Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
10 Novembre 2009
Mgr Albert Rouet
1- Comment poser la question du ministère des prêtres aujourd'hui ?
2- Le sacrement de l'ordre et les différents ministères
3- Partir de l'intérieur
4- Membre d'un presbytérium
5- "Parvenir à la taille adulte" (Eph 4, 13)
6- Prêtre et apôtre
7- Presbytérat et sacerdoce
8- "Dans des vases d'argile"
9- "Collaborateurs de l'évêque"
Lors de leurs rencontres, les Doyens avaient demandé des instruments brefs pour soutenir la réflexion entre prêtres. Aujourd’hui on se pose à nouveau des questions sur la vie et le ministère des prêtres diocésains. J’ose proposer neuf petites réflexions sur le ministère presbytéral. Tout n’est pas dit, loin de là ! Il s’agit simplement de relancer, dans le diocèse, une réflexion spirituelle et pratique sur la charge spécifique des prêtres dans l’Eglise.
5- "Parvenir à la taille adulte" (Eph 4, 13)
Le Nouveau Testament garde deux traditions différentes, sans trop chercher à les relier. Matthieu demande de n’appeler personne “père” ou “maître”, “car vous êtes tous frères” (23, 8) et Paul, opposé aux pratiques des missionnaires itinérants de toute obédience, reproche aux Corinthiens : “vous supportez de vous faire asservir” (2 Co 11, 20). Suivant l’autre piste, le même Paul se considère comme le père des communautés qu’il a fondées (1 Co 4, 15). Il éprouve pour elles des sentiments d’une mère (Ga 4, 15).
La contradiction est moindre qu’il n’y paraît : Paul cherche la liberté des nouveaux chrétiens. Ses adversaires veulent se les attacher. L’attachement est le contraire d’un amour paternel (Ga 4, 17). La gloire d’un père est de susciter des fils adultes. Le chrétien est appelé à la liberté : “L’homme libre donne tout le sens de l’homme” affirme l’ACO.
Le prêtre est donc chargé de permettre aux baptisés de parvenir à leur pleine stature, en prenant les responsabilités qui leur reviennent. Son rôle précis qui est celui de l’Apôtre, conduit à éduquer cette liberté pour qu’elle ne décline pas en égocentrisme, mais qu’elle fasse “par charité des serviteurs les uns des autres” (Ga 4,13). La charge pastorale ne conduit pas le prêtre à tout faire, ni même à tout centrer sur lui. Le centre d’une communauté, c’est le Christ qui a dit à ses disciples cette phrase étonnante : “Celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, il en fera même de plus grandes” (Jn 14, 12). Il parle là de tout croyant.
C’est dire que la force qui enfante des disciples adultes, c’est la confiance. Le prêtre fait confiance à ceux qu’il aide à grandir dans la foi. Il fait confiance à l’action de l’Esprit dans les baptisés. Cette confiance discerne les chemins de la croissance. En effet, la mission des baptisés est la même que celle de l’Eglise. Elle part du Père qui envoie son Fils et répand, par lui, son Esprit sur toute chair. Cela ne signifie pas que toutes les initiatives prises par des baptisés soient équivalentes. Il revient au prêtre de préciser, en communauté, quelles initiatives favorisent au mieux la mission et la communion. Le discernement rend adulte : telle est une des fonctions du projet pastoral établi en Conseil pastoral de Secteur. Il permet ainsi de prendre des décisions justifiées.
Nul n’est prêtre pour conforter sa propre identité psychique. Ou plutôt cette identité naît du don de soi que chacun est appelé à vivre à la suite du Christ. Comme le Baptiste “il diminue pour que l’autre grandisse” (Jn 3, 30). C’est ainsi que le pasteur accomplit sa mission, en livrant sa vie (Jn 10,11), non pas en écrasant les autres par des services qu’il rend seul, mais en leur permettant de devenir “membres les uns des autres” (Rm 12, 5), capables d’offrir, eux aussi, leur vie pour l’Evangile.