Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le blog de l'Abbé Benoît

Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.

Publicité

JEUDI SAINT- Jeudi 6ème semaine carême - 2e lecture

DE LA 1ère LETTRE DE PAUL AUX CORINTHIENS :


1Co 11:20- Lors donc que vous vous réunissez en commun, ce n'est plus le Repas du Seigneur que vous prenez.
1Co 11:21- Dès qu'on est à table en effet, chacun prend d'abord son propre repas, et l'un a faim, tandis que l'autre est ivre.
1Co 11:22- Vous n'avez donc pas de maisons pour manger et boire ? Ou bien méprisez-vous l'Église de Dieu, et voulez-vous faire honte à ceux qui n'ont rien ? Que vous dire ? Vous louer ? Sur ce point, je ne vous loue pas.
1Co 11:23- Pour moi, en effet, j'ai reçu du Seigneur ce qu'à mon tour je vous ai transmis : le Seigneur Jésus, la nuit où il était livré, prit du pain
1Co 11:24- et, après avoir rendu grâce, le rompit et dit : " Ceci est mon corps, qui est pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. "
1Co 11:25- De même, après le repas, il prit la coupe, en disant : " Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang ; chaque fois que vous en boirez, faites-le en mémoire de moi. "
1Co 11:26- Chaque fois en effet que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne.
1Co 11:27- Ainsi donc, quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement aura à répondre du corps et du sang du Seigneur.
1Co 11:28- Que chacun donc s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange de ce pain et boive de cette coupe ;
1Co 11:29- car celui qui mange et boit, mange et boit sa propre condamnation, s'il ne discerne le Corps.
1Co 11:30- Voilà pourquoi il y a parmi vous beaucoup de malades et d'infirmes, et que bon nombre sont morts.
1Co 11:31- Si nous nous examinions nous-mêmes, nous ne serrions pas jugés.
1Co 11:32- Mais par ses jugements le Seigneur nous corrige, pour que nous ne soyons point condamnés avec le monde.


POUR RUMINER LA PAROLE :

1. SITUATION.

La 1ère Lettre de Paul aux Corinthiens a été écrite très probablement au printemps de l'année 54, en réponse à une lettre que les Corinthiens lui avaient adressée, concernant un certain nombre de problèmes à propos desquels ils sollicitaient son avis. D'autre part, Paul avait été informé de quelques fonctionnements de cette communauté, qui paraissaient problématiques à des visiteurs de passage à Corinthe.

D'où le plan extrêmement circonstantiel de cette lettre, qui traite successivement :

- de divisions dans la communauté de Corinthe (1, 10 -4, 21),
- de l'attitude des chrétiens face aux valeurs du corps humain (5, 1 - 6, 20),
- de réponses précises à des questions posées (7, 1 - 14, 40) : sur le statut social et le mariage, sur les relations avec la culture païenne, et particulièrement, à propos des viandes offertes aux idoles, sur les assemblées liturgiques (Eucharistie, dons de l'Esprit, partage des charismes dans l'Eglise-Corps du Christ),
- de la résurrection (15, 1 - 58),

sans oublier l'encadrement de toutes ces sections, entre une introduction (1, 1 - 9) et une longue conclusion, dans laquelle, entre autres choses, Paul parle de la collecte qu'il organise pour les pauvres de l'Eglise de Jérusalem et de ses projets de voyage (16, 1 - 24).

Notre page sur l'Eucharistie se situe dans les réponses que Paul adresse aux questions qui lui sont posées sur les assemblées liturgiques.


2. MESSAGE.

Paul évoque d'abord la pratique des assemblées liturgiques Eucharistiques, qui commençaient alors par un repas pris en commun, et se poursuivaient par la reprise des gestes accomplis, et des paroles prononcées par Jésus sur le pain et la coupe de vin, lors de son dernier repas avec ses disciples.

Alors que les chrétiens de Corinthe se rassemblent pour "faire mémoire" ainsi de la mort-résurrection du Seigneur, ils ne sont pas capables de prendre leur repas en commun, comme il sied à une comunauté de disciples de Jésus. Et Paul de contester vivement ce dysfonctionnement, qui est on ne peut plus incompatible avec le sens de la célébration Eucharistique, qui perd, de ce fait, beaucoup de son authenticité pour ceux qui la vivent de cette façon.

Paul rappelle ensuite la "tradition" qui lui a été transmise, et qui remonte au Seigneur Jésus. Il décrit succinctement les gestes de bénédiction et de partage Eucharistiques, effectués par Jésus, au début et à la fin de son dernier repas, selon la pratique Juive de son temps, mais en spécifiant les paroles tout-à-fait originales prononcées par Jésus, au moment où il rompait le pain dans l'action de grâces et faisait circuler la coupe de vin. Paul ajoute que Jésus a explicitement demandé à ses disciples de reproduire ces gestes, et les paroles qui y sont associées, en mémoire de lui. Puis, dans une très belle phrase, au verset 26, Paul résume toute la signification de nos Assemblées Eucharistiques : elles annoncent la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne, ce qui suppose une référence à la résurrection de Jésus, qui a suivi sa mort ainsi rappelée mystérieusement, à travers ces gestes de Jésus, refaits en mémoire de lui.

Ce qui veut dire qu'en chaque Eucharistie, nous reproduisons les gestes de la dernière Cène de Jésus, pour faire mémoire de son obéissance jusqu'à la mort de la croix, ainsi que de la victoire de sa résurrection.

Ceci rappelé, Paul invite tous les chrétiens à mesurer l'enjeu de vérité et d'authencité écclésiales de nos célébrations Eucharistiques, qu'il nous faut célébrer dignement, en y discernant la présence renouvelée du don que Jésus Vivant nous y fait de son corps livré, et de son sang, c'est-à-dire sa vie, répandu, une fois por toutes, dans "l'Heure" de son passage au Père, au terme de sa mission terrestre en notre histoire.


3. DECOUVERTES.

Les reproches de fonctionnement que Paul adresse aux Corinthiens, concernant la qualité de leurs célébrations Eucharistiques, sont graves, vu l'importance unique de l'Eucharistie pour la vie de l'Eglise, pour la proclamation de l'Evangile, et notre vie de foi.

La façon dont les Corinthiens se réunissent est ainsi condamnée directement par Paul, et peut faire considérer les Corinthiens comme de mauvais ou faux chrétiens. Il est scandaleux que ce qui doit être un repas pris en commun, tous ensemble, devienne une démonstration de manque d'unité et de division dans l'Eglise, avec, d'un côté, les membres riches, ou "l'élite", de la communauté, et, de l'autre, les chrétiens de second rang.

Nos célébrations Eucharistiques doivent immanquablement, à la fois, nous rendre présent le Christ vivant son "Heure" de passage au Père, et nous rapprocher davantage de tous nos frères et soeurs en Eglise, dans une unité que rend visible une communion authentique, vécue entre tous.

On a constaté que la tradition Eucharistique de Paul est proche de celle que Luc nous présente en la même circonstance, dans son Evangile, et diffère, sur quelques détails, de la tradition reprise par Marc et Matthieu, au même endroit de leurs Evangiles respectifs.


4. PROLONGEMENT.

Paroles de Jésus, prononcées lors d'une Pâque précédente, alors que Jésus se trouvait au bord de la Mer de Galilée :

Jn 6:51- Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais. Et même, le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde. "
Jn 6:52- Les Juifs alors se mirent à discuter fort entre eux ; ils disaient : " Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? "
Jn 6:53- Alors Jésus leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous.
Jn 6:54- Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour.
Jn 6:55- Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson.
Jn 6:56- Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.
Jn 6:57- De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi.
Jn 6:58- Voici le pain descendu du ciel ; il n'est pas comme celui qu'ont mangé les pères et ils sont morts ; qui mange ce pain vivra à jamais. "

Autres paroles de Paul :

1Co 10:15- Je vous parle comme à des gens sensés ; jugez vous-mêmes de ce que je dis.
1Co 10:16- La coupe de bénédiction que nous bénissons, n'est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas communion au corps du Christ ?
1Co 10:17- Parce qu'il n'y a qu'un pain, à plusieurs nous ne sommes qu'un corps, car tous nous participons à ce pain unique.


Seigneur Jésus,
en lavant les pieds de tes disciples au cours de ton dernier repas,
tu t'es abaissé devant eux, en manifestant un comportement inférieur à celui d'un esclave,
et tu nous as ainsi révélé le "sens" profond de ce que tu as vécu dans ta mort pour nous,
pour avoir pris tous les risques, en étant fidèle à ta mission jusqu'à ce point extrême :
apprends-moi à participer aux gestes eucharistiques de ton dernier repas,
refaits dans nos communautés écclésiales, en mémoire de ta mort et de ta résurrection,
comme le lieu vivant de ta rencontre en ton abaissement, qui nous dévoile jusqu'où va
l'amour miséricordieux de Dieu qui nous sauve, et que tu nous révèles,
quand tu livres ainsi ta vie pour nous et nous transmets ton attitude en ces gestes,
et quand tu fais de nous tes amis, nous qui, de nous-mêmes, ne sommes rien d'autre que des pécheurs,
qui, détachés de toi, ne pourrions rien faire. AMEN.
Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article