Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
16 Novembre 2010
DE L'EVANGILE DE LUC :
Lc 19:11- Comme les gens écoutaient cela, il dit encore une parabole, parce qu'il était près de Jérusalem, et qu'on pensait que le Royaume de Dieu allait apparaître à l'instant même.
Lc 19:12- Il dit donc : " Un homme de haute naissance se rendit dans un pays lointain pour recevoir la dignité royale et revenir ensuite.
Lc 19:13- Appelant dix de ses serviteurs, il leur remit dix mines et leur dit : "Faites-les valoir jusqu'à ce que je vienne. "
Lc 19:14- Mais ses concitoyens le haïssaient et ils dépêchèrent à sa suite une ambassade chargée de dire : "Nous ne voulons pas que celui-là règne sur nous. "
Lc 19:15- " Et il advint qu'une fois de retour, après avoir reçu la dignité royale, il fit appeler ces serviteurs auxquels il avait remis l'argent, pour savoir ce que chacun lui avait fait produire.
Lc 19:16- Le premier se présenta et dit : "Seigneur, ta mine a rapporté dix mines. " -
Lc 19:17- "C'est bien, bon serviteur, lui dit-il ; puisque tu t'es montré fidèle en très peu de chose, reçois autorité sur dix villes. "
Lc 19:18- Le second vint et dit : "Ta mine, Seigneur, a produit cinq mines. "
Lc 19:19- A celui-là encore il dit : "Toi aussi, sois à la tête de cinq villes. "
Lc 19:20- L'autre aussi vint et dit : "Seigneur, voici ta mine, que je gardais déposée dans un linge.
Lc 19:21- Car j'avais peur de toi, qui es un homme sévère, qui prends ce que tu n'as pas mis en dépôt et moissonnes ce que tu n'as pas semé. " -
Lc 19:22- "Je te juge, lui dit-il, sur tes propres paroles, mauvais serviteur. Tu savais que je suis un homme sévère, prenant ce que je n'ai pas mis en dépôt et moissonnant ce que je n'ai pas semé.
Lc 19:23- Pourquoi donc n'as-tu pas confié mon argent à la banque ? A mon retour, je l'aurais retiré avec un intérêt. "
Lc 19:24- Et il dit à ceux qui se tenaient là : "Enlevez-lui sa mine, et donnez-la à celui qui a les dix mines. "... -
Lc 19:25- "Seigneur, lui dirent-ils, il a dix mines ! "... -
Lc 19:26- "Je vous le dis : à tout homme qui a l'on donnera ; mais à qui n'a pas on enlèvera même ce qu'il a. "
Lc 19:27- " "Quant à mes ennemis, ceux qui n'ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici, et égorgez-les en ma présence. " "
POUR RUMINER LA PAROLE :
1. SITUATION.
Luc est l'auteur d'une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l'Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.
Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l'Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu'il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu'il s'adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.
Son Evangile se déroule en huit étapes :
- un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
- un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
- la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
- le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
- le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
- le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
- le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
- la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l'Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).
Jésus a terminé sa mission en Galilée, et, depuis Luc, 9, 51, il a pris avec ses dsiciples le chemin de Jérusalem. Cette montée vers la ville sainte, où il sera rapidement, après quelque temps, arrêté et condamné à la croix, constitue une partie très importante de l'Evangile, qui s'étale sur 10 chapitres, et durant laquelle Luc nous montre Jésus en train de former ses disciples, à mesure qu'il réagit à toutes les situations qu'il rencontre
2. MESSAGE.
Parabole de Jésus, dont la pointe est la nécessité pour nous de faire fructifier les biens qui nous ont été confiés à cet effet. L'ordre du maître de la parabole est formellement précisé : les 10 serviteurs ont, pendant l'absence de leur maître, à rentabiliser le dépot d'argent remis entre leurs mains.
A son retour, le maître demande normalement des comptes à ses serviteurs, et récompense chacun en fonction du résultat qu'il a obtenu. Le serviteur qui, par peur, n'a rien fait et s'est contenté de mettre de côté la mine d'or qui lui avait été confiée, par crainte sans doute qu'elle ne soit volée, se voit retirer sa mssion et enlever son dépot.
Par cette parabole, lue en son message central, Jésus demande que nous nous comportions en hommes et femmes responsables, qui avons reçu la grâce gratuite de devenir disciples, de produire des fruits de charité, et de transmettre ce qui nous a été confié en vue de la révélation et de croissance du Royaume de Dieu, à chacun et à chacune selon la vocation et les charismes particuliers reçus dans l'Esprit Saint.
Le Seigneur attend de nous une réponse de foi confiante et active, qui nous engage à répondre à son appel, selon un engagement de tout notre être, selon tout ce que nous sommes.
3. DECOUVERTES.
A la différence de la parabole parallèle de l'Evangile de Matthieu (25, 14 - 30), chacun des 10 serviteurs reçoit la même quantité d'argent (une "mine", ou pièce d'or de valeur, mais non pas comparable aux "talents" dont parle Matthieu, et qui valent, à l'unité, 1000 euros ou 1000 dollars). De plus, comme il nous est dit que le maître est un "noble" qui s'en va recevoir la royauté et en revient investi, il est logique que le travail rentable fourni par ses serviteurs soit récompensé par des missions de gouvernement de villes.
Luc nous fait remarquer que Jésus prononce cette parabole pour contrecarrer l'idée d'une apparition immédiate du Royaume de Dieu, qui serait liée à son entrée à Jérusalem. La parabole peut donc être ainsi lue comme une allégorie : le "noble" maître qui s'en va en voyage, qui revient roi et qui demande des comptes à ses seviteurs, représente Jésus ressuscité, absent de ce monde entre sa résurrection et son retour en gloire de la fin ultime des temps, période durant laquelle il nous demande de vivre en disciples dans son Eglise, et de porter du fruit en conséquence, période au terme de laquelle se tiendra le jugement définitif où chacun est récompensé en fonction de la tâche accomplie.
Les détails concernant l'histoire "royale" insérée dans cette parabole, avec, en finale le massacre des opposants à cette royauté, ne sauraient constituer des images de Jésus. Ils nous renvoient, semble-t-il, à un épisode réel de cette époque du Christ, lorsqu'en l'an 4 de notre ère, le prince Archelaüs se rendit à Rome pour revendiquer la succession royale de son père, qu'il obtint, en dépit d'une forte résistance.
4. PROLONGEMENT.
De même que Jésus a accompli sa mission en faisant, toute sa vie, la volonté du Père, il nous demande de réaliser notre propre mission, dans l'obéisssance à sa propre volonté, durant le temps de l'Eglise.
Une telle mission ne nous est pas impossible, parce qu'il nous la propose avec la force et la présence de son Esprit Saint, qui nous aide à reproduire l'image du Christ, et à témoigner de sa Parole et de ses gestes de miséricorde, à travers tous nos comportements.
Seigneur Jésus,
au moment d'entrer dans ta Passion, ta Mort et ta Résurrection,
tu as demandé aux tiens de dépasser leurs images concrètes et terrestres du Royaume de Dieu,
pour comprendre que tu ne cherchais qu'à obéir à la volonté de salut du Père,
en prenant tous les risques pour annoncer, et accomplir, un Royaume
qui, pour être inauguré en, et par, ta mission,
ne se réalisera pas de manière définitive en ce monde :
apprends-moi à témoigner authentiquement de ce Royaume,
déjà parmi nous depuis ta résurrection et le don de l'Esprit Saint,
apprends-moi à me comporter en prophète de ton Règne à venir,
que je dois toujours attendre dans une attitude permanente de veille et de disponibilité,
sans jamais le posséder ni le maîtriser,
mais en l'accueillant sans cesse comme un don de Lumière et de Paix,
qu'il m'appartient de révéler à tous par une existence de disciple et d'apôtre. AMEN.