Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le blog de l'Abbé Benoît

Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.

Publicité

4. — FRUITS SPIRITUELS DE L'OFFICE DIVIN : ASSIMILATION A JÉSUS-CHRIST


L'OFFICE DIVIN[1]

4. — FRUITS SPIRITUELS DE L'OFFICE DIVIN :

 

Le but premier de l'office divin est de louer Dieu, de lui rendre hommage.

Mais, dans sa bonté, le Seigneur donne à l'âme qui s'en acquitte avec foi et amour, d'en retirer de riches fruits de sanctification. Il est hors de doute, comme le montre l'expérience, que la pieuse récitation du bréviaire produit pour la vie intérieure du prêtre de bienfaisants effets.

Parmi ceux-ci, le premier, le plus marquant, c'est l'habitude de l'union au Christ dans son sacerdoce de louange éternelle.

Toute la gloire rendue à Dieu sur la terre comme au ciel ne monte vers lui que par Jésus-Christ. Nous proclamons cette grande vérité chaque matin, au moment solennel où nous terminons le canon de la messe : Per ipsum, et cum ipso, et in ipso.

Quand nous récitons nos Heures en communion avec l'Église entière, le Christ, comme Chef du corps mystique et centre de la communion des saints, prend et réunit toutes nos louanges en lui. Même les esprits bienheureux, pour chanter leur céleste Sanctus, doivent passer par sa médiation sacerdotale : Per quem majestatem tuam laudant angeli. Combien imparfaite et déficiente n'est pas notre glorification ! Mais le Christ supplée à notre faiblesse. « Si vous jetez en lui votre pauvre effort, dit Louis de Blois, votre plomb se changera en or très précieux, votre eau en vin exquis »[14].

Pensez encore que nul en ce monde n'a saisi la grandeur des psaumes comme Jésus. Quand il les récitait, il savait que beaucoup d'entre eux parlaient de lui, de sa mission, de sa gloire. Lui-même n'a-t-il pas affirmé que dans ces chants, c'est de sa propre personne qu'il est question (Lc. XXIV, 44) ? Voilà notre modèle. Invitons le Christ à se tenir près de nous, entrons dans l'élévation de sa religion, faisons nôtres ses intentions de bénir le nom du Père, de désirer son règne.

Croyez-le fermement : Dieu a communiqué à la sainte Humanité de Jésus le pouvoir de nous élever jusqu'à lui : « Père, ceux que vous m'avez donnés, je veux que là où je serai, ils soient avec moi » (Jo. XVII, 24). Appuyés sur ses mérites nous sommes introduits devant le trône de Dieu, dans « une audience de miséricorde » : in sanctuarium exauditionis. Là, nous sommes certains que le Père nous voit, nous écoute, nous aime en son Fils, fit que, membres de ce Fils, nous pouvons communier à sa louange.

Lorsque, dans la préparation, nous avons déjà formulé cette volonté de rester unis à Jésus, il nous est plus facile, au cours des Heures, de ne pas perdre de vue combien notre prière trouve appui et suppléance dans la toute puissante médiation de notre Pontife souverain.

Ensuite, si, dans l'accomplissement de cette tâche, le prêtre cherche à vivre son « année liturgique », là encore, il rencontrera le Christ.

Les événements de l'existence terrestre de Jésus ne sont pas seulement saints en eux-mêmes, ils sont sanctifiants. Aux âmes qui les contemplent et veulent s'y associer, ils apportent des grâces qui augmentent davantage en elles l'union à la vie du Sauveur. Quelle en est la raison ?

Tout ce que le Christ a fait ici-bas, il l'a fait assurément pour la gloire du Père, mais aussi « pour les hommes et pour leur salut » : propter nos homines et propter nostram salutem. C'est pourquoi chacune de ses actions, chacune de ses paroles, chacun de ses états est toujours source de grâce pour nous. Bethléhem, Nazareth, le Golgotha, la résurrection, l'ascension, la mission du Saint-Esprit constituent les phases principales du drame de notre rédemption, comme aussi de notre adoption surnaturelle. Au jour où, dans son cycle annuel, l'Église évoque à nouveau ces différents mystères, leur action sanctificatrice agit sur nos âmes. Pour tous, mais surtout pour le prêtre, ces solennités ne sont pas seulement un objet d'admiration ; elles sont encore, au sens large du mot, des « sacrements », ou mieux, des « sacramentaux » qui produisent dans les cœurs bien disposés un accroissement d'amour et de joie.

Certaines personnes ne voient dans les fêtes de l'Église que le chant, la beauté des ornements, l'éclat de lumières. Cela, c'est l'extérieur ; c'est la frange du vêtement du Christ. Cherchons-y avant tout, notre union profonde au divin Maître. Il veut qu'en notre qualité de membres, nous revivions dans la foi les étapes du grand mystère rédempteur qu'il a vécu lui-même pour nous, que nous nous associions intérieurement aux sentiments de son cœur sacré. Ainsi, par sa grâce, s'opérera de plus en plus notre assimilation vitale à Jésus. Et n'est-ce pas là toute notre prédestination [15] ?

Vous le voyez, par l'influence du cycle liturgique, le Seigneur se manifeste à nous dans une clarté toujours nouvelle ; il se révèle plus près de notre cœur, il avive en nous la foi, relève l'espérance et soutient l'élan de l'amour. De la sorte, d'année en année, l'âme s'ouvre davantage au courant de vie surnaturelle qui dérive de l'incessante succession des fêtes liturgiques ; leur variété combat la routine, et chaque récitation de l'office tend à devenir un Cantate Domino canticum novum.

________________

[1] Voir dans Le Christ vie de l'âme le chapitre Vox Sponsae et, dans Le Christ idéal du moine, les deux chapitres L'opus Dei, louange divine et Moyen d'union à Dieu.
[14]
Miroir de l'âme, traduction des Bénédictins. Collection Pax, t. II, p.44.

[15] Dom Marmion a longuement développé ces vues dans les chapitres Les mystères du Christ sont nos mystères ; Comment nous assimiler leur fruit, du volume Le Christ dans ses mystères.

 ASSIMILATION A JÉSUS-CHRIST
Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article