Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
10 Août 2009
Saint Jean-Marie Vianney ne s’est pas contenté en effet d’accomplir rituellement les actes de son ministère. C’est son cœur et sa vie qu’il cherchait à conformer au Christ.
La prière était l’âme de sa vie : prière silencieuse, contemplative, généralement dans son église, au pied du tabernacle. Par le Christ, son âme s’ouvrait aux trois Personnes divines, auxquelles il remettra "sa pauvre âme" dans son testament. "Il conservait une union constante avec Dieu au milieu de sa vie extrêmement occupée". Et il ne négligeait ni office ni chapelet. Il se tournait spontanément vers la Vierge.
Sa pauvreté était extraordinaire. Il se dépouillait littéralement pour les pauvres. Et il fuyait les honneurs. La chasteté brillait dans son regard. Il savait le prix de la pureté pour "retrouver la source de l’amour qui est Dieu". L’obéissance au Christ se traduisait, pour Jean-Marie Vianney, par l’obéissance à l’Église et spécialement à l’évêque. Elle s’incarnait dans l’acceptation de la lourde charge de curé qui souvent l’effrayait.
Mais l’Évangile insiste spécialement sur le renoncement à soi-même, sur l’acceptation de la croix. Bien des croix se présentaient au Curé d’Ars au cours de son ministère : calomnies des gens, incompréhensions d’un vicaire ou des confrères, contradictions, et aussi une lutte mystérieuse contre les puissances infernales, et parfois même la tentation du désespoir au sein d’une nuit spirituelle.
Toutefois, il ne se contentait pas d’accepter ces épreuves sans se plaindre ; il allait au-devant de la mortification, en s’imposant des jeunes continuels et bien d’autres rudes façons de "réduire son corps en servitude", comme dit saint Paul. Mais ce qu’il faut bien voir dans cette pénitence dont notre siècle a malheureusement peu l’habitude, ce sont ses motifs : l’amour de Dieu et la conversion des pécheurs. Ainsi, il interpelle un confrère découragé : "Vous avez prié, vous avez gémi, mais avez-vous jeûné, avez-vous veillé ?" On rejoint ici l’interpellation de Jésus aux Apôtres : "Cette espèce de démons ne se chasse que par la prière et le jeûne" .
En définitive, Jean-Marie Vianney se sanctifiait pour être plus apte à sanctifier les autres. Certes, la conversion reste le secret des cœurs, libres de leur démarche, et le secret de la grâce de Dieu Par son ministère, le prêtre ne peut qu’éclairer les personnes, les guider au for interne et leur donner les sacrements Ces sacrements sont bien des actes du Christ, dont l’efficacité n’est pas diminuée par l’imperfection ou l’indignité du ministre. Mais le, résultat dépend aussi des dispositions de celui qui les reçoit, et celles-ci sont grandement favorisées par la sainteté personnelle du prêtre, par son témoignage perceptible, comme aussi par le mystérieux échange des mérites dans la communion des saints. Saint Paul disait : "Je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son corps qui est l’Église" . Jean-Marie Vianney voulait en quelque sorte arracher à Dieu ces grâces de conversion, non seulement par sa prière, mais par le sacrifice de toute sa vie. Il voulait aimer Dieu pour ceux qui ne l’aimaient pas et même accomplir en grande partie la pénitence qu’ils ne faisaient pas. Il était vraiment le pasteur solidaire de son peuple pécheur.
Chers Frères prêtres, ne craignons pas cet engagement très personnel - marqué par l’ascèse et inspiré par l’amour - que Dieu nous demande pour bien exercer notre sacerdoce. Souvenons-nous de la récente réflexion des Pères synodaux : "Il semble que dans les difficultés actuelles, Dieu veuille nous enseigner plus profondément la valeur, l’importance et la place centrale de la croix de Jésus-Christ" . Dans le prêtre, le Christ revit sa Passion, pour les âmes. Rendons grâce à Dieu qui nous permet ainsi de participer à la Rédemption, dans notre cœur et dans notre chair.
Pour toutes ces raisons, saint Jean-Marie Vianney ne cesse d’être un témoin, toujours vivant, toujours actuel, de la vérité sur la vocation et sur le service sacerdotal. On se souviendra de la façon convaincue dont il a su parler de la grandeur du prêtre et de sa nécessité absolue. Les prêtres, ceux qui se préparent au sacerdoce et ceux qui y seront appelés, ont besoin de fixer les yeux sur son exemple et de le suivre. Les fidèles eux-mêmes saisiront mieux, grâce à lui, le mystère du sacerdoce de leurs prêtres. Non, la figure du Curé d’Ars ne passe pas !
Extrait de la LETTRE DU PAPE JEAN-PAUL II AUX PRÊTRES POUR LE JEUDI SAINT 1986