous", nous laisser transformer intérieurement, c'est-à-dire "être sauvé", "être converti", par la puissance de salut qu'il a annoncée, manifestée en tous ses gestes, accomplie définitivement "une fois pour toutes" en sa mort-résurrection, et qu'il nous a communiquée dans l'Esprit Saint. Quelle exigence et quel programme ! Mais c'est toujours "avec-lui", qui "est-avec-nous", que nous le réalisons, car "hors de lui, nous ne pouvons rien faire " (Jean, 15, 5). En effet, n'est-il pas "avec nous jusqu'à la consommation des siècles" (Matthieu, 28, 20) ? |
| Seigneur Jésus, si nous te prêchons comme Messie crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, c'est que nous croyons vraiment que, pour nous, et pour tous ceux que tu appelles à te suivre dans la foi, tu es Christ, Puissance de Dieu et Sagesse de Dieu, Parole de Dieu faite chair, et Miséricorde de Dieu se manifestant avec toute son efficacité dans la vie de tous ceux qui se laissent approcher et interpeller par toi : donne-moi la grâce d'être fidèle dans l'expression aujourd'hui de ton image, que tu me demandes de présenter au monde de ce temps, comme tu le demandes à tous ceux qui acceptent de vivre à partir de toi, le regard fixé sur toi, et l'oreille attentive à ta Parole de Vérité et de Vie. AMEN. |