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Le blog de l'Abbé Benoît

Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.

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Nativité de saint Jean Baptiste Année C

 Luc 1, 57-66.80



Tous les Livres du Nouveau Testament, la Bible chrétienne qui nous rapporte ses souvenirs de la mission de Jésus, les quatre Evangiles en particulier, nous présentent toujours la mission de Jean le Baptiste, le dernier prophète d'Israël avant Jésus, le dernier prophète de l'Ancien Testament ; Jean Baptiste, qui aura une très grande influence, qui va mourir martyr, assassiné par Hérode pour lui avoir dit la vérité ; prophète qui aura toujours de l'influence, jusqu'au milieu du 2ème siècle, avec des disciples qui vont l'accompagner, même quand Jésus sera paru, aura prêché, sera mort et ressuscité, qu'il aura donné l'Esprit.

Donc, un homme qui a eu une grande influence au début de l'ère chrétienne, au début du 1er siècle.

Les quatre Evangiles nous racontent sa mission : un prophète qui hurlait dans le désert qu'il fallait se convertir, un prophète qui attirait beaucoup de disciples, qui suscitait beaucoup d'émotions, et qui a désigné Jésus, le révélant à ses propres disciples ; un prophète qui a baptisé Jésus, nous le savons ; célébration du baptême de Jésus au cours de laquelle Jésus lui-même a eu la vision de Dieu qui l'appelait et qui lui révélait qu'il était son Fils ; et vision, dans l'Evangile de Jean, où Jean nous dit que Jean Baptiste en fut témoin, à sa façon ; Jean-Baptiste qui annonçait Jésus comme celui qui devait venir après lui, et qui se présentait comme le précurseur, comme celui qui trace le chemin d'un autre, avec beaucoup de vérité, de force et d'humilité - mais quelqu'un qui va rester très différent de Jésus, et qui sera surpris par le ministère de Jésus, parce que lui-même, Jean-Baptiste, annonçait que Dieu viendrait mettre de l'ordre dans sa maison, balayer son grenier, passer tous ceux qui ne marchaient pas au feu de la colère de Dieu… et qui a été surpris de voir Jésus annoncer la miséricorde, le pardon, l'accueil de tous, au point de se demander si vraiment il était Jésus qui devait venir.

Jésus a fait l'éloge de cet homme dont nous célébrons la fête.

Et dans l'Evangile de l'enfance de Jésus, raconté par saint Luc - les deux premiers chapitres de l'Evangile de Luc - cet Evangile que nous lisons au moment de Noël, qui nous raconte l'histoire de Jésus de façon poétique, brodant sur ce thème de l'enfance du Christ pour annoncer, suggérer, tout ce que va vivre Jésus, tout ce qu'il va être jusqu'à sa mort et sa résurrection, de façon extrêmement riche et poétique.

Et dans cet Evangile de l'Enfance, il y a toute une ligne consacrée à Jean le Baptiste - et présentée selon la même dimension poétique, annonçant tout ce qu'il va être. C'est ainsi qu'on nous dit que c'est l'ange Gabriel qui annonce à son père Zacharie, le prêtre juif, au Temple, que cet enfant va naître de sa mère stérile. Et comme Zacharie ne croit pas ce que lui dit l'ange, il va être frappé de mutisme, il va être sourd-muet jusqu'à la naissance de l'enfant - texte que nous venons de lire aujourd'hui. Et puis, cela va continuer : la mère de Jean Baptiste rencontrera la mère de Jésus ; les deux seront enceintes suite à l'apparition de l'ange Gabriel ; et ce sera une découverte pour la mère de Jean Baptiste que Marie est la mère du Sauveur, Jean-Baptiste reconnaissant déjà, par sa mère, que Jésus est celui qui vient après lui, et qui est plus important que lui.

Et nous arrivons ici au terme, dans cet Evangile de l'Enfance, de cette ligne de Jean-Baptiste, le moment de sa naissance où tout s'accomplit : la promesse à son père, qui va retrouver la parole, après avoir déclaré - selon l'ordre de l'ange - que cet enfant doit s'appeler Jean. La mère avait découvert ça également, à sa façon ; cette conjonction des parents qui appellent leur enfant d'un nom inconnu de la famille. C'est la merveille de Dieu. " Que sera cet enfant ? " C'est quelqu'un que Dieu envoie, que Dieu a choisi. Tel est bien le message qui nous est donné aujourd'hui, par cet Evangile, qui termine ce cycle de Jean-Baptiste dans l'Evangile de l'Enfance de Jésus.


On peut se demander comment, nous, au 21ème siècle, nous sommes encore concernés par cet événement épisodique. Puisque, si Jean-Baptiste annonce la naissance de Jésus, qu'il annonce la mission de Jésus, eh bien sa mission à lui est terminée, et elle n'a, théoriquement, aucune résonnance sur nous. Et pourquoi nous rapporte-t-on ça avec tant d'importance dans le Nouveau Testament ?

Pour une première raison : c'est qu'on ne peut pas lire l'Evangile en oubliant le peuple d'Israël - peuple fondé par Abraham, libéré par Moïse, installé politiquement par David et ses successeurs ; ce peuple modifié, meurtri, attaqué par les prophètes qui lui reprochaient de ne pas être fidèle à sa mission ; d'un peuple révélateur du Dieu unique dans l'histoire du monde.

Le judéo-christianisme est une religion de l'histoire. Dieu intervient dans l'histoire. Cette histoire a commencé 1800 ans avant Jésus Christ avec Abraham, et elle se continue jusqu'à nous, aujourd'hui. Nous sommes des témoins de Dieu dans l'histoire de l'humanité. Et il est important de voir que Jésus n'est pas sorti du ciel comme un météore qui arrive un beau jour, sans préparation. Jésus est au terme d'une histoire, Jésus est juif, héritier de toute l'histoire d'Israël qu'il va faire éclater en nous révélant la miséricorde de Dieu et en ouvrant le projet de Dieu à tous les peuples de la terre, invités à vivre l'unité du peuple de Dieu, dans le salut en Jésus, par l'Esprit Saint qu'il nous donne après sa résurrection.

Donc, il est important d'abord pour nous, de nous rappeler que nous sommes dans un peuple choisi par Dieu ; et que nous avons, nous, à poursuivre la mission de ce peuple, aujourd'hui.

Quelle est cette mission ? Eh bien, elle est celle qui est indiquée dans cet Evangile - qui aurait été indiquée dans cet Evangile s'il n'avait pas été coupé - car il manque la partie la plus importante de cette scène de la naissance de Jean-Baptiste, qui est le Cantique de son père Zacharie - ce Benedictus que nous avons chanté tout à l'heure, " Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël… ", et que nous chanterons encore après la communion - ce texte qui nous résume tout, mais qui nous situe, et qui rappelle tout :

" Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël ", il visite son peuple, de façon définitive, par la visite de Jésus, par l'arrivée de Jésus, par la mission de Jésus. Et cette mission de Jésus, elle est conforme à un choix de Dieu, elle est conforme à la parole de prophètes. C'est une mission de libération, c'est une mission qui révèle que Dieu est Amour, qui fait alliance avec son peuple, une alliance sainte. Dieu s'est engagé à libérer la descendance d'Abraham, par serment, pour que tous puissent le servir dans la justice et la sainteté. Le projet de Dieu, le voilà.

Et puis on nous dit : il y a un petit enfant, Jean-Baptiste, qui est envoyé pour annoncer le chemin du Seigneur. Et ce chemin du Seigneur c'est révéler Jésus. Mais Jésus comment ? Pas en décrivant son portrait, mais en annonçant sa mission : le pardon des péchés, l'amour gratuit de Dieu. Jésus, c'est l'astre d'en-haut qui vient nous visiter gratuitement, car Dieu nous a aimés le premier, ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, c'est son initiative. Jésus qui vient être Lumière pour ceux qui gisent dans les ténèbres et l'ombre de la mort, Lumière du monde ; Jésus qui est la résurrection et la vie ; Jésus qui est le Chemin, la Vérité et la Vie, le guide pour nos pas ; et qui nous donne la paix dans le monde de la paix.

Voilà ce Cantique qui a été retiré de ce texte, parce qu'il va être chanté deux fois dans cette célébration, et que nous avons intégré maintenant, pour nous situer, car la mission de Jésus continue.

La mission de Jésus, après sa résurrection et le don de l'Esprit, c'est la proclamation de l'Evangile. Saint Paul écrit : " Comment connaitrait-on Jésus s'il n'est pas annoncé ? " Et comment peut-il être annoncé s'il n'y a pas des gens qui sont envoyés pour l'annoncer, qui le proclame, sa Bonne Nouvelle, l'Evangile. " La Bonne Nouvelle de Jésus, c'est l'Evangile que nous annonçons ", dit saint Paul. C'est l'Evangile que nous, aujourd'hui - quelle que soit notre mission, quelle que soit notre vocation, quelle que soit notre situation, quel que soit notre âge - c'est l'Evangile dont nous devons témoigner en parole et en acte.

Et notre mission, c'est d'être, à notre tour, ces petits enfants, pour annoncer le passage du Seigneur. Car il faut que la mission de Jésus, qui est terminée dans son histoire d'homme avec sa mort, et qui continue après sa résurrection dans le don de l'Esprit, il faut que cette mission soit rendue visible par nous, annoncée par nous, magnifiée par nous. Et nous sommes chargés à notre tour, d'annoncer, de préparer le chemin du Seigneur.

Donc, la mission de Jean-Baptiste - qui est terminée pour annoncer Jésus - devient la nôtre. Aujourd'hui, nous sommes des annonceurs de Jésus. Comment vivons-nous cette mission ? C'est bien ce qui nous est demandé. Une mission située dans toute l'histoire d'un peuple qui a commencé 2000 ans avant Jésus Christ. Et nous qui sommes 2000 ans après Jésus Christs, nous sommes porteurs, dans la foi, de cette mission. On ne peut pas être disciples de Jésus sans être missionnaires à ce niveau-là ; on ne peut pas croire en Jésus ressuscité d'entre les morts et Fils de Dieu, et Seigneur des seigneurs, sans le suivre ; et le suivre par une foi qui agit dans la charité à travers les moindres gestes de la vie quotidienne.

La fête de Jean-Baptiste, c'est notre fête, d'annonceurs de Jésus, comme disciples d'après Jésus, aujourd'hui. Donc, elle nous concerne, cette fête. Nous ne sommes pas ici pour ouvrir les archives de l'Eglise et nous intéresser comme on lirait un article de dictionnaire sur la vie de cet homme. Nous sommes disciples appelés à notre tour, à préparer les chemins du Seigneur, annoncer cette liberté, cette libération, ce pardon, cette vie nouvelle, cet amour infini de Dieu qui nous précède, la lumière pour les autres ; une lumière que nous devons d'abord laisser passer dans notre vie, en l'accueillant par la foi.

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