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Le blog de l'Abbé Benoît

Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.

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Jeudi après les cendres - Evangile

DE L'EVANGILE DE LUC :


Lc 9:22- " Le Fils de l'homme, dit-il, doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. "
Lc 9:23- Et il disait à tous : " Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix chaque jour, et qu'il me suive.
Lc 9:24- Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera.
Lc 9:25- Que sert donc à l'homme de gagner le monde entier, s'il se perd ou se ruine lui-même ?


POUR RUMINER LA PAROLE :

1. SITUATION.

Luc est l'auteur d'une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l'Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.

Son Evangile se déroule en huit étapes :

 

 

- un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
- un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
- la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
- le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
- le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
- le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
- le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
- la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l'Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).

 

 


 

Avec cette page, nous sommes à la fois dans la 4ème partie de cet Evangile de Luc (qui, de fait, constitue la 1ère grande section de son ministère public), à savoir, sa mission en Galilée (4, 14 - 9, 50).

Dans cet ensemble très important, nous assistons aux succès des débuts de la mission de Jésus, aussi bien qu'à son dépassement des limites qu'il franchit en Israël, pour se rapprocher de ceux qui sont rejetés par la société, et pour refuser les classifications classiques entre ce qui est pur et ce qui est impur. Ce qui lui vaut, de la part des chefs religieux d'Israël, une opposition à son message sur le Royaume de Dieu. Mais cela ne l'empêche pas de poser les fondements d'un Israêl nouveau, avec son choix des 12 apôtres, et son grand discours dans la plaine, ni d'inviter hommes et femmes à venir le rejoindre (4, 14 - 9, 6).

Un dernier paragraphe sur son ministère, qui touche à sa fin en Galilée, nous présente différentes manières de se situer face à Jésus et tout ce qu'il propose, en paroles et en gestes de salut. Les quelques événements qui précèdent notre page nous montrent successivement : - l'envoi en mission des Douze, - les questions qu'Hérode se pose sur Jésus, - la multiplication des pains, - le tout suivi de la question directe que Jésus pose à ses disciples sur son identité (9, 7 - 21).

Au moment où s'ouvre notre page, Pierre vient tout juste de répondre à Jésus qu'il est le "Christ (Messie) de Dieu", ce sur quoi Jésus leur impose à ses disciples de ne rien dire à ce sujet, avant de commenter cette réponse de Pierre par les paroles de notre texte de ce jour.


2. MESSAGE.

Etrange manière de définir ce que c'est qu'être "Christ" pour Jésus, et qu'il nous précise dans cette première annonce que le "Fils de l'homme" doit souffrir, être rejeté, mis à mort, avant de ressusciter le 3ème jour. Nous sommes loin de l'image d'un Messie royal et triomphant qu'attendaient, sans aucun doute, les disciples, et l'on comprend que Jésus ne tient guère à ce que l'on proclame qu'il est "Messie", afin d'éviter tout malentendu. Car si Jésus est "Christ", c'est justement en tant que "Serviteur de Dieu", selon une toute autre image, celle du Serviteur souffrant du 4ème poème du Serviteur que nous a laissé le 2ème Prophète Isaïe (Isaïe, 52, 13 - 53, 12).

Etrange façon qu'a également Jésus de proposer un salut, un "bonheur de vivre" à ceux qui le suivent comme disciples : ils doivent marcher sur son propre chemin, être prêts à perdre leur vie pour lui ou à cause de lui. Et cela, non pas une fois pour toutes, en une seule et rare occasion, mais dans une attitude constante de chaque jour.

La totale nouveauté de cette présentation de son rôle de Christ-Messie par Jésus ne peut nous échapper : la perspective toute autre qu'il nous propose, c'est la croix. Jusqu'alors, Jésus avait su résister aux oppositions qui commençaient de se manifester contre lui (4, 14 - 9, 6). Désormais, cette opposition va triompher, et le conduire à la mort sur la croix, du fait qu'il maintiendra jusqu'au bout, envers et contre tout, son message et sa ligne de mission, en obéissance à Dieu son Père.


3. DECOUVERTES.

Jésus se donne ici , une nouvelle fois, le titre de "Fils de l'homme". Titre qu'il a assumé en Luc, 5, 24, pour dire qu'il a autorité de remettre les péchés, et en 6, 5, pour interpréter l'obligation du sabbat de façon radicalement nouvelle. Désormais, ce titre traduira également l'humiliation de Jésus en sa mort, alors que la tradition de Daniel, 7, 14 définissait sous ce ce nom le triomphateur de la fin des temps, à qui est remis tout pouvoir et autorité.

Au verset 22, l'expression "il faut" nous apprend que, derrière cette opposition qui va apparemment vaincre Jésus, se situe le plan de Dieu, qui, par delà la mort, va rendre "justice" à Jésus en sa résurrection victorieuse.

Au verset 23, Jésus annonce à ses disciples, qu'ils vont, comme lui, se trouver sans défense devant les oppositions qu'ils vont rencontrer à leur tour. Parole qui s'adresse à tous, sans aucune exception. L'expression "porter sa croix" n'a pas ici une connotation morale nous invitant à supporter les difficultés de l'existence. Elle nous demande d'assumer l'engagement de Jésus, comme lui envers et contre tout, en paroles et en actes, pour la cause du Règne de Dieu, que révèle Jésus.

Jésus compte ainsi sur notre engagement et notre loyauté permanente de chaque jour, avec tous les risques que cela implique.


4. PROLONGEMENT.

"Là où je suis, là aussi sera mon serviteur", déclare également Jésus au chapitre 12 de l'Evangile de Jean (Jean, 12, 26). Reproduire l'image de Jésus dans la puissance de l'Esprit de Dieu (Romains, 8, 29 - 30) suppose donc que, comme lui, nous marchions selon la volonté du Père, avec tous les enjeux d'opposition à rencontrer, que suppose cet engagement.

C'est bien ce qu'a vécu Paul, l'apôtre appelé personnellement par Jésus dans l'épisode de son terrassement sur la route de Damas, et dont le Seigneur Jésus déclare à Ananie "qu'il lui montrera tout ce qu'il lui faudra souffrir pour son nom" (Actes, 9, 16 ) :

 

 

2Co 4:8- Nous sommes pressés de toute part, mais non pas écrasés ; ne sachant qu'espérer, mais non désespérés ;
2Co 4:9- persécutés, mais non abandonnés ; terrassés, mais non annihilés.
2Co 4:10- Nous portons partout et toujours en notre corps les souffrances de mort de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre corps.
2Co 4:11- Quoique vivants en effet, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre chair mortelle.
2Co 4:12- Ainsi donc, la mort fait son œuvre en nous, et la vie en vous.


2Co 6:4- Au contraire, nous nous recommandons en tout comme des ministres de Dieu : par une grande constance dans les tribulations, dans les détresses, dans les angoisses,
2Co 6:5- sous les coups, dans les prisons, dans les désordres, dans les fatigues, dans les veilles, dans les jeûnes...



Seigneur Jésus,
ton appel à te suivre n'a de sens pour nous
que dans la mesure où nous avons découvert, et accepté,
quel a été vraiment ton chemin, selon le paradoxe de ta "pauvreté",
qui est la suprême richesse de Dieu :
apprends-moi à marcher derrière toi avec confiance et persévérance,
dans la conviction qu'en me perdant moi-même,
je te trouverai, avec le Père, totalement en moi,
comme une présence qui me transfigure. AMEN.

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