Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
20 Mai 2010
| Jn 21:15- Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre : " Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? " Il lui répondit : " Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. " Jésus lui dit : " Pais mes agneaux. " Jn 21:16- Il lui dit à nouveau, une deuxième fois : " Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? " - " Oui, Seigneur, lui dit-il, tu sais que je t'aime. " Jésus lui dit : " Pais mes brebis. " Jn 21:17- Il lui dit pour la troisième fois : " Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? " Pierre fut peiné de ce qu'il lui eût dit pour la troisième fois : " M'aimes-tu ? ", et il lui dit : " Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t'aime. " Jésus lui dit : " Pais mes brebis. Jn 21:18- En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais ; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas. " Jn 21:19- Il signifiait, en parlant ainsi, le genre de mort par lequel Pierre devait glorifier Dieu. Ayant dit cela, il lui dit : " Suis-moi. " |
| En effet, l'Evangile de Jean, entre un court Prologue (Jean, 1, 1 - 18), qui est la reprise d'une hymne primitive bien adaptée pour servir d'ouverture à la mission terrestre en Jésus du Verbe fait chair (la Parole de Dieu) , et un Epilogue (Jean, 21, 1 - 25), qui est un compte rendu d'apparition(s) du Christ ressuscité en Galilée, ajouté, semble-t-il, lors de la rédaction finale de l'Evangile, se divise en deux grandes parties : - LE LIVRE DES SIGNES, dans lequel , tout au long du ministère public de Jésus, nous assistons à la révélation qu'il nous donne de Dieu son Père par ses signes et ses paroles (Jean, 1, 19 - 12, 50), - LE LIVRE DE LA GLOIRE, long de huit chapitres (!), où Jésus, à ceux qui le reçoivent et l'accueillent, montre sa gloire en retournant au Père, à son "Heure", passage qui se réalise dans sa mort, sa résurrection, son ascension, et le don de son Esprit ( Jean, 13, 1 - 20, 31). Le Livre de la Gloire, qui va des chapitres 13 à 20 de cet Evangile, nous relate d'abord la dernière soirée des Jésus avec ses disciples, épisode qui couvre 5 chapitres, avec le lavement des pieds des disciples par Jésus, l'annonce de la trahison de Judas, les 3 discours d'adieux de Jésus et sa grande prière finale adressée à Dieu, son Père (13 - 17). Les 2 chapitres suivants sont consacrés à la passion et la mort de Jésus, et sont suivis du chapitre 20, qui traite entièrement de la résurrection et nous fournit la conclusion de l'Evangile, même si le chapitre 21, que l'on appelle "Epilogue", nous donne un rebond de la résurrection avec le récit d'une apparition supplémentaire de Jésus ressuscité, autour d'une pêche miraculeurse et d'un long dialogue avec Pierre, avant de nous proposer une 2ème conclusion de l'Evangile, dans laquelle l'auteur se présente comme étant le "disciple que Jésus aimait", que l'on continue d'identifier, non sans difficultés, avec l'Apôtre Jean, fils de Zébédée, et frère de Jacques. Le Livre de la Gloire ne nous rend compte que de "l'Heure" de Jésus, c'est-à-dire tout ce qui concerne son "passage" au Père (passion-mort-résurrection de Jésus-don de l'Esprit par le Ressuscité). A noter l'importance que le 4ème Evangile accorde aux tout derniers moments de la vie de Jésus, soit 9 chapitres, y compris l'Epilogue, là où les autres Evangiles ne consacrent que 2 chapitres. Au moment où nous approchons de la fin du Temps Pascal, l'Eglise Catholique Romaine nous fait lire le dernier entretien de Jésus, lors de son dernier repas, qui nous est relaté des chapitres 13 à 17 inclus, de cet Evangile, ainsi que des extraits de l'Epilogue du chapitre 21. Jésus, au cours de ce repas d'adieux, a commencé par laver les pieds de ses disciples, pour expliquer, par ce geste symbolique, jusqu'à quel niveau ultime d'abaissement il va aller en son "Heure" de passage au Père. En accomplissant librement, en une approche toute d'humilité, ce qu'un esclave de l'époque avait le droit de refuser à son maître, Jésus se situe "plus bas" qu'un esclave, et annonce ainsi le sens profond de son engagement d'obéissance à la vérité dans la mission que lui a confiée le Père, obéissance jusqu'à la mort sur une croix, acceptant d'être ainsi "livré" pour nous aux mains des pécheurs. Le discours d'adieu ou "testament" de Jésus, qui fait suite à ce lavement des pieds, se développe en 3 temps : le discours proprement dit, développé en 2 parties (13, 31 - 14, 31; 15, 1 - 16 - 33), et la grande prière de Jésus à son Père, souvent appelée "prière sacerdotale" (17, 1 - 26). Après les chapitres 18 à 20, qui nous relatent la passion et la mort de Jésus, d'une part (18 - 19), et sa résurrection, avec le récit de 3 apparitions, d'autre part (20), récit suivi d'une première conclusion de l'Evangile, un Epilogue a été rajouté (21), dans lequel se trouve notre page. |
| Jésus ressuscité se manifeste à quelques uns de ses apôtres, au bord du Lac de Galilée, et se fait reconnaître par le "signe" d'une prise spectaculaire de poissons effectuée sur son conseil. Il offre le repas à ses disciples, avec les gestes habituels de partage du pain et des poissons, gestes du chef de famille ou du responsable de communauté. Puis, brusquement, la scène change, et jusqu'à la fin de ce chapitre, il n'y a plus guère que Jésus, Simon-Pierre et le disciple "que Jésus aimait", qui demeurent sur la scène : on ne sait ce que sont devenus les 5 autres disciples qui se trouvaient là au début. Jésus est, d'une certaine façon, seul à seul avec Pierre, et les 3 questions qu'il lui pose, concernant son amour pour Jésus, paraissent une reprise, sous forme de réconciliation et de renouvellement de la mission confiée à Pierre, de son triple reniement, qui apparaît, en quelque sorte, corrigé et anéanti par cette triple adhésion de Pierre qui déclare son amour pour Jésus ressuscité. La preuve de la conversion de Pierre, c'est qu'il a radicalement changé face à Jésus : il ne prétend plus rien, même plus apprécier sa capacité d'aimer Jésus, lui qui, au cours du dernier repas, s'était fait fort d 'accompagner Jésus et de mourir pour lui, ce qui lui avait value l'annonce par Jésus de son triple reniement (13, 36 - 38). Il s'en remet maintenant à Jésus pour lui dire : "c'est toi qui sais que je t'aime". Et comme cela ne semble pas suffire, il ajoute, dans sa troisième réponse à la question posée par Jésus : toi qui connais toutes choses, tu sais bien que je t'aime. Pierre fait ici à la fois acte de sincérité en bonne conscience (car il pense bien aimer Jésus), et d'une remise de soi dans la fidélité confiante, sans prétendre se comparer ou déclarer que son amour serait supérieur à celui que les autres disciples ont pour Jésus. Pour toute réponse, Jésus l'envoie chaque fois en mission, lui confiant, à trois repriees, de façon particulière, sa propre mission de pasteur de son troupeau : Pierre est appelé à conduire le troupeau qui appartient toujours totalement à Jésus ressuscité, et qui donc n'est plus de ce monde. Il appartient ainsi à Pierre de rendre visible, à travers son engagement au service de Jésus, la présence de Jésus pasteur. Et cette mission conduira Pierre à renoncer à sa liberté pour se laisser conduire vers un destin de témoin de Jésus ressuscité, en sa mort de martyr de la foi. |
| L'aspect soudain, et inattendu dans le contexte, de cette interrogation de Pierre par Jésus, suite à cette pêche miraculeuse, a soulevé beaucoup de questions et d'hypothèses : ne serions-nous pas là devant des éléments de la tradition de la fameuse apparition de Jésus ressuscité à Pierre, à laquelle il est fait allusion à 2 reprises dans le Nouveau Testament (Luc, 24, 34 et 22, 31 - 32; 1 Corinthiens, 15, 5), mais sans le moindre détail fourni à ce sujet ? En effet, le dialogue de notre page de Jean 21 entre le Ressuscité et Pierre est du genre le plus personnel qui soit, et se situerait bien dans le cadre d'une apparition particulière. Autre incidence intéressante : dans l'Evangile de Luc, nous est racontée une pêche miraculeuse (Luc, 5, 1 - 11), tout au début du ministère de jésus, et non pas après la résurrection, comme dans ce chapitre 21 de Jean, et qui se termine par la décision des 4 premiers disciples de tout quitter pour suivre Jésus. Or, immédiatement après cette pêche miraculeuse en Luc, Pierre s'est précipité aux pieds de Jésus, lui demandant de s'éloigner de lui, "pécheur" (Luc, 5, 8). Y-a-t-il eu 2 pêches miraculeuses efffectuées par Jésus, ou une seule, et dans ce dernier cas, laquelle est exactement située ? Mais dans les deux cas, Pierre y fait acte de repentance, ou de reconnaissance qu'il est pécheur. Troisième élément qui fait réfléchir, toujours lié à la Mer de Galilée : dans le récit que nous a laissé l'Evangile de Matthieu sur la marche de Jésus sur les eaux de la Mer de Galilée, après la multiplication des pains pour 5000 personnes, un dialogue s'instaure entre Pierre et Jésus, Pierre demandant à Jésus de l'autoriser à le rejoindre de la même façon, en marchant lui aussi sur la mer : ce à quoi Jésus consent, mais Pierre se mettant à prendre peur, Jésus le sauve de l'abîme en lui reprochant son peu de foi pour avoir douté (Matthieu, 14, 28 - 31). Une fois de plus, nous avons ensemble Jésus et Pierre en tête à tête, Pierre pénitent, ou doutant, et ceal dans le même endroit géographique. Même si nous ne pouvons rien conclure de certain à partir de ces divers éléments concordants, ces rapprochements sont frappants. D'autre part, notre page peut difficilement se lire indépendamment de la suivante, dans laquelle nous voyons Pierre interroger Jésus sur le sort futur du disciple "que Jésus aimait", pour recevoir une réponse énigmatique de Jésus sur la longue durée éventuelle du témoignage de ce dernier, cette réponse étant ensuite interprétée par notre Evangile pour indiquer qu'à l'époque où notre page a été écrite, ce disciple était bien mort (21, 21 - 23). De grands spécialistes de l'Evangile et des lettres de Jean insistent sur le caractère tardif de cet Epilogue du chapitre 21 de notre Evangile, pour l'interpréter comme l'indication d'un changement qui se serait passé dans la communauté du disciple "que Jésus aimait" après la mort de ce dernier. En effet, il semblerait que cette communauté, fortement marquée par la personnalité et l'expérience de ce disciple, ait vécu un peu à part des autres Eglises, et ne reconnaissant qu'un seul chef ou pasteur, Jésus ressuscité lui-même, dont le "disciple bien-aimé" était l'interprète on ne peut plus fidèle. Avec ce chapitre, centré sur la mission de Pierre, nous assisterions à un rapprochement entre cette communauté et l'ensemble des autres communautés de l'Eglise, rassemblées dans un héritage commun, non seulement de Jésus, mais des missions initiales de Pierre et Paul. |
| Il ne nous appartient pas de mesurer, ni notre degré de foi, ni notre intensité d'amour à l'égard de Jésus : ce qui compte, c'est de vivre ces attitudes avec vérité et bonne conscience et dans la remise de soi comme un pauvre entre les mains de Jésus. Ce que fait Pierre dans notre page. Ce que déclare Paul, pour lui-même : 1Co 4:2- Or, ce qu'en fin de compte on demande à des intendants, c'est que chacun soit trouvé fidèle. 1Co 4:3- Pour moi, il m'importe fort peu d'être jugé par vous ou par un tribunal humain. Bien plus, je ne me juge pas moi-même. 1Co 4:4- Ma conscience, il est vrai, ne me reproche rien, mais je n'en suis pas justifié pour autant ; mon juge, c'est le Seigneur. |
| Seigneur Jésus, nous croyons que tu es le seul à n'avoir jamais été sous la moindre emprise du péché, que nous avons tous péché, et que tu nous as apporté le don gratuit et absolu de la miséricorde de Dieu, dans la puissance de l'Esprit Saint, que tu nous as donné au terme de ton passage au Père, après ta résurrection : aide-moi à comprendre que ce pardon, qui change mon coeur, appelle de ma part accueil et réponse en vérité avec une conscience droite, qui te redise sans cesse que j'essaye de t'aimer, mais que toi seul peux apprécier la qualité de mon amour pour toi, et que j'essaye de ne rien chercher d'autre que de te suivre simplement, sachant que tu es toujours avec moi sur le chemin de ta vie et de ta présence. AMEN. |