Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
7 Mars 2010
| RELISONS ENSEMBLE | Jean, 8, 1 - 11 |
| 1. LE TEXTE... Jn 8:1- Quant à Jésus, il alla au mont des Oliviers. Jn 8:2- Mais, dès l'aurore, de nouveau il fut là dans le Temple, et tout le peuple venait à lui, et s'étant assis il les enseignait. Jn 8:3- Or les scribes et les Pharisiens amènent une femme surprise en adultère et, la plaçant au milieu, Jn 8:4- ils disent à Jésus : " Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. Jn 8:5- Or, dans la Loi, Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Toi donc, que dis-tu ? " Jn 8:6- Ils disaient cela pour le mettre à l'épreuve, afin d'avoir matière à l'accuser. Mais Jésus, se baissant, se mit à écrire avec son doigt sur le sol. Jn 8:7- Comme ils persistaient à l'interroger, il se redressa et leur dit : " Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre ! " Jn 8:8- Et se baissant de nouveau, il écrivait sur le sol. Jn 8:9- Mais eux, entendant cela, s'en allèrent un à un, à commencer par les plus vieux ; et il fut laissé seul, avec la femme toujours là au milieu. Jn 8:10- Alors, se redressant, Jésus lui dit : " Femme, où sont-ils ? Personne ne t'a condamnée ? " Jn 8:11- Elle dit : " Personne, Seigneur. " Alors Jésus dit : " Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus. " (Traduction de la BIBLE DE JERUSALEM, éditions du Cerf, 1997, extrait de La Bible de Jérusalem, sur le site Les dominicains de la Province de France . Tous les passages de cette étude où la référence du texte est reprise au début de chaque verset, viennent de cette édition "en ligne". Les autres passages sont tirés de la Traduction Oecuménique de la Bible, Paris, Cerf, 1972.) |
| 2. SON ENVIRONNEMENT... Ce passage est à situer dans l'Evangile de Jean, qui est très différent des autres en sa distribution des événements de la vie de Jésus : sans compter l'introduction et l'Epilogue, il se divise en deux grandes parties, à savoir le Livre des Signes (1, 19 - 12, 50), et le Livre de la Gloire (13, 1 - 20, 31), ce dernier étant entièrement consacré à "l'Heure" de Jésus (ses adieux, sa passion, sa mort et sa résurrection). Le Livre des Signes, dans lequel se trouve notre page, est lui-même composé de plusieurs parties que l'on peut situer de façon diverse, par exemple: - Jésus rassemble autour de lui des disciples (1, 19 - 4, 54), - Controverses autour des oeuvres et des paroles de Jésus : est-ce qu'il vient de Dieu ? (5, 1 - 10, 42) et c'est dans cet ensemble que se situe notre page, - Jésus donne la vie et reçoit la mort (11, 1 - 12, 50). Notre texte se trouve donc dans un vaste environnement de controverses sur la mission et l'identité de Jésus, comportant successivement : - La guérison du Paralytique de la piscine de Béthesda, et le discours de Jésus sur la vie qu'il donne, et le jugement qu'il exerce, le Jour du Sabbat, vécu à la façon de Dieu (5, 1 - 47), - en Galilée, Jésus multiplie les pains avant de se révéler comme le vrai Pain de Vie qui descend du ciel (6, 1 - 71), - Jésus à la Fête des Tentes au Temple de Jérusalem (7, 1 - 8, 59), - Jésus rend la vue à un aveugle de naissance (9, 1 - 41), - A la Fête de la Dédicace, Jésus se déclare le Bon Pasteur du peuple de Dieu (10, 1 - 42). A vrai dire, notre page sert de transition entre les deux discours, ou séries de controverses, qui se déroulent au Temple lors dre la Fête des Tentes, controverses qui permettront à Jésus de déclarer qu'il porte le Nom même de Dieu, que l'on doit croire qu'il est "Je Suis", même si cette révélation trouvera son achèvement lorsqu'il sera le Fils de l'homme "élevé" (sur sa croix). A regarder les choses de plus près, l'on constate que cette page est très différente du style et de la théologie de l'Evangile de Jean, qu'elle "bouche un trou" en fournissant un récit entre deux séries de paroles ou deux discours, et surtout qu'elle n'a figuré dans les manuscrits de cet Evengile qu'à partir du 3ème siècle. Et si l'on veut y trouver des liens avec l'environnement proche où nous la rencontrons, elle pourrait servir d'illustration à la phrase de Jésus en 8, 15, où il déclare en juger personne, ou encore avec la question qu'il lance aux Juifs dans son deuxième discours de la Fête des Tentes en 8, 46, en défiant quiconque de le convaincre de péché. Comme, par ailleurs, cette scène se passe à une époque où Jésus fréquente quotidiennement le Templs (ce que l'on voit, par exemple, en Luc, 20, 1 ou 21, 1 ou 21, 33, ou 22, 51), comme on la trouve après Luc, 21, 38, dans certains manuscrits du Nouveau Testament, comme le thème du pardon d'une pécheresse va bien en harmonie avec des scènes semblables de l'Evangile de Luc (voir 7, 36 - 50 et 8, 1 - 3), l'on peut tout au moins en conclure qu'il est de tonalité et de tradition "Lucaniennes", même si un rédacteur tardif l'aurait inclus dans l'Evangile de Jean. |
| 3. CE QUE CE TEXTE NOUS DIT D'ABORD... 1°) La révélation de la miséricorde de Jésus, toute de délicatesse (dans le style de Luc), et bien en concordance avec l'image de juge serein, rayonnant de dignité (que l'Evangile de Jean nous laisse de Jésus). Le drame saisissant du contraste entre la femme pécheresse et Jésus sans péché, lorsqu'ils sont en présence, seuls, l'un devant l'autre, après le départ de tous les accusateurs de la femme. Saint Augustin a décrit magnifiquement cette scène : "Demeurent face l'une à l'autre, écrit-il, la "misère" et la "miséricorde" (In Joh. 33, 5). Il ne s'agit plus d'une comparution extérieure devant un juge, mais d'une relation de Vérité en profondeur, au niveau du coeur appelé à se convertir à Dieu dans l'expérience de la miséricorde et du pardon reçus. Jésus révélateur à la fois de la Vérité et de l'Amour de Dieu, deux attitudes de Dieu qui sauve en mettant l'homme debout, en le rendant capable d'accueillir le Règne de Dieu au plus engagé de son existence. Dans ce texte, Jésus maîtrise parfaiement l'équilibre entre la justice qui reconnaît le péché pour ce qu'il est et invite à le fuir, et la miséricorde, qui, dans le même temps, le pardonne. 2°) La raison pour laquelle cette femme adultère a été conduite à Jésus. Il semble bien que ce soit pour tendre un piège à Jésus, et le coincer, quelle que soit la réponse qu'il donnera en parole ou en acte. De ce point de vue, cette scène ressemblerait beaucoup au piège de la question posée à Jésus à propos de l'impôt à payer à César : voir Marc, 12, 13 - 17. En effet, dans la mesure où, selon l'Evangile de Jean, les Juifs n'ont pas le droit de mettre quelqu'un à mort (Jean, 18, 31, mais voir à ce propos la note "c" concernant ce verset dans la TOB), le stratagème devient clair : si Jésus condamne la femme adultère, il contredit la Loi Romaine de l'occupant, s'il ne la condamne pas, il n'est plus en accord avec la Loi Juive. telle qu'elle est exprimée en Deutér., 22, 23 - 24. A moins que les accusateurs de la femme n'envisagent une possibilté de la "lyncher" dans une démarche de "zèle" spontané pour l'application de la Loi Juive, à la façon dont s'était comporté Phinehas en Nombres, 25, 6 ss., démarche à laquelle fait référence le texte de 1 Maccab., 2, 26 : en ce cas on serait venu , pensent certains, consulter Jésus sur un point de droit : pouvons-nous agir ainsi selon la Loi Juive ? Un peu à la façon dont on a consulté Jésus sur la possibilité pour un mari de répudier sa femme "pour n'importe quel motif" (Matth., 19, 3) ? Relire également Deutér., 17, 5 - 7 et Exode, 23, 6 - 7, sans oublier le propre enseignement de Jésus en Matth., 7, 1 - 7, où il nous demande de ne pas juger. Cela expliquerait la réponse que leur donne Jésus quand il se relève après avoir écrit quelques mots sur le sol. Beaucoup pensent que cette explication reste une belle et un peu "trop savante" hypothèse. 3°) Que veut dire la réponse de Jésus : "Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre" ? Cela ne veut certainement pas dire que tout magistrat doit mener une vie totalement sans péché, c'est-à-dire une vie de quasi-perfection, pour être en mesure d'exercer la justice des hommes. Ce serait la fin de toute justice humaine, car une telle perfection ne saurait exister. Il semblerait plutôt que Jésus répond ici à une démarche de Zélotes plus ou moins extrémistes et malhonnêtes, qui se donnent la responsabilité d'appliquer la Loi sans se soucier du but de cette Loi : pour ces gens, l'état spirituel de cette femme pécheresse ne compte absolument pas. La qurestion n'est même pas posée de savoir si elle est pénitente et regrette son action. Pas un mot davantage au sujet de son époux : aurait-il "arrangé" l'affaire avec des témoins recrutés d'avance pour la prendre sur le fait, sans avoir le moindre souci de conduire sa femme à s'amender et à changer de vie ? Dans cette perspective, la réponse de Jésus est bien une contestation en prorfondeur de ceux qui accusent cette feme, et une invitation qu'il leur lance à se convertir. L'ont -ils compris ? Leur départ mystérieux de la scène pourrait être interprété dans ce sens. |
| 4. CE QUE CERTAINS ELEMENTS NOUS SUGGERENT... - Jésus trace du doigt des traits sur le sol. Nous ne possédons aucune indication concernant la raison de cette attitude précise de Jésus. Certains Pères de l'Eglise y voient une reprise de Jérémie, 17, 13, où il est question d'écrire sur le sol les noms de ceux qui ont abandonné le Seigneur. Cela indiquerait que Jésus invite les accusateurs de cette femme à s'interroger sur leur péché, et leur culpabilité face au Seigneur, et s'harmoniserait bien avec la réponse orale qu'il leur donne. Comme Jésus a l'air de tracer des traits successifs sur le sol, que serait-il en train de dénombrer : les péchés de chacun ? TOB, Jean, 8, 6, note "k", renvoie à ce propos au texte de Job, 13, 26. - "Moi non plus, je ne te condamne pas".Quand tous les accusateurs ont quitté la scène, Jésus montre clairement, par cette parole, qu'il ne se range pas de leur côté, et n'a rien à voir avec eux. Il rend la liberté à cette femme, elle peut donc partir, pardonnée et libérée, mais pour ne plus pécher. |
| 5. RESONNANCES BIBLIQUES ET ACHEVEMENT POUR NOUS EN JESUS CHRIST... - Comment vivre, à la façon de Jésus, son équilibre subtil entre la Vérité à toujours faire et à toujours transformer en Amour ? Ps 85:8- Fais-nous voir, Yahvé, ton amour, que nous soit donné ton salut! Ps 85:9- J'écoute. Que dit Dieu? Ce que dit Yahvé, c'est la paix pour son peuple et ses amis, pourvu qu'ils ne reviennent à leur folie. Ps 85:10- Proche est son salut pour qui le craint, et la Gloire habitera notre terre. Ps 85:11- Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s'embrassent; Ps 85:12- Vérité germera de la terre, et des cieux se penchera la Justice; Ps 85:13- Yahvé lui-même donnera le bonheur et notre terre donnera son fruit; Ps 85:14- Justice marchera devant lui et de ses pas tracera un chemin. Jn 3:16- Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. Jn 3:17- Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Jn 3:18- Qui croit en lui n'est pas jugé ; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu. Jn 3:19- Et tel est le jugement : la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises. Jn 3:20- Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient démontrées coupables, Jn 3:21- mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin que soit manifesté que ses œuvres sont faites en Dieu. " Jn 14:6- Jésus lui dit : " Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par moi. Lc 23:39- L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait : " N'es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi. " Lc 23:40- Mais l'autre, le reprenant, déclara : " Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine ! Lc 23:41- Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes ; mais lui n'a rien fait de mal. " Lc 23:42- Et il disait : " Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume. " Lc 23:43- Et il lui dit : " En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis. " 1Jn 3:18- Petits enfants, n'aimons ni de mots ni de langue, mais en actes et en vérité. 1Jn 3:19- A cela nous saurons que nous sommes de la vérité, et devant lui nous apaiserons notre cœur 1Jn 3:20- si notre cœur venait à nous condamner, car Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît tout. 1Jn 3:21- Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons pleine assurance devant Dieu : 1Jn 3:22- quoi que nous lui demandions nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui lui est agréable. 1Jn 4:19- Quant à nous, aimons, puisque lui nous a aimés le premier. 1Jn 4:20- Si quelqu'un dit : " J'aime Dieu " et qu'il déteste son frère, c'est un menteur : celui qui n'aime pas son frère, qu'il voit, ne saurait aimer le Dieu qu'il ne voit pas. 1Jn 4:21- Oui, voilà le commandement que nous avons reçu de lui : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. 1Jn 2:10- Celui qui aime son frère demeure dans la lumière et il n'y a en lui aucune occasion de chute. |
| 6. CHEMIN DE PRIERE... Conduite jusqu'à toi, soudain juge établi, Alors qu'autour de toi le filet se resserre, De ces pièges tendus par tous tes ennemis... Pour ouvrir ton procès, ils guettent ta réponse : Peux-tu, bravant la Loi, proposer le pardon Sans que, du même élan, ces gens-là te dénoncent Comme blasphémateur : Jésus, ton compte est bon !... Invoques-tu la Loi, ton défi tu leur lances : Qu'ose donc l'appliquer qui marche sans péché ! Ainsi les renvoies-tu à leur propre conscience Où s'écrit le devoir de leur sincérité... Quand, face à ce débat; perplexes tu les laisses Et te détournes d'eux pour qu'ils fassent leur choix, Voici que, tour à tour, ces messieurs disparaissent : Ne reste devant toi qu'une femme sans voix... Quel tout autre procès dès cet instant commence Où qui t'a reconnu échappe au jugement ! En te nommant "Seigneur", pour sa seule défense Cette femme a plaidé le suprême argument... Par le Père envoyé comme Sauveur du monde, Sans jamais condamner, clamant la vérité, Le pécheur découvert, ta grâce surabonde, A l'homme relevé tu rends sa dignité... |