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Le blog de l'Abbé Benoît

Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.

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Mardi 24ème semaine ordinaire - Evangile

DE L'EVANGILE DE LUC :


Lc 7:11- Et il advint ensuite qu'il se rendit dans une ville appelée Naïm. Ses disciples et une foule nombreuse faisaient route avec lui.
Lc 7:12- Quand il fut près de la porte de la ville, voilà qu'on portait en terre un mort, un fils unique dont la mère était veuve ; et il y avait avec elle une foule considérable de la ville.
Lc 7:13- En la voyant, le Seigneur eut pitié d'elle et lui dit : " Ne pleure pas. "
Lc 7:14- Puis, s'approchant, il toucha le cercueil, et les porteurs s'arrêtèrent. Et il dit : " Jeune homme, je te le dis, lève-toi. "
Lc 7:15- Et le mort se dressa sur son séant et se mit à parler. Et il le remit à sa mère.
Lc 7:16- Tous furent saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu en disant : " Un grand prophète s'est levé parmi nous et Dieu a visité son peuple. "
Lc 7:17- Et ce propos se répandit à son sujet dans la Judée entière et tout le pays d'alentour.


POUR RUMINER LA PAROLE :

1. SITUATION.

Luc est l'auteur d'une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l'Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.

Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l'Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu'il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu'il s'adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.

Son Evangile se déroule en huit étapes :

- un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
- un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
- la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
- le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
- le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
- le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
- le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
- la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l'Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).


La première grande étape du ministère de Jésus se situe en Galilée. Après son passage initial à Nazareth, où il avait proclamé le but essentiel de sa mission, qui est d'accomplir toute l'Ecriture pour tous les hommes (4, 16 - 30), et où les différents types d'accueil qu'il allait rencontrer étaient anticipés, Jésus avance sur son chemin de vérité, rencontrant des réponses positives (5, 1 - 11), n'hésitant pas à franchir les barrières des interdits (5, 12 - 16), se heurtant déjà à des oppositions lorsqu'il prétend remettre les péchés ou se déclare plus grand que le Sabbat (5,17 - 6, 11).

Cela se poursuit par l'appel des 12 apôtres et le grand discours de rassemblement d'Israël qu'il prononce dans la plaine (6, 12 - 49), ainsi que par une série d'épisodes (7,1 - 9, 6) où il rencontre beaucoup d'hommes et de femmes au delà des frontières du "pur" et de "l'impur", frontières que défendent les Pharisiens dans une stricte application de leurs rites.

C'est dans cette série que nous le retrouvons alors qu'il croise un convoi funèbre, notre texte.


2. MESSAGE.

Dans la composition de l'Evangile de Luc, cette scène de la résurrection du fils de la veuve de Nain semble bien préparer la réponse que Jésus donnera aux envoyés de Jean Baptiste dans le paragraphe suivant, en 7, 22, en précisant qu'entre autres fruits de sa mission, "les morts ressuscitent".

Cette scène nous propose la découverte de la grande dimension prophétique de la mission de .Jésus. Le Dieu qu'il révèle en paroles et en actes est celui qui libère totalement tous les hommes, y compris ceux qui sont dans les prisons de la mort. Rien ne peut donc arrêter l'oeuvre de libération que Jésus accomplit.

.Jésus agit ici par pure et totale compassion : rien ne lui est demandé, et, de son côté, il ne demande aucune réponse, aucune confession de foi, aucune reconnaissance préalable de son identité ou de son pouvoir d'agir au nom de Dieu. Il intervient de façon purement gratuite, et avec une sobriété extraordinaire : une parole à la mère, une parole au cadavre, suivies du geste par lequel il rend le fils à sa mère. Il "passe" simplement, mais en apportant vie et libération.

De ce fait, Jésus est reconnu et proclamé comme prophète, à la façon d'Elie et d'Elisée, les seuls prophètes de l'Ancien Testament à avoir accompli des résurrections (1 Rois, 17, 17 - 20 et 2 Rois, 4, 18 - 37 et 13, 20 - 21), et dont il renouvelle et achève à sa façon les gestes qu'ils firent alors.


3. DECOUVERTES.

Luc insiste sur des détails qu situent l'événement. Comme en 8, 42 et en 9, 38, il nous dit qu'il s'agit d'un fils "unique", et, dans la mesure où cette femme est veuve, perdre son fils unique représente pour elle la fin de tout support masculin, ce qui la met dans une extrême détresse.

La compassion de Jésus ne se laisse arrêter par aucune règlementation de pureté rituelle. Il touche le cadavre, bien que cela lui soit interdit par la Loi (Nombres, 19, 11. 16). Rien ne saurait l'arrêter dans le service de l'homme, et c'est là une attitude constante chez lui.

Par plusieurs détails, ce récit rappelle des traits du miracle d'Elie (1 Rois, 17, 10. 12. 17 - 24), en particulier la phrase de Luc: "Jésus le rendit à sa mère".

A noter que la qualité de"prophète" attribuée à Jésus est très fréquente dans l'Evangile de Luc. Il est clair qu'en beaucoup de ses actes il se comporte comme un prophète (par exemple en 9, 22 - 23). Parfois, Jésus s'applique ce titre à lui-même (4, 24 et 13, 33), parfois également, comme dans notre passage, ce titre lui est donné pour caractériser son action (7, 16 et 39; 9, 8 - 9. 11). Cependant, dans de nombreux cas, bien qu'il soit prophète, Jésus est rejeté.

Jésus est ici perçu comme "passage-présence" de Dieu qui, à travers lui, "visite" et sauve son peuple, dans l'accomplissement de ce que Zacharie déclarait dans son Cantique de l'Evangile de l'Enfance du Christ : Jésus est bien "l'astre levant" qui vient visiter Israêl (1, 78). Jésus donne l'ordre au mort de "se réveiller", verbe qui veut dire à la fois "se lever" et "se réveiller", et qui a été très souvent utilisé pour exprimer la résurrection. Voir TOB, Luc, 7, 14, note "v".


4. PROLONGEMENT.

La mission de Jésus est continuée par chaque chrétien croyant, qui, parce qu'il suit Jésus comme disciple, accepte d'être envoyé par lui. En ressuscitant 2 ou 3 morts, Jésus a signifié la libération totale qu'il apporte et qu'il réalisera dans son passage au Père en sa mort-résurrection.

Cela nous pose deux questions : - Nous considérons-nous vraiment, et totalement, libérés par Jésus (Galates. 5, 1. 5. 13 - 14. 22 - 25) ?
- Manifestons-nous les fruits de cette libération ?

 

"Seigneur Jésus,
toi qui, sans cesse, nous communiques ta présence libératrice dans l'Esprit Saint,
ouvre nos yeux à cette transformation que tu opères en nous,
et apprends - nous à témoigner activement de ton oeuvre de salut
dans ce monde où nous vivons et vers lequel tu nous envoies. AMEN".

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