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22 Octobre 2009
LA SPIRITUALITE PASTORALE DU CURE D'ARS
Par Mgr Ancel, évêque auxiliaire de Lyon, supérieur du Prado.
- Ars, 24 septembre 1959 -
[dans le cadre des Journées Sacerdotales du Centenaire
5 - Union au souverain prêtre dans les diverses formes de son activité pastorale
Nous ne sortons pas de la spiritualité pastorale du Curé d’Ars quand nous parlons des différentes formes de son activité, car toutes les formes de son activité, sans aucune exception, avaient leur source dans son amour pour Dieu et dans sa prière.
Mais il est utile et même nécessaire de remarquer à quel point la vie du Curé d’Ars a été active. Sans doute on doit d’abord le regarder dans sa prière et à l’autel, en chaire et au confessionnal ; mais pris comme il l’était par ces diverses activités, il n’oubliait pas les autres.
Dans sa paroisse, il faut noter d’abord les visites qu’il faisait à ses paroissiens : « Les premiers temps qu’il était à Ars il visitait assez souvent ses paroissiens. Il leur parlait de leurs affaires de culture. Ces braves gens étaient contents de voir que leur Curé prenait part à leurs travaux et à tout ce qui les intéressait » (Nodet, 229). Quant aux malades, « il leur donnait des conseils vraiment minutieux, leur faisait porter des remèdes, jusqu’à des douceurs » (Nodet, 229). Il avait aussi une vraie prédilection pour les pauvres, pas seulement ceux qui venaient en mendiant, mais aussi ceux qui, pour diverses raisons, n’arrivaient pas à payer le loyer de leurs fermes ou manquaient du nécessaire.
D’ailleurs, même lorsque le pèlerinage sera établi, il continuera à s’occuper de ses paroissiens et surtout des malades. Il était, avant tout, le Curé d’Ars. « Au milieu de la plus grande affluence de pèlerins, il quittait tout lorsqu’un de ses paroissiens réclamait son ministère » (Nodet, 229).
De plus, il s’est occupé de l’organisation pastorale. Il a fondé une école de filles et fait construire une école pour les garçons. Il a créé la Providence qui fut ensuite confiée à des religieuses.
Il a su susciter des dévouements et placer des hommes de confiance dans des postes importants en raison de l’influence à exercer. M. l’abbé Nodet cite en particulier le cas de la famille Pertinand (Jean devient maître d’école ; André ouvre une hôtellerie ; François fait le voiturier).
Il a établi diverses confréries pour les femmes et pour les hommes.
Par-dessus tout, il a voulu « embellir » la maison du Bon Dieu. Il y a travaillé sans arrêt depuis son arrivée jusqu’à sa mort. On trouve la liste de ce qu’il a fait dans l’ouvrage de M. Nodet (35-36).
Il ne s’agit donc pas, pour le prêtre, de choisir entre l’aspect spirituel et l’aspect temporel de son apostolat ; entre les âmes et les oeuvres ; entre l’action apostolique et le souci de son église ; entre les bons paroissiens et les non chrétiens, etc. Les options, en tant qu’elles sont exclusives, ne sont pas conformes aux exigences d’une vraie spiritualité pastorale. Il s’agit de hiérarchiser et d’animer ces diverses activités.
Pour réussir, il faut remonter jusqu’à Dieu. Seul un prêtre vraiment fidèle à la prière et animé, avant tout, par l’amour de dieu, pourra organiser sa vie sacerdotale pour faire face à ses diverses obligations sans en trahir aucune.
Il faut enfin ajouter que le Curé d’Ars ne considérait pas les limites de sa paroisse comme pouvant arrêter son zèle. Sans doute, il était très discret et ne se serait jamais permis de s’engager, par lui-même, dans un apostolat hors de sa paroisse ; mais dès ses premières années, il rendait volontiers service à ceux qui le lui demandaient ; ensuite, il se donna à la prédication des missions sans omettre son propre ministère ; enfin, ne pouvant plus quitter Ars, il se dédommagea en quelque sorte par la fondation de nombreuses missions.