Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
12 Octobre 2009
LA SPIRITUALITE PASTORALE DU CURE D'ARS
Par Mgr Ancel, évêque auxiliaire de Lyon, supérieur du Prado.
- Ars, 24 septembre 1959 -
[dans le cadre des Journées Sacerdotales du Centenaire]
I -
LA PRIERE
2- Les formes de sa prière
Le Curé d’Ars a toujours fait passer la prière communautaire avant la prière individuelle. Il donnait une comparaison : « La prière particulière ressemble à la paille parsemée çà et là dans un champ. Si on y met le feu, la flamme a peu d’ardeur, mais si on réunit cette paille éparse, la flamme est abondante et s’élève haut vers le ciel : ainsi en est-il de la prière publique » (Nodet, 90) (Ce que le Curé d’Ars appelle ici prière publique, correspond à ce que nous appellerions prière communautaire.)
. Ainsi, il a beaucoup prié avec ses paroissiens, même en dehors de la messe et des autres offices liturgiques. Quelle consolation de pouvoir prier le Bon Dieu ! sans cela la vie ne serait pas supportable" (Nodet 91). Le
bréviaire était léger comme une plume aux curés canonisés » (Nodet, 102), et voici ce que les témoins ont remarqué : « Le serviteur de Dieu disait son office à l’église et à genoux. Il était tellement recueilli qu’il ne
s’apercevait ni de la foule qui l’environnait ni du bruit qui pouvait se faire » (Nodet, 92). « Souvent, il faisait des pauses en disant son office et regardait le tabernacle avec des yeux où se peignait une joie si vive, qu’on aurait pu croire qu’il voyait Notre Seigneur » (Nodet, 115).
Quant à la messe ; les témoignages abondent. Il apparaît clairement que, dans la vie du Curé d’Ars, la messe était au centre de tout. Sans doute, il a surtout parlé, conformément à l’usage de son temps, du Christ-Dieu, rendu présent à l’autel par la Consécration, mais il n’oubliait ni le caractère sacrificiel de l’Eucharistie, ni l’exigence qui s’impose au prêtre d’unir son immolation à celle du Christ : « Que c’est beau ! après la Consécration, le Bon Dieu est là, comme dans le ciel !… Si l’homme connaissait bien ce mystère, il mourrait d’amour. Dieu nous ménage à cause de nos faiblesses » (Nodet, 108). « Jusqu’à la Consécration, je vais assez vite, mais après la Consécration, je m’oublie en tenant Notre Seigneur dans mes mains » (Nodet, 109). « Le martyre n’est rien à comparaison : c’est le sacrifice que l’homme fait à Dieu de sa vie : la messe est le sacrifice que Dieu fait pour l’homme de son corps et de son sang » (Nodet, 108). « Oh ! qu’un prêtre fait donc bien de s’offrir à Dieu en sacrifice tous les matins ! » (Nodet,107).
Il faut insister sur son culte de la présence réelle et la sainteté de ses communions. Il avait certainement une foi intense qui lui permettait de mieux réaliser la présence du Seigneur dans l’Eucharistie : « Si nous avions la foi, nous verrions Jésus-Christ dans le Saint-Sacrement comme les anges Le voient au ciel. Il est là, Il nous attend » (Nodet, 113). Il disait aussi : « Lorsque nous sommes en route et que nous apercevons un clocher, cette vue doit nous faire battre notre coeur comme la vue du toit où demeure son bien-aimé fait battre le coeur de l’épouse » (Nodet, 113). Enfin, on a rendu de lui ce témoignage : « Il parlait souvent de la présence réelle de Notre Seigneur dans l’Eucharistie et il le faisait avec un tel accent de conviction que ses paroles allaient à l’âme. Quelquefois la respiration lui manquait et il demeurait comme en suspens » (Nodet, 115).
Voici maintenant ce qu’il dit de la communion : « Une communion sainte, une seule, c’est assez pour dégoûter l’homme de la terre et lui donner un avant-goût des délices célestes ! » (Nodet, 116). Il reprend la même pensée sous une autre forme : « Une communion bien faite suffit à embraser une âme de l’amour de Dieu et lui faire négliger la terre » (Nodet, 121). Et encore : « Si l’on pouvait comprendre tous les biens renfermés dans la sainte communion, il n’en faudrait pas davantage pour contenter le coeur de l’homme. L’avare ne courrait plus après ses trésors, l’ambitieux après la gloire ; chacun quitterait la terre en secouant la poussière et s’envolerait vers le ciel » (Nodet, 121).
Étant donné la valeur qu’il attribue à la communion, on ne s’étonne pas de son affirmation : « Mettez toutes les bonnes oeuvres du monde contre une communion bien faite ; ce sera comme un grain de poussière devant une montagne » (Nodet, 121). Et tout ce qu’il dit, il l’a expérimenté d’une façon profonde en lui-même : « Sans la divine Eucharistie, il n’y aurait point de bonheur en ce monde, la vie ne serait pas supportable. Quand nous recevons la sainte communion, nous recevons notre joie, notre bonheur » (Nodet, 119), et il nous manifeste les grâces extraordinaires qui lui étaient communiquées : « Quand on fait la sainte communion, on sent quelque chose d’extraordinaire, un bien-être qui parcourt tout le corps et se répand jusqu’aux extrémités. Qu’est-ce que ce bien-être ? C’est Notre Seigneur qui se communique à toutes les parties de notre corps et les fait tressaillir… Ceux qui ne sentent tout à fait rien sont bien à plaindre » (Nodet, 119).