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Le blog de l'Abbé Benoît

Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.

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I - LA PRIERE. - Les trois étapes

LA SPIRITUALITE PASTORALE DU CURE D'ARS

 

- Ars, 24 septembre 1959 -

[dans le cadre des Journées Sacerdotales du Centenaire]


I -

 

LA PRIERE

Toute la vie du Curé d’Ars est dominée par la prière. Le Curé d’Ars, depuis son enfance jusqu’à sa mort, a vécu dans une union intime avec Dieu, et cela dans toutes ses occupations. Il a été par excellence l’homme de la prière. Cette première constatation s’impose à quiconque veut expliquer sa spiritualité pastorale.


1- Les trois étapes

D’après les témoignages que nous avons sur lui, nous pouvons distinguer trois étapes. Depuis l’éveil de sa raison jusqu’à sa nomination de curé à Ars ; les premières années à Ars jusqu’au développement du pèlerinage ; les dernières années depuis l’accaparement des pèlerins.

La première période est marquée par une prière continuelle dans le travail et les occupations quotidiennes, et cette prière lui semblait toute naturelle. « On ne peut pas dire que les laboureurs, les ouvriers n’ont pas le temps de méditer, puisqu’ils peuvent le faire si facilement en travaillant.» (Nodet

 

2 ,87) ; elle est aussi marquée par le temps considérables donné exclusivement. Il l'a dit lui-même : " dans l'intervalle  des travaux à la campagne, je faisais semblant de me reposer et de dormir comme les autres et je priais Dieu de tout mon coeur ; c’était le bon temps et que j’étais heureux ! » (Nodet,91)

La plupart des témoignages se rapportent à Dardilly ; on a moins de témoignages au sujet de son séjour aux Noës, à Écully ou au séminaire. Mais le contenu de ces témoignages est concordant.

La deuxième période est marquée surtout par la durée des prières faites à l'Eglise paroissiale. Jean Pertinand, instituteur, nous apporte son témoignage : « Dans les commencements de son ministère à Ars, il allait régulièrement à l’église à quatre heures du matin et restait en adoration au pied des autels jusqu’au moment de la messe qu’il disait vers les sept heures » (Nodet-Serment

 

3, 43). Catherine Lassagne complète son affirmation : « Les premiers temps qu’il était curé à Ars, son bonheur était de passer des temps considérables du jour et de la nuit à l’église devant le Saint-Sacrement. On le trouve presque à toutes les heures du jour devant le Saint-Sacrement, et toujours à genoux. Il passait aussi une partie de la nuit à l’église » (Nodet, 116)

Pendant la troisième période, à cause des pèlerins, il ne peut consacrer exclusivement au Seigneur que peu de temps pendant la journée. En plus de la messe et du bréviaire, il donne de 20 à 30 minutes pour la préparation à la messe (Nodet, 26, 110). Mais il prie aussi pendant ses insomnies et « il disait que ses prières pendant la nuit le dédommageaient des fatigues du jour. » (Nodet, 92).
Pendant cette dernière période, il a beaucoup souffert de ne pouvoir donner davantage de temps à la prière.
Il l’a dit bien des fois : « Je sèche d’ennui sur cette pauvre terre. Mon âme est triste jusqu’à la mort. Mes oreilles n’entendent que des choses pénibles et qui navrent le coeur… Je n’ai pas le temps de prier le Bon Dieu. Je ne peux plus tenir » (Nodet, 83-84).
Cependant, il ne quittait jamais la présence de Dieu dans tout ce qu’il faisait ; mais cela ne lui suffisait pas.

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