Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le blog de l'Abbé Benoît

Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.

Publicité

LA SPIRITUALITE PASTORALE DU CURE D'ARS

 

Par Mgr Ancel, évêque auxiliaire de Lyon, supérieur du Prado.

- Ars, 24 septembre 1959 -

[dans le cadre des Journées Sacerdotales du Centenaire]

 

 

1


Je dois vous avouer, en commençant cette conférence, qu’il m’est arrivé une singulière mésaventure en la
préparant. J’avais l’intention de dégager, à partir de la vie du Curé d’Ars, les grands lignes d’une spiritualité pastorale répondant à nos préoccupations actuelles.

Nous sommes tous plus ou moins submergés par nos activités pastorales et notre vie spirituelle est souvent compromise par ces activités. Nous risquons continuellement de tomber dans l’activisme. Cette constatation qui s’impose à nous est, en même temps, un scandale. Nos activités pastorales sont saintes en elles-mêmes : pourquoi deviennent-elles pour nous l’occasion d’une diminution ou même d’une perte de vie spirituelle ?

Cependant, il y a des exceptions : il y a des prêtres qui se sanctifient dans leur apostolat et parmi eux le Curé d’Ars occupe une place toute spéciale. D’où mon projet : essayer de trouver dans le Curé d’Ars les moyens de nous sanctifier à partir de nos activités pastorales. Mais – et c’est là que se situe ma mésaventure – j’avais pensé trouver chez le Curé d’Ars une espèce de méthode spirituelle répondant à nos préoccupations d’aujourd’hui. En effet, sans nier aucunement que la prière est l’âme de tout apostolat, nous voudrions, en même temps, que l’apostolat devienne l’âme de la prière, de sorte que chacune de nos activités apostoliques soit pour nous l’occasion d’une montée spirituelle.

Or, j’ai été obligé de reconnaître que le problème ne se posait pas du tout de cette manière au Curé d’Ars. Sans doute un choix judicieux (?) de faits et de textes aurait pu me permettre d’édifier une thèse. Mais plus j’avançais dans ma recherche, plus je me rendais compte que je ne pouvais pas aboutir. Sans doute, le Curé d’Ars a une spiritualité pastorale, mais elle a des caractéristiques propres qui ne lui permettent pas d’entrer dans nos catégories d’aujourd’hui. C’est pourquoi, abandonnant mon projet primitif, je me suis résolu à vous présenter la spiritualité pastorale du Curé d’Ars, sans chercher aucunement à l’interpréter, ni à l’utiliser. En conclusion seulement nous verrons comment cette spiritualité a, pour nous- du moins me semble-t-il-- une actualité bouleversante.

Parfois on ne trouve pas ce qu’on avait cherché, et on trouve ce qu’on n’avait pas cherché. Mais avant de commencer mon exposé je vous présenterai quelques remarques préliminaires :


1. Non seulement le Curé d’Ars n’a pas séparé sa vie spirituelle personnelle et sa vie pastorale, mais en lui
tout est profondément unifié. Spiritualité personnelle et spiritualité pastorale ne font qu’un. Nous serons donc plus d’une fois obligés de pénétrer dans sa spiritualité personnelle pour dégager sa spiritualité pastorale.

 

Mais nous nous mettrons toujours au point de vue pastoral pour faire cette étude.


2.

 

La spiritualité pastorale du Curé d’Ars ne prend jamais la forme d’une doctrine. De là vient la quasi-impossibilité de l’exposer d’une façon systématique. On a même l’impression qu’en cherchant à lui donner des contours trop fermes, on risquerait de la déformer. Elle est une vie, une vie vécue profondément dans toutes les formes de l’activité pastorale, mais elle n’est pas un système. Je chercherai seulement à mettre en relief quelques-uns de ses principaux aspects afin que nous puissions plus facilement en comprendre la richesse.


3. Je citerai abondamment le Curé d’Ars. Rien ne peut remplacer ce contact direct avec ses propres
expressions. Mais soit qu’on le lise, soit qu’on l’écoute, on doit toujours se rappeler que ces expressions se rapportent directement à son expérience spirituelle et à son activité pastorale. Non seulement on serait déçu si on voulait les examiner en elles-memes dans leur valeur littéraire ou dans leur signification conceptuelle  mais on se tromperait gravement. Il y a sans doute des phrases d’une belle venue littéraire et il y a quelques pensées que l’on pourrait comparer à celles de Pascal. Mais il ne s’agit pas de cela. Le Curé d’Ars a dans la

lumière de Dieu, acquis une expérience spirituelle qu’il nous livre de son mieux, il a devant lui des hommes qu’il veut sauver et faire grandir dans l’amour de Dieu, et puis c’est tout. Il n’est ni un homme de lettres, ni un penseur ; c’est un prêtre et un pasteur. Alors, il n’y a plus rien de banal, car tout est vie et action salvatrice.


4. Je me suis efforcé d'aller à l'essentiel, c'st pourquoi j'ai voulu délibérément laisser de côté les carectère

extraordinaires ou trop personnels de sa vie spirituelle. Je n’en parlerai que dans la mesure où ce sera nécessaire pour comprendre le reste. Ne vous étonnez donc pas si j’ai laissé presque entièrement de côté les phénomènes extraordinaires d’intuitions ou de guérisons, les tentations particulières de désespoir ou de fuite qui l’ont assailli continuellement et le caractère extraordinaire de son jeûne et de son austérité.



__________
1 Cette conférence a été donnée dans le cadre des
Journées Sacerdotales du Centenaire. Elles étaient organisées à Ars les 22-23-24 septembre 1959 – sous la présidence de Mgr Fourrey évêque de Belley –, à l’occasion du centenaire de la mort de Jean-Marie Vianney, le 4 août 1859. 600 prêtres y étaient présents.

 

 

 
Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article