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Le blog de l'Abbé Benoît

Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.

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Mercredi 5ème semaine carême - Evangile

DE L'EVANGILE DE JEAN :


Jn 8:31- Jésus dit alors aux Juifs qui l'avaient cru : " Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples,
Jn 8:32- et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libérera.
Jn 8:33- Ils lui répondirent : " Nous sommes la descendance d'Abraham et jamais nous n'avons été esclaves de personne. Comment peux-tu dire : " Vous deviendrez libres ? "
Jn 8:34- Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque commet le péché est esclave.
Jn 8:35- Or l'esclave ne demeure pas à jamais dans la maison, le fils y demeure à jamais.
Jn 8:36- Si donc le Fils vous libère, vous serez réellement libres.
Jn 8:37- Je sais, vous êtes la descendance d'Abraham ; mais vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne pénètre pas en vous.
Jn 8:38- Je dis ce que j'ai vu chez mon Père ; et vous, vous faites ce que vous avez entendu auprès de votre père. "
Jn 8:39- Ils lui répondirent : " Notre père, c'est Abraham. " Jésus leur dit : " Si vous êtes enfants d'Abraham, faites les œuvres d'Abraham.
Jn 8:40- Or maintenant vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous ai dit la vérité, que j'ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l'a pas fait !
Jn 8:41- Vous faites les œuvres de votre père. " Ils lui dirent : " Nous ne sommes pas nés de la prostitution ; nous n'avons qu'un seul Père : Dieu."
Jn 8:42- Jésus leur dit : " Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne viens pas de moi-même ; mais lui m'a envoyé.


POUR RUMINER LA PAROLE :

1. SITUATION.

L'Evangile de Jean est un Evangile dont la structure nous paraît bien différente de la construction adoptée dans les trois autres Evangiles.

En effet, l'Evangile de Jean, entre un court Prologue (Jean, 1, 1 - 18), qui est la reprise d'une hymne primitive bien adaptée pour servir d'ouverture à la mission terrestre en Jésus du Verbe fait chair (la Parole de Dieu) , et un Epilogue (Jean, 21, 1 - 25), qui est un compte rendu d'apparition(s) du Christ ressuscité en Galilée, ajouté, semble-t-il, lors de la rédaction finale de l'Evangile, se divise en deux grandes parties :

- LE LIVRE DES SIGNES, dans lequel , tout au long du ministère public de Jésus, nous assistons à la révélation qu'il nous donne de Dieu son Père par ses signes et ses paroles (Jean, 1, 19 - 12, 50),

- LE LIVRE DE LA GLOIRE, long de huit chapitres (!), où Jésus, à ceux qui le reçoivent et l'accueillent, montre sa gloire en retournant au Père, à son "Heure", passage qui se réalise dans sa mort, sa résurrection, son ascension, et le don de son Esprit ( Jean, 13, 1 - 20, 31).

Le Livre des signes, dans lequel se situe notre passage, est d'abord ainsi nommé parce qu'il se trouve ponctué par SEPT signes, tous IMPORTANTS de par leur sens, accomplis par Jésus du début à la fin de son ministère :

- le changement de l'eau en vin à Cana (2, 1 - 11),
- la guérison du fils d'un intendant royal à Cana (4, 46 - 54),
- la guérison d'un infirme à la piscine de Bethesda (5, 1 - 11),
- la multiplication des pains en Galilée (6, 1 - 15),
- la marche sur la Mer de Galilée (6, 16 - 21),
- la guérison d'un aveugle-né à Jérusalem (9),
- la réanimation de Lazare, mort et mis au tombeau à Béthanie (11).

Cependant, dans la mesure où ces SEPT "signes" sont souvent plus ou moins longuement expliqués par des paroles ou des discours de Jésus, une autre répartition, plus précise, de ce Livre des signes, nous aide à mieux situer et donc mieux comprendre notre passage :


- 1°) Les débuts de la Révélation de Jésus : de Jean-Baptiste à Jésus (1, 19 - 51), aboutissant au changement de l'eau en vin à Cana (2, 1 - 11), qui sert de transition avec la partie suivante,
- 2°) Du premier signe de Cana (eau changée en vin) au deuxième signe de Cana (guérison du fils d'un intendant royal) (2 - 4), ce deuxième signe servant également de transition avec la 3ème partie (4, 46 - 54),
- 3°) Jésus et les principales fêtes juives (5 - 10),
- 4°) Jésus vit l'approche de son "Heure", Heure de sa mort et de sa gloire (11, 1 - 12, 36),
- 5°) Conclusion du Livre des signes sur le ministère de Jésus et résumé de sa prédication (12, 37 - 50).



Avec notre page nous continuons d'avancer dans la lecture de tout un ensemble de textes, qui sont un élément important de la 3ème partie de cet Evangile de Jean, ensemble qui va de 7, 1 à 8, 59. Ces 2 chapitres nous relatent les comportements de Jésus à la fête des tentes à Jérusalem, où il va rencontrer une opposition très violente à son message. C'est une véritable mise en procès public de Jésus qui se déroule ici.

Si l'on analyse de près cet ensemble de 2 chapitres sur la présence de Jésus à la fête des Tabernacles, nous y découvrons 3 scènes successives :

- un discours de Jésus sur la valeur de son enseignement, et la priorité du service de l'homme sur le repos du Sabbat, discours suivi d'une vive discussion avec les Juifs sur son origine (7, 14 - 36),
- l'annonce solennelle, par Jésus, qu'il est le seul à donner l'eau vive de l'Esprit, et les réactions contradictoires et diverses de ses adversaires, tous divisés à propos de Jésus (7, 37 - 52),
- une nouvelle déclaration solennelle de Jésus, attestant, cette fois, qu'il est la Lumière du monde, et qu'il peut se rendre témoignage à lui-même, parce que le Père est avec lui (8, 12 - 20), avant que Jésus s'en prenne à ceux qui ne croient pas, et qui lui reposent la question de son identité (8, 21 - 30), et conclue en montrant avec précision comment, en sa mission, il fait naître d'authentiques fils à Abraham dans la fidélité (8, 31 - 59, et ici se trouve notre passage).


2. MESSAGE.

Il est plus facile de déclarer croire en Jésus que de réellement croire en Lui. Croire en lui suppose qu'on soit fidèle à sa Parole, et qu'on accepte la nouveauté de son message et de sa mission, qui est de nous mener à la Vérité de Dieu, qui nous libère dans le salut qu'il propose à tous. Acceptation qui entraîne donc une nouvelle définition de notre existence et de nos engagements.

Nous constatons que le discours que tient Jésus à ceux qui, apparemment, croient en lui, loin de les confirmer dans la foi en Jésus, démontre leur suffisance et leur refus de conversion : ils se déclarent, en effet, enfants et descendants d'Abraham, sans vouloir rien de plus, et refusent donc d'entrer en un dialogue sérieux avec Jésus. Ce qu'ils ont leur suffit : ils n'attendent rien et n'ont besoin de rien.

A travers ce "dialogue de sourds", écoutons le message de Jésus : c'est le péché qui rend esclave, et Jésus, le Fils, qui nous en libère. Refuser de suivre Jésus, et, qui plus est, l'accuser et chercher à le faire mourir, ce n'est pas agir en enfants d'Abraham, et encore moins en enfants de Dieu. Seul Jésus, envoyé par le Père, peut témoigner de Dieu de façon unique, et dire la Vérité de Dieu. Dans leur opposition à Jésus, ses interlocuteurs se font l'écho de l'adversaire de Dieu, c'est-à-dire, le diable, que Jésus nommera directement au verset 44.


3. DECOUVERTES.

La Vérite, dont parle Jésus, et qui rend libres les disciples, ne se trouve pas au terme d'investigations humaines : elle est reçue "d'en haut", comme un don gratuit.

Il existe un vif contraste entre les disciples authentiques de Jésus, qui ont en partage les biens et les droits du fils, et les esclaves du péché, qui n'ont aucun droit. Reprenant le récit d'Abraham et de ses 2 fils, Isaac et Ismaël, Paul oppose Isaac, fils de la femme libre, Sarah, à Ismaël, fils de l'esclave, Hagar ( Galates, 4, 21 - 31; voir également Hébreux, 3, 5 - 6). Relire, à ce propos, Genèse, 16, 15; 21, 2 et 10.

Tuer celui qui parle au nom de Dieu ne peut en aucune façon se situer dans la ligne de l'obéissance et du témoignage d'Abraham. Agir ainsi suppose que l'on descend d'un père différent d'Abraham, et différent du Dieu d'Israêl.

Dans la mesure où Israël est présenté dans la Bible comme le permier-né de Dieu (Exode, 4, 22; Deutéronome, 14, 1; Jérémie, 3, 4 - 19, et 31, 9), les membres du peuple d'Israël se considèrent toujours comme "bénis de Dieu", en tant que fils légitimes de la promesse faite par Dieu à Abraham.


4. PROLONGEMENT.

Jésus se révèlera Fils du Père de façon absolue lorsqu'il déclarera à Pilate, lors de son procès du vendredi de sa mort, qu'il n'est venu que pour rendre témoignage à la Vérité (Jean, 18, 37), lui qui s'était déjà défini comme "chemin de la vérité et de la vie" (Jean, 14, 6).

Il n'est pas de meilleur commentaire de prolongement de ce texte que de citer Paul en sa Lettre aux Galates :


Ga 3:26- Car vous êtes tous fils de Dieu, par la foi, dans le Christ Jésus.
Ga 3:27- Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ :
Ga 3:28- il n'y a ni Juif ni Grec, il n'y a ni esclave ni homme libre, il n'y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu'un dans le Christ Jésus.
Ga 3:29- Mais si vous appartenez au Christ, vous êtes donc la descendance d'Abraham, héritiers selon la promesse.
Ga 4:1- Or je dis : aussi longtemps qu'il est un enfant, l'héritier, quoique propriétaire de tous les biens, ne diffère en rien d'un esclave.
Ga 4:2- Il est sous le régime des tuteurs et des intendants jusqu'à la date fixée par son père.
Ga 4:3- Nous aussi, durant notre enfance, nous étions asservis aux éléments du monde.
Ga 4:4- Mais quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d'une femme, né sujet de la Loi,
Ga 4:5- afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l'adoption filiale.
Ga 4:6- Et la preuve que vous êtes des fils, c'est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils qui crie : Abba, Père !
Ga 4:7- Aussi n'es-tu plus esclave mais fils ; fils, et donc héritier de par Dieu.



Seigneur Jésus,
tu es venu nous proposer de te suivre dans la foi,
et ainsi de nous laisser transformer par toi,
pour que nous devenions "fils"avec toi,
libérés de tout esclavage de nos suffisances
et replis sur nous-mêmes,
par la puissance de ta Parole, et de ton engagement,
qui nous sauve et nous donne l'Esprit Saint :
apprends-moi à réellement croire en toi,
au delà de toutes mes déclarations, et plus profondément
que toutes mes expressions imparfaites,
et, pour cela, crée en moi cette pauvreté du coeur,
et de "décrochage" de moi-même, qui sont
la richesse de l'attitude de Dieu en son mystère,
à laquelle tu me donnes d'avoir part . AMEN.
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