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16 Août 2009
Notre Seigneur nous enseigne qu’il faut prier toujours, Oportet semper orare.[9] (Luc, 18, 1)
L’accomplissement de ce précepte, pris dans la rigueur de la lettre, nous serait impossible : c’est pourquoi les saints Pères l’ont expliqué dans ce sens qu’il faut prier assez souvent pour que l’âme soit continuellement sous l’action, sous la protection de la prière faite précédemment [10].
À cette fin, le Saint-Esprit a inspiré à l’Église de fixer des heures de prières, et l’on a regardé comme priant toujours ceux qui sont fidèles à prier dans les temps prescrits, aux heures fixées, et, mieux, aux heures canoniques. Semper orat qui statuta tempora non prætermittit orandi.[11] (Bède).
Ces heures sont bien connues.
Les Apôtres nous ont donné l’exemple de la prière à ces heures canoniques ;
Media nocte Paulus et Silas orantes laudabant Deum et audiebant eos qui in custodia erant.[12] (Act. 16, 25). C’était une prière vocale, puisqu’elle était entendue des gens qui étaient en prison avec les Apôtres.
Le jour de la Pentecôte, l’Église naissante était réunie pour la prière de Tierce, quand vint le Saint-Esprit : Erant omnes pariter in eodem loco... hora diei tertia.[13] (Act. 2, 1-15)
Saint Pierre monte pour prier dans une chambre haute : c’était l’heure de Sexte : Ascendit... ut oraret circa horam Sextam.[14] (Ibid. 10, 9)
Saint Pierre et saint Jean montent au temple pour prier à l’heure de None : Petrus autem et Joannes ascendebant in templum ad horam orationis Nonam.[15] (Ibid 3, 1). Ce passage est extrêmement remarquable : les Apôtres avaient leurs heures fixées pour prier : Horam orationis [16]: None était une de ces heures.
Le Centurion Corneille, avant même d’être chrétien, priait à l’heure de None, et c’est alors qu’il reçut la visite de l’ange qui l’adressa à saint Pierre : Orans eram, in domo mea hora Nona.[17] (Ibid. 10, 30)
La tradition de l’Église est constante sur ce point si important de la prière aux heures canoniques. Les exemples des saints sont uniformes dans tous les siècles ; et nous les voyons tous et toujours faire de la prière aux heures canoniques leur premier devoir. Et comme saint Pierre disait : Non est æquum nos derelinquere Verbum Dei et ministrare mensis[18] (Act. 6, 2), ne voulant pas sacrifier la prédication à un service extérieur de charité, combien moins aurait-il voulu sacrifier la prière, qu’il mettait avant la prédication et avant toutes choses, ainsi qu’il le témoigne dans ces mots déjà cités : Nos vero orationi et ministerio Verbi instantes erimus.[19] (Ibid. 6, 4)
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[9] Luc, 18, 1 : Il faut prier toujours.
[10] Et c’est là, la raison de la prière : Divinum auxilium maneat semper nobiscum. — Nous la disons à la fin de toutes les heures canoniques, souhaitant et demandant à Dieu que, la prière canonique étant finie, nous ayons toujours avec nous le secours de Dieu, l’assistance de sa grâce, jusqu’à ce qu’une prière nouvelle nous mette plus spécialement sous l’action de la grâce qui fait prier.
[11] Bède : Il prie toujours, celui qui n’omet pas de prier aux temps fixés.
[12] Act. 16, 25 : Vers minuit, Paul et Silas, en prières, chantaient les louanges de Dieu ; les prisonniers les écoutaient.
[13] Act. 2, 1-15 : Ils étaient tous réunis ensemble... à la troisième heure du jour.
[14] Act. 10, 9 : Pierre monta sur la terrasse pour prier, vers la sixième heure.
[15] Act. 3, 1 : Pierre et Jean montaient au Temple, à l’heure de la prière, la neuvième.
[16] Horam orationis : L’heure de la prière.
[17] Act. 10, 30 : J’étais à prier chez moi, à la neuvième heure.
[18] Act. 6, 2 : Il n’est pas juste que nous délaissions la parole de Dieu, pour servir aux tables.
[19] Act. 2, 4 : Ils furent remplis du Saint-Esprit et ils se mirent à parler.