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Le blog de l'Abbé Benoît

Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.

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Mercredi 3ème semaine de Pâques - Evangile

DE L'EVANGILE DE JEAN :


Jn 6:35- Jésus leur dit : " Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim ; qui croit en moi n'aura jamais soif.
Jn 6:36- Mais je vous l'ai dit : vous me voyez et vous ne croyez pas.
Jn 6:37- Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors ;
Jn 6:38- car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.
Jn 6:39- Or c'est la volonté de celui qui m'a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.
Jn 6:40- Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. "


POUR RUMINER LA PAROLE :

1. SITUATION.

L'Evangile de Jean est un Evangile dont la structure nous paraît bien différente de la construction adoptée dans les trois autres Evangiles.

En effet, l'Evangile de Jean, entre un court Prologue (Jean, 1, 1 - 18), qui est la reprise d'une hymne primitive bien adaptée pour servir d'ouverture à la mission terrestre en Jésus du Verbe fait chair (la Parole de Dieu) , et un Epilogue (Jean, 21, 1 - 25), qui est un compte rendu d'apparition(s) du Christ ressuscité en Galilée, ajouté, semble-t-il, lors de la rédaction finale de l'Evangile, se divise en deux grandes parties :

- LE LIVRE DES SIGNES, dans lequel , tout au long du ministère public de Jésus, nous assistons à la révélation qu'il nous donne de Dieu son Père par ses signes et ses paroles (Jean, 1, 19 - 12, 50),

- LE LIVRE DE LA GLOIRE, long de huit chapitres (!), où Jésus, à ceux qui le reçoivent et l'accueillent, montre sa gloire en retournant au Père, à son "Heure", passage qui se réalise dans sa mort, sa résurrection, son ascension, et le don de son Esprit ( Jean, 13, 1 - 20, 31).

Le Livre des signes, dans lequel se situe notre passage, est d'abord ainsi nommé parce qu'il se trouve ponctué par SEPT signes, tous IMPORTANTS de par leur sens, accomplis par Jésus du début à la fin de son ministère :

- le changement de l'eau en vin à Cana (2, 1 - 11),
- la guérison du fils d'un intendant royal à Cana (4, 46 - 54),
- la guérison d'un infirme à la piscine de Bethesda (5, 1 - 11),
- la multiplication des pains en Galilée (6, 1 - 15),
- la marche sur la Mer de Galilée (6, 16 - 21),
- la guérison d'un aveugle-né à Jérusalem (9),
- la réanimation de Lazare, mort et mis au tombeau à Béthanie (11).

Cependant, dans la mesure où ces SEPT "signes" sont souvent plus ou moins longuement expliqués par des paroles ou des discours de Jésus, une autre répartition, plus précise, de ce Livre des signes
, nous aide à mieux situer et donc mieux comprendre notre passage :


- 1°) Les débuts de la Révélation de Jésus : de Jean-Baptiste à Jésus (1, 19 - 51), aboutissant au changement de l'eau en vin à Cana (2, 1 - 11), qui sert de transition avec la partie suivante,
- 2°) Du premier signe de Cana (eau changée en vin) au deuxième signe de Cana (guérison du fils d'un intendant royal) (2 - 4), ce deuxième signe servant également de transition avec la 3ème partie (4, 46 - 54),
- 3°) Jésus et les principales fêtes juives (5 - 10),
- 4°) Jésus vit l'approche de son "Heure", Heure de sa mort et de sa gloire (11, 1 - 12, 36),
- 5°) Conclusion du Livre des signes sur le ministère de Jésus et résumé de sa prédication (12, 37 - 50).



Dans la 3ème partie du Livre des Signes, nous rencontrons Jésus au temps de la Fête de la Pâque Juive, après les "signes" qu'il a accomplis de la multiplication des pains (6, 1 - 15), et de sa marche sur les eaux (6, 16 -21), alors que la foule l'a rejoint une 2ème fois (6, 22 - 24). Jésus, après avoir interpellé ces gens sur leur démarche, en préface à son discours sur le "pain de vie" (6, 25 - 34), commence maintenant ce discours proprement dit (6, 35 - 50), que l'on peut considérer comme un 1er discours, avant une suite qu'il nous proposera, selon une approche différente du même thème (6, 51 - 59). Le chapitre se terminera, ensuite, en nous faisant part des réactions de la foule et des disciples.



2. MESSAGE.

Dans les 6 versets de notre texte de ce jour, qui sont le début de ce discours, Jésus commence par se déclarer ouvertement être le vrai "pain" qui donne la vie, si bien que quiconque vient à lui n'aura plus jamais faim et quiconque croit en lui n'aura plus jamais soif.

Ce qui veut dire que Jésus, par cette image du pain, se présente comme celui qui "personnifie" la révélation de Dieu : il est celui qui en fait connaître la Vérite, dont il nourrit les hommes et les femmes qui l'accueillent par la foi, et cela parce qu'il vient de Dieu.

C'est pour cette raison que la réalité qu'il nous propose derrière ces images et symboles, suffit en plénitude. Il n'est donc plus désormais possible d'avoir encore faim ou soif, de la même façon qu'il n'y a plus de mort pour celui qui l'accueille comme étant la Vie : "Je suis la Résurrection et la Vie, dit-il avant de réveiller Lazare de la mort. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais" (Jean, 11,25 - 26). Derrière les mots de "pain", "d'eau vive", de "vie", et le sens qu'ils portent dans notre existence quotidienne, Jésus nous offre une réalité d'un tout autre ordre, qui est celle du don de Dieu qu'il nous apporte, et qui rend insignifiantes, par contraste, toutes nos valeurs simplement humaines, même si elles demeurent, dans leur ordre, d'une très grande qualité.

Quelle va être notre réponse ? Il ne suffit pas de voir sans croire. De fait, ceux qui croient en Jésus lui ont été donnés par le Père, dont Jésus ne cherche qu'à accomplir la volonté, volonté qui est justement qu'il ne perde aucun de ceux qui lui ont été ainsi donnés. Ceux-là voient et croient, et pour cette raison, obtiennent du Fils qu'est Jésus la vie éternelle, et la résurrection au dernier jour.



3. DECOUVERTES.

Un très grand nombre de fois, Jésus, dans l'Evangile de Jean se définit en disant "Je suis...", verbe suivi d'un attribut, comme lorsqu'il se déclare être le "pain de vie", la "lumière du monde", la "Résurrection et la Vie", la "porte des brebis", "le bon pasteur", le "chemin, la vérité et la vie", ou encore le "cep de vigne". Sans oublier que plus rarement, il se déclare également être "Je Suis", d'une manière absolue, se donnant ainsi le nom que Dieu a révélé de lui-même à Moîse en se nommant "Yahvé" (Je Suis, ou Je Suis celui qui est : voir, par exemple, Jean, 8, 28).

Quel est le sens exact de "pain de vie" ou "pain vivant descendu du ciel" ? On y voit, dans ce discours des versets 35 - 50 du chapitre 6, la Parole de Jésus, qui révèle Dieu, et dans la suite ou le complément de ce discours, aux versets 51 - 58 de ce même chapitre, le "pain eucharistique" (voir 6, 55 : "Car ma chair est vraie nourriture, et mon sang vraie boisson"). Il semble cependant que si la suite du discours, aux versets 51 - 58, ne parle que du pain eucharistique, le discours actuel (appelé 1er discours) a pour thème principal la révélation de Dieu par la Parole de Jésus, mais aussi l'eucharistie comme thème annexe : le dernier verset de ce discours (6, 50) affirme, en effet, que "Tel est le pain qui descend du ciel, que celui qui en mangera ne mourra pas".

Puisqu'il faut aller à Jésus et croire en lui, il se présente comme la véritable "Sagesse" de Dieu, la véritable "qualité de vie" selon Dieu, qui nous est offerte, dans l'accomplissement de textes de l'Ancien Testament : Proverbes, 9, 5; Isaîe, 55, 11 - 13; Siracide, 24, 21).



4. PROLONGEMENT.

Parole de Dieu faite chair, Jésus nous propose sa "plénitude". Personne n'a jamais vu Dieu, sauf le Verbe de Dieu qui s'exprime totalement en Jésus, Verbe qui est dans le sein du Père et nous le fait connaître (Jean, 1, 1 - 18).

Nous découvrons ici cette "communication de Dieu" à l'oeuvre, qui va jusqu'à animer notre réponse de foi, puisque le Père nous a donnés à Jésus, ce qui nous permet de croire de façon toujours plus profonde, à mesure que nous découvrons Jésus, et le Père à travers lui :

"Qui m'a vu a vu le Père. Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ! Au contraire, c'est le Père qui, demeurant en moi, accomplit ses propres oeuvres" (Jean, 14, 9 - 10).

L'existence humaine de Jésus est bien le "lieu" immédiat de la communication et de la découverte de Dieu.



Seigneur Jésus,
toutes les réalités humaines de notre existence, dont tu te sers pour nous dire qui tu es,
sont autant d'invitations à dépasser le sens courant que portent ces mots
dans notre humanité, pour recevoir de toi le don de Dieu, qui est au-delà de tout :
apprends-moi à faire ce passage du "pain", de "l'eau", de la "vie", dont tu parles,
à la dimension "d'au-delà", et de totale altérité, de ce que tu nous proposes de la part du Père,
et qui est de vivre, dès maintenant, pour Dieu, et de la vie même de Dieu. AMEN.
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