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Le blog de l'Abbé Benoît

Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.

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Le prêtre diocésain 7

Mgr Albert Rouet


1- Comment poser la question du ministère des prêtres aujourd'hui ?
2- Le sacrement de l'ordre et les différents ministères
3- Partir de l'intérieur
4- Membre d'un presbytérium
5- "Parvenir à la taille adulte" (Eph 4, 13)
6- Prêtre et apôtre
7- Presbytérat et sacerdoce
8- "Dans des vases d'argile"
9- "Collaborateurs de l'évêque"

Lors de leurs rencontres, les Doyens avaient demandé des instruments brefs pour soutenir la réflexion entre prêtres. Aujourd’hui on se pose à nouveau des questions sur la vie et le ministère des prêtres diocésains. J’ose proposer neuf petites réflexions sur le ministère presbytéral. Tout n’est pas dit, loin de là ! Il s’agit simplement de relancer, dans le diocèse, une réflexion spirituelle et pratique sur la charge spécifique des prêtres dans l’Eglise.


7- Presbytérat et sacerdoce

 

Pour la première fois dans le diocèse, une communauté locale enterrait son prêtre. Des hommes portaient le cercueil. Quand ils arrivèrent devant l’autel, le Délégué pastoral leur a rappelé ce très vieux geste : le corps devait être placé les pieds tournés vers la sortie, car toute la vie d’un prêtre est tournée vers l’annonce de l’Evangile. Celui qui rassemble autour de l’autel est aussi celui qui envoie. La pastorale ordinaire garde une dimension missionnaire.

Ce simple geste permet de mieux poser les termes d’un de ces débats interminables où notre esprit cartésien puise des oppositions qu’il affectionne : faut-il parler de sacerdoce ou de presbytérat ? Comme souvent, il s’agit là de simplifications parfois caricaturales. Ainsi le presbytérat désignerait le prêtre envoyé et apôtre, distingué du sacerdoce commun des fidèles (1 Pi 2, 5) ; et le sacerdoce l’homme du culte - ce qui peut aller jusqu’à négliger le sacerdoce baptismal remis en honneur par le Concile Vatican II. Logiquement, c’est la relation aux laïcs et la place qui leur est accordée qui viendrait dirimer ce débat. Le prêtre est-il un chef ou un serviteur ? Là dessus se greffent des options plus psychologiques que théologiques.

Il faut revenir à une phrase de l’épître aux Hébreux : “Le Dieu de la paix a ramené d’entre les morts Celui qui, par le sang d’une alliance éternelle est devenu le grand berger des brebis, notre Seigneur Jésus” (3, 20). Au lieu d’opposer, cette phrase unit l’offrande du Christ et sa mission de pasteur. Effectivement, le Christ a offert le sacrifice de sa vie. Son amour l’a poussé à se donner pour la multitude : chaque eucharistie rend présent cet acte unique qui n’est pas répété mais rendu présent. Aujourd’hui encore Jésus-Christ donne sa vie pour le salut du monde.

Ce sacrifice est un exode, un passage vers le Père : c’est sur cette route que le Berger conduit les siens (1 Jn 2, 63). Comme Jésus l’explique, il est Pasteur en se livrant. Il est le vrai Berger parce qu’il aime au point de se donner entièrement (Jn 10). Et il exerce son sacerdoce par cette route qu’il est (Jn 14, 6). Ainsi, il unit les grandes figures du roi-pasteur, du prêtre du Temple nouveau en son Corps (Jn 2, 21) et du prophète qui répand l’Esprit sur toute chair.

Il en découle que, à la suite du Christ, le prêtre doit unir aussi les deux aspects. Il anime sa communauté et célèbre avec elle l’offrande du Christ, mais, ce faisant, il l’envoie et la rend adulte. En relançant son ardeur évangélique, il l’amène aussi à “offrir son corps en offrande vivante, sainte, agréable à Dieu” (Rm 112, 1), ce qui est la définition même du sacerdoce baptismal. Par là, le prêtre est fondamentalement serviteur. Il n’a d’autre pouvoir que celui de l’amitié : celle du Baptiste pour l’Epoux (Jn 3, 29), celle du Christ pour les siens (Jn 15, 15). L’ami se donne à son tour (v. 14). Le prêtre Charles de Foucauld aimait à s’appeler “le frère universel”.

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