Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
2 Septembre 2009
TRAITE DU MINISTERE ECCLESIASTIQUE
En France le ministère s’exerce exclusivement vis-à-vis d’hommes baptisés [17]. Pour cela seul, on pourrait se faire croire qu’il faut les considérer comme étant sub gratia ou tout au moins sub lege ; mais si l’on en jugeait ainsi, on se tromperait lourdement.
Car il y a une infinité d’âmes qui ont perdu la grâce, qui ont perdu souvent même la foi, et auxquelles on ferait vraiment un tort considérable en les traitant comme des fidèles, et en cherchant à les amener aux pratiques religieuses avant d’avoir fait naître ou renaître en elle la foi.
On pourrait leur faire croire que la religion est une affaire de formes et de cérémonies, et par là on les jetterait dans un état pire que le premier.
Le père Faber disait que les Anglais devaient être traités avec tous les ménagements que les Pères employaient autrefois vis-à-vis des païens. Cependant, ces Anglais sont baptisés ; et quoique protestants ils sont souvent plus religieux que beaucoup de nos catholiques français. Nous demanderions volontiers pour ceux-ci, ce que le père Faber demandait pour ses compatriotes. Oui, on leur rendrait un grand service en leur enseignant la foi, et en la leur enseignant de telle manière qu’ils ne soient jamais exposés à croire que Dieu se paiera en formalités, et que la religion est une affaire de cérémonie.
Cela soit dit pour les âmes qui sont dévoyées.
Il y en a d’autres. Celles qui servent Dieu n’ont pas toujours les secours spirituels dont elles ont besoin. Il leur faudrait des lumières, il leur faudrait être aidées dans le discernement de leurs voies, dans les opérations de Dieu en elles : rarement ces âmes-là trouvent ce dont elles ont besoin. Faute de secours, combien d’âmes s’abîment par exemple dans les scrupules, combien qui perdent courage dans les difficultés, combien qui languissent faute d’une instruction basée sur la foi, et qui pourraient dire comme le paralytique de l’Évangile : Hominem non habeo ![18] (Joan. 5, 7)
Les prêtres s’imaginent trop facilement qu’ils en sauront toujours assez pour confesser des paysans. Ils se trompent : les âmes des paysans valent les âmes des citadins, et il ne faut pas moins de lumières et de discernement pour aider une âme dans un village que dans une grande ville. Une âme est une âme partout, les besoins des âmes sont grands partout, et le Saint Esprit n’opère pas moins dans les plus humbles localités que dans les plus grandes villes.
Nous avons été maintes fois à même de constater cette détresse, dont souffrent les âmes, manquant de secours, de lumières, de direction sûre.
Il en est qui croient remédier à tout en prenant sur les âmes le ton de l’autorité : Faites cela, je vous le commande : obéissez... Ces moyens-là ne sont pas et ne font pas la lumière. L’autocratie du prêtre n’est pas de mise, là où le Saint Esprit veut avoir la parole.
A part le cas, assez rare d’ailleurs, d’un scrupule venant de timidité, l’autorité n’est pas un moyen salutaire de direction. Non dominamur fidei vestræ.[19] (II Cor. 1, 24)
Le moyen vrai consiste bien plus dans le soin d’éclairer la voie, d’instruire solidement sur la foi, sur les opérations de l’Esprit de Dieu, de l’esprit propre, et quelquefois même de l’esprit méchant.
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[17] Ces mots ont été écrits en 1870.
[18] Joan. 5, 7 : Je n’ai personne.
[19] II Cor. 1, 24 : Ce n’est pas que nous régentions votre foi.