Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
27 Juillet 2012
| Mt 13:24- Il leur proposa une autre parabole : " Il en va du Royaume des Cieux comme d'un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Mt 13:25- Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi est venu, il a semé à son tour de l'ivraie, au beau milieu du blé, et il s'en est allé. Mt 13:26- Quand le blé est monté en herbe, puis en épis, alors l'ivraie est apparue aussi. Mt 13:27- S'approchant, les serviteurs du propriétaire lui dirent : "Maître, n'est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D'où vient donc qu'il s'y trouve de l'ivraie ?" Mt 13:28- Il leur dit : "C'est quelque ennemi qui a fait cela. " Les serviteurs lui disent : "Veux-tu donc que nous allions la ramasser ?" Mt 13:29- "Non, dit-il, vous risqueriez, en ramassant l'ivraie, d'arracher en même temps le blé. Mt 13:30- Laissez l'un et l'autre croître ensemble jusqu'à la moisson ; et au moment de la moisson je dirai aux moissonneurs : Ramassez d'abord l'ivraie et liez-la en bottes que l'on fera brûler ; quant au blé, recueillez-le dans mon grenier. " " |
| A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s'il a été composé pour des chrétiens d'origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d'origine païenne, ou encore pour les deux. Néanmoins, même s'il a été d'abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : "allez, de toutes les nations, faites des disciples" (28, 18). On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l'avant-dernière, etc...), concentrées autour de la 6ème partie, le "Discours en paraboles", qui sert en quelque sorte de "pivot". Nous obtenons ainsi le découpage suivant : - Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7) - Manifestations de l'autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9) - Discours sur la mission (10) - Jésus rejeté par "cette génération" (11 - 12 ) - Discours en paraboles (13) - Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17) - Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18) - De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22) - Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24) - Passion, mort et résurrection (26 - 28) Matthieu nous a maintenant fait entrer dans le 3ème grand discours qu'il fait prononcer à Jésus, et qui ne comporte qu'une suite structurée de paraboles (13, 1 - 52). A regarder de près la construction symétrique de tout cet Evangile de Matthieu, l'on s'aperçoit que ce discours en constitue en quelque sorte le pivot central, autour duquel toutes les autres parties de l'Evangile se répondent en ordre inversé (c'est-à-dire : la première partie correspond à la dernière, la deuxième à l'avant-dernière, etc.). Ce discours parabolique ne comprend donc que des paraboles, et qui nous sont présentées selon 2 types de déroulement : - des petites paraboles non suivies d'explication : celles du grain de sénevé, du levain dans la pâte, du trésor caché, de la perle précieuse et du filet. La parabole de l'ivraie et du bon grain, qui suit la parabole du semeur, comprend, de la même façon: le récit ou l'histoire racontée par Jésus (13, 24 - 30 : notre page de ce jour), des remarques de Jésus sur l'usage qu'il fait de cette manière de s'exprimer en paraboles (13, 34 - 35), l'interprétation allégorique de la parabole de l'ivraie, à la demande des disciples (13, 36 - 42). Entre le 1er et le 2ème temps de ce cycle ont été intercalés les deux petites paraboles du grain de sénevé et du levain dans la pâte (13, 31 - 33). |
| Dans la plupart des paraboles au sens strict du terme (en ce sens, elles sont différentes de récits en forme de comparaison ou d'allégories imagées), c'est le récit, considéré globalement, qui en est la clé d'interprétation. Par exemple, la parabole du semeur indique bien que le semeur est sorti pour semer, et qu'il aura une récolte, bien qu'il soit conscient qu'il y a de la semence qui se perd dans certains espaces de terrain peu cultivables. Donc, s'il sort, c'est qu'il a la conviction que sa démarche vaut la peine et qu'il peut compter sur une récolte. Et tel est bien le ministère de Jésus, porteur d'espérance et de la victoire de Dieu au delà de toutes les difficultés. Considérée ainsi dans la globalité de son récit, au niveau de l'histoire toute entière, la parabole de l'ivraie et du bon grain répond à la question précise suivante : "que faire des mauvaizes herbes que l'on découvre dans le champ au milieu du bon grain ?" La réponse est limpide : laissons le temps au temps. C'est seulement, en effet, au moment de la moisson que le tri sera possible sans risque de confondre le bon grain et l'ivraie. Donc, prenons patience : le discernement se fera le moment venu. Puisque cette parabole concerne explicitement le Royaume des cieux, c'est seulement à la fin des temps, à l'heure de la moisson ou du jugement que le Maître de la moisson, de la Mission et du Royaume fera le tri entre les bons et les mauvais éléments. Ce discernement n'est pas réservé aux ouvriers de la maison, au gré de leur générosité ou de leur interprétation. Il leur faut attendre le moment favorable et avoir la patience du maître de maison, c'est-à-dire de Dieu. |
| A première vue, cette parabole n'a pas de parallèles dans aucun autre Evangile. On pense, cependant, de plus en plus, qu'elle est une relecture développée et adaptée de la parabole de Marc, 4, 26 - 29 sur la semence qui pousse toute seule secrètement, sans qu'on puisse à aucun moment voir de l'extérieur comment cette croissance a lieu. Matthieu aurait, en fonction des questions de la communauté pour laquelle il écrit son Evangile, fait répondre, par cette parabole, à la question des bons et mauvais membres dans les communautés écclésiales, et il lui aurait ajouté une interprétation allégorique (13, 36 - 43). A la différence de la parabole du semeur, cette parabole, comme toutes celles qui la suivent dans ce discours, est explicitement présentée et introduite comme une parabole du "Royaume des cieux". Cette parabole met en scène un maître de maison et ses ouvriers ou esclaves, qui sont les seuls à s'indigner de la présence de l'ivraie au milieu du bon grain. Le verbe "rassembler" est utilisé 4 fois dans cette parabole, ce qui indique, semble-t-il, une relation aux problèmes de la communauté ou des communautés visées par cette parabole. On n'y verra clair qu'à la fin des temps, qu'à l'heure du jugement. Jusque là demeure le mystère de la croissance et du bon grain et de l'ivraie. La "moisson" est une image biblique souvent employée pour traduire le jugement de Dieu à la fin des temps. |
| Laissons, dans une démarche de patience, notre regard accepter qu'une bouteille "à moitié vide" (vue négative) soit en même temps perçue comme "une bouteille à moitié pleine" (vue positive), et espérons que les valeurs croîtront plus vite que les non-valeurs. Paul déclare que sa conscience ne lui reproche rien, mais qu'il ne se juge pas pour autant, car son juge, c'est le Seigneur (1 Corinthiens, 4, 3 - 5), auquel seul il faut s'en remettre définitivement. Ce texte est à relire. Quand Paul se fâche avec les Corinthiens parce qu'ils ne sont pas intervenus pour un cas d'inceste dans leur communauté, il déclare que si, dans un tel cas, une mesure disciplinaire extérieure est à prendre, cela doit toujours l'être en fonction du salut du pécheur, que Dieu seul jugera au Jour du Seigneur (1 Corinthiens, 5, 1 - 5). Ainsi sommes-nous invités à vivre en vérité, en favorisant de notre mieux ce qui peut aller, même petitement, dans le sens du Royaume. |
| Seigneur Jésus, en nous invitant à découvrir les enjeux du Règne de Dieu en nos vies, à partir de situations humaines concrètes sur lesquelles tu nous demandes de réfléchir en faisant appel à notre expérience, tu nous invites à une démarche de patience et d'humilité, ainsi qu'à approfondir notre conviction que notre existence n'est qu'un lieu où Dieu réalise la puissance de son salut en se servant tout au plus des expressions imparfaites de nos gestes et paroles de "serviteurs intiles", et que lui seul est vraiment efficace, par sa grâce, offerte à tous les humains, par ta mission, ta mort-résurrection et le don de l'Esprit Saint : donne-moi de témoigner de l'espérance que l'oeuvre de Dieu grandit et croît dans la vie des mes frères et soeurs, bien au-delà des apparences de lenteurs et de stagnation, voire même d'obstacles qui me semblent l'en empêcher fortement. AMEN. |