Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
11 Novembre 2009
Mgr Albert Rouet
1- Comment poser la question du ministère des prêtres aujourd'hui ?
2- Le sacrement de l'ordre et les différents ministères
3- Partir de l'intérieur
4- Membre d'un presbytérium
5- "Parvenir à la taille adulte" (Eph 4, 13)
6- Prêtre et apôtre
7- Presbytérat et sacerdoce
8- "Dans des vases d'argile"
9- "Collaborateurs de l'évêque"
Lors de leurs rencontres, les Doyens avaient demandé des instruments brefs pour soutenir la réflexion entre prêtres. Aujourd’hui on se pose à nouveau des questions sur la vie et le ministère des prêtres diocésains. J’ose proposer neuf petites réflexions sur le ministère presbytéral. Tout n’est pas dit, loin de là ! Il s’agit simplement de relancer, dans le diocèse, une réflexion spirituelle et pratique sur la charge spécifique des prêtres dans l’Eglise.
6- Prêtre et apôtre
Nous ne nous étonnons pas assez du fait que les prêtres du Nouveau Testament sont d’abord des apôtres. Dans l’Ancien Testament, le sacerdoce est attaché à un lieu sacrificiel avant de converger vers l’unique Temple où Dieu fait résider sa gloire. Avec le Ressuscité, la “résidence” de Dieu s’étend au monde entier et, par conséquent, à chaque personne : “Le Temple de Dieu, c’est vous” (1 Co 3, 17). La Jérusalem céleste n’a pas de Temple (Ap 21, 22). Dieu et l’Agneau habitent au milieu des leurs, venus de tout pays, langue et culture. Les apôtres installent les communautés locales, mais ce qui est premier, c’est bien leur envoi par le Fils, l’Envoyé du Père (Jn 17, 18).
Lentement, le prêtre s’est peu à peu assimilé à des rôles sédentaires : paroisses, aumôneries... Le curé, depuis le Concile de Trente, est obligé à résidence. Certains lieux rayonnaient d’ouverture par la qualité de leur attrait. L’accentuation missionnaire prenait alors la forme d’un envoi vers l’extérieur. Il est remarquable que les réformes du clergé ont principalement dépendu de la création de congrégations itinérantes, des Frères Prêcheurs (Dominicains) aux Prêtres de la Mission (Lazaristes). L’image fidèle du sacrement de l’Ordre appelle un retour vers son origine apostolique. Aujourd’hui encore, dans la situation missionnaire où nous sommes, la relance de vocations et la figure actuelle du ministère demandent de se laisser saisir par l’ardeur apostolique.
Une telle nécessité est inscrite dans l’ordination. Elle rend conforme à l’Envoyé : on ne saurait oublier ce fondement. C’est donc rappeler que le prêtre reste celui qu’une communauté ne peut pas façonner à son image. Il est le symbole de l’Autre. Symbole (au sens de sacrement) du Christ Tête de l’Eglise et symbole de tous les autres qui ne sont pas encore membres de la communauté (au sens où l’Eglise est comme le sacrement de l’humanité réconciliée).
Non seulement le prêtre empêche ses communautés de “boucler” sur elles-mêmes, mais il a charge de les envoyer comme lui-même est envoyé. Il est mis à part, mais pour l’évangile. La contrefaçon consiste à travailler “en miroir” : en attirant à soi ceux qui partagent des sentiments identiques, ce qui réconforte peut-être, mais ne suit plus cet Apôtre qui “s’est fait tout à tous” (1 Co 9, 22). Le prêtre indique donc la vocation catholique de toute communauté, ouverte et proche de l’essentiel de tout homme.
La diminution du nombre de prêtres risque de les replier sur les seules tâches à la disposition de pratiquants qui n’attendraient que cela. Ce serait un rétrécissement. Au contraire, la situation présente exige que, dans ses communautés, le prêtre relance et soutienne l’ardeur apostolique des chrétiens. A la suite du Christ, il est bouleversé par tous ceux qui errent loin de la lumière. Il est ordonné pour eux. Il leur est envoyé et donné. Ainsi, par son témoignage de vie, il signifie que chaque communauté est livrée au monde et qu’un baptisé est appelé à servir la mission.