Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
31 Août 2009
TRAITE DU MINISTERE ECCLESIASTIQUE
Notre Seigneur est l’unique Sauveur des hommes, ce n’est donc point en dehors de lui que l’on saurait trouver remède aux maux dont nous souffrons : Non est in alio aliquo salus, nec enim aliud nomen est sub cœlo datum hominibus in quo oporteat nos salvos fieri.[6] (Act. 4. 12)
Si donc la nature est malade de ce mal appelé le naturalisme, elle doit pour être guérie se soumettre à Jésus ; sinon elle gardera son mal, et son mal la perdra sans retour et pour toujours.
Et il faut remarquer que la soumission nécessaire pour la guérison est une soumission complète, totale, cordiale : il faut s’abandonner au médecin céleste pour recevoir toute la vertu de ses divins remèdes : toute réserve dans la soumission non seulement compromet la guérison, mais souvent la rend impossible : « Je veux être baptisé, disait l’eunuque de la reine d’Ethiopie. — Oui, lui dit saint Philippe, si tu crois de tout ton cœur, si credis ex toto corde licet[7] (Act. 8, 37) ». Le salut est à cette condition.
La raison a son mal qui est le rationalisme. Elle aussi pour guérir a besoin de se soumettre, de se soumettre à la foi. Quoi de plus juste ! La raison créée se doit tout entière à la raison incréée, la raison humaine à la raison divine. Si la raison humaine croit se grandir en affectant l’indépendance, elle se trompe, absolument comme le prodigue quittant la maison de son père. Que trouva-t-il quand il fut loin de son père ? L’indigence et la honte. La raison qui s’écarte de la foi n’a rien autre chose à espérer. Son salut est dans ce mot du prodigue : Surgam et ibo ad Patrem meum.[8] (Luc. 15, 18)
Et il faut noter ici une illusion grandement funeste dans laquelle sont tombés bien des hommes d’ailleurs recommandables. Comme il est nécessaire que la raison humaine marche avec la foi, ces hommes ont cru bien faire en abaissant la foi devant la raison : en atténuant les divines exigences de la foi, en diminuant ses droits imprescriptibles, afin, disaient-ils, de la rendre plus facilement acceptable. Mais pourquoi vouloir faire pour les âmes ce que ne voudraient pas faire pour les corps les médecins dignes de ce nom ? Ils savent la dose nécessaire pour qu’un médicament puisse guérir ; iront-ils n’en donner qu’une dose affaiblie, sous prétexte qu’elle sera plus facile à prendre ? Ils savent bien qu’à ce prix il n’y aurait pas de guérison, et ils ne le feront pas. Médecins des âmes, pourquoi serions-nous moins habiles que les médecins du corps ? Filii hujus sæculi prudentiores filiis lucis in generatione sua sunt.[9] (Luc. 16, 8)
La liberté a son mal qui est le libéralisme. La liberté est une très belle et très digne faculté de l’âme ; le libéralisme est un état de cette liberté, état faux et forcé. Car la liberté nous est donnée pour le bien et pour le mérite, et le libéralisme est l’état d’une liberté qui se plaît en dehors du bien et du mérite : comme le rationalisme est un abus de la raison, le libéralisme est un abus de la liberté : abus qui consiste à faire de la liberté même la règle de la liberté. Mais Dieu seul est à lui-même sa règle, et toute créature qui veut imiter Dieu en cela, ne fait qu’imiter Satan, le premier des révoltés. La raison a sa règle dans la raison de Dieu qui est la foi, et la liberté a sa règle dans la volonté de Dieu qui est la charité.
La charité éclaire, dirige, contient, soutient, fortifie la liberté et lui fait faire des progrès merveilleux : car plus l’homme avance dans le bien et dans le mérite, plus il est libre. Écoutons la grande voix de l’Église : Populum tuum, quæsumus Domine, cœlesti dono prosequere ut et perfectam libertatem consequi mereatur et ad vitam proficiat sempiternam.[10] (Oraison du lundi de Pâques).
Ceci nous amène à citer encore, à mieux comprendre, et admirer davantage le mot sublime de saint Augustin : Libertas est charitas.[11] (De natura et gratia. lib. I. cap. LXV)
En allant plus loin dans l’étude du mal présent, nous trouvons le sensualisme, l’amour du bien-être matériel, l’amour de la satisfaction des sens ; le mouvement d’Eve vers le fruit qui lui paraissait beau à voir et bon à manger.
Le remède à ce mal si commun, si profondément enraciné dans la nature, c’est la pénitence.
Faites pénitence, disait Notre Seigneur, c’était le premier mot de ses prédications ; et la pénitence est si nécessaire, qu’il dit un jour : Nisi pœnitentiam habueritis omnes similiter peribitis.[12] (Luc. 13. 3)
Le mot de pénitence est devenu un mot peu agréable à entendre ; il y a une sorte de pudeur d’un nouveau genre à le prononcer. On est allé loin dans cette voie, et nous avons entendu une espèce de saint homme nous débiter gravement cette maxime : « Le jeûne n’est plus dans l’esprit de l’Église ; aujourd’hui c’est l’oraison, c’est l’oraison ».
Oui, sous prétexte de spiritualité, on est venu à effacer une bonne partie de l’Évangile : si quelque chose y a gagné, que l’on nous dise si ce n’est pas le sensualisme
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[6] Act. 4, 12 : Et le salut n’est en aucun autre, car il n’est pas sous le ciel d’autre Nom donné chez les hommes par lequel nous devions être sauvés.
[7] Act. 8, 37 : Si tu crois de tout ton cœur, c’est possible.
[8] Luc. 18, 15 : Je vais partir, j’irais trouver mon Père.
[9] Luc, 16, 8 : Les fils de ce monde-ci sont plus prudents que les fils de la lumière envers ceux de leur génération.
[10] Oraison : Nous vous en prions Seigneur, comblez votre peuple de vos dons célestes, si bien qu’il mérite la liberté parfaite et progresse vers la vie éternelle.
[12] Luc. 13, 3 : Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous pareillement