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Le blog de l'Abbé Benoît

Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.

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IV. 2 - Union au souverain prêtre dans l’immolation de son être

LA SPIRITUALITE PASTORALE DU CURE D'ARS

Par Mgr Ancel, évêque auxiliaire de Lyon, supérieur du Prado. 
- Ars, 24 septembre 1959 -

[dans le cadre des Journées Sacerdotales du Centenaire


2 - Union au souverain prêtre dans l’immolation de son être

Parce que le Curé d’Ars était prêtre et avait charge d’âmes, il était l’homme de la prière et du sacrifice. Nous ne reviendrons pas ici sur ce que nous avons dit de la prière dans la vie du Curé d’Ars, qu’il s’agisse de sa prière personnelle, du bréviaire ou de l’offrande de la messe. Mais nous insisterons sur la signification profonde de son immolation.

Là encore nous trouvons une grande leçon pour nous.

Il est sûr que c’est par inspiration divine que le Curé d’Ars s’est livré à une vie de mortification dépassant largement les bornes de la prudence humaine ; il est non moins certain que le Seigneur a voulu que son serviteur soit crucifié dans tout son être : il a permis au démon de le tourmenter, il a permis qu’il souffrît de la part de ses paroissiens, de ses confrères et même parfois de son évêque ; il lui a imposé en quelque sorte un ministère épuisant physiquement et moralement ; enfin, son corps a été continuellement éprouvé par la maladie.

Or, le Curé d’Ars a bien vu dans tout cela une leçon de portée universelle. Il disait à un curé : « Vous avez prié, vous avez gémi, vous avez pleuré ; mais avez-vous jeûné, avez-vous veillé, avez-vous couché sur la dure, vous êtes-vous donné la discipline ? Tant que vous n’en serez pas venu là, ne croyez pas avoir tout fait » (Nodet, 193). Je sais bien que cela ne correspond pas à la mentalité d’aujourd’hui. Mais il faut choisir entre la mentalité des hommes et les exigences de l’Esprit de Dieu.

A propos de ses confrères et des croix qui lui venaient par eux, il disait : « Il faut demander l’amour des croix : alors elles deviennent douces. J’en ai fait l’expérience : pendant quatre ou cinq ans j’ai été bien calomnié, bien contredit, bien bousculé. Oh ! J’avais des croix… j’en avais presque plus que je n’en pouvais porter ! Je me mis à demander l’amour des croix… Alors je fus heureux. Je le dis vraiment : il n’y a de bonheur que là… » ( Nodet, 184). À propos de la suppression de la Providence, il disait simplement : « Je pense que Monseigneur voit la volonté de Dieu en cela ; moi, j’avoue que je ne la vois pas » (Nodet, 186). Et cependant, nous savons que ce fut pour lui une souffrance atroce.

À propos de l’accablement du ministère, il disait : « Si un prêtre venait à mourir à force de travaux et de peines endurés pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, cela ne serait pas mal » (Nodet, 102). Il avait dit au Seigneur : « Accordez-moi la conversion de ma paroisse ; je consens à souffrir ce que vous voulez tout le temps de ma vie » (Nodet, 187). À un prêtre, il avait dit « qu’il souffrait de ne pas assez souffrir, et qu’il avait demandé au Bon Dieu de n’être jamais sans souffrance » (Nodet, 186).

Sans doute, nous ne sommes pas appelés à copier sa vie. Si nous voulions le faire ; il nous dirait peut-être comme à Catherine Lassagne : « En jeûnant, je peux faire mon ouvrage, et vous ne pourriez pas faire votre ouvrage » (Nodet, 194) ; mais il dit, en même temps : « Si vous n’avez point fait de sacrifice, vous n’aurez rien à moissonner » (Nodet, 190).

Il faut donc écouter sa leçon. Nous en avons un grand besoin : « Il n’y a qu’une manière de se donner à Dieu dans l’exercice du renoncement et du sacrifice : c’est de se donner tout entier sans rien garer pour soi » (Nodet, 191). Et si nous ne pouvons pas jeûner autant que lui, il nous dira : « Celui-ci fait un grand jeûne et qui est très agréable à Dieu, quand il combat son amour propre, son orgueil, sa répugnance à faire ce qu’il n’aime pas faire, ou en étant avec des personnes qui contrarient son caractère, ses manières d’agir » (Nodet, 191).

Seule la prière pourra nous apprendre ces choses ; ce que nous déciderions de nous-mêmes ne tiendrait pas. Il faut aussi rappeler que l’acceptation de la croix ne peut se faire que dans l’amour. Le Curé d’Ars est très net : « Il y a deux manières de souffrir : souffrir en aimant et souffrir sans aimer. Les saints souffraient tout en patience, joie et persévérance, parce qu’ils aimaient. Nous souffrons, nous, avec colère, dépit et lassitude, parce que nous n’aimons pas » (Nodet, 186).

On voit toute la plénitude qui est contenue dans ce texte que nous avons déjà cité : « Oh ! Qu’un prêtre fait donc bien de s’offrir à Dieu en sacrifice tous les matins » (Nodet, 107).

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