Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
26 Octobre 2009
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| La Lettre aux Romains est la plus longue, la plus importante et la mieux structurée des lettres de Paul. Son interprétation a été décisive dans les grands moments de crise de l'Eglise, surtout au 5ème siècle (face à l'hérésie du moine Pélage : l'homme gagne son salut par son effort personnel), et au 16ème siècle (Luther et Calvin se séparent de Rome). C'est à partir de leur relecture de la Lettre aux Romains que les Réformés et les Luthériens du 16ème siècle ont formulé leurs thèses sur le salut de Dieu par la grâce acceptée dans la foi. Cette lettre a été écrite par Paul lui-même (en la dictant à un secrétaire-écrivain) au printemps de 57 ou de 58, et probablement depuis Corinthe. On n'a jamais mis en doute son authenticité. Paul estime avoir terminé son oeuvre apostolique en Orient. Il forme donc le projet de passer par Rome pour aller en Espagne (15, 19 - 31).Il envoie donc d'avance aux chrétiens de Rome ce qui représente le coeur de sa prédication et de son Evangile. En effet, cette Lettre aborde en profondeur les points les plus centraux du message chrétien : la puissance du salut de Dieu, présenté comme une grâce à recevoir dans la foi, pour en être transformé. C'est une vie avec le Christ ressuscité, mais marquée par l'événement suprême du dessein de salut de Dieu que constituent enemble la prédication, le témoignage, la mort et la résurrection de Jésus. L'Esprit Saint que nous avons reçu insère en nous toute la richesse de vie et de nouveauté, qui est le fruit de cet événement unique. Cet enseignement à la fois général, et sans doute adapté à des circonstances particulières de l'Eglise de Rome, se réalise en deux parties : - l'une doctrinale (1 - 11), - l'autre exhortative, pour encourager à une manière de vivre avec et selon le Christ, et qui traite de différents aspects de notre existence humaine (12 - 16). La partie proprement doctrinale de la Lettre de Paul aux Romains (1, 16 - 11, 36), qui commence dès la fin des présentations (1, 1 - 15), est toute entière consacrée à la Bonne Nouvelle ou l'Evangile de Dieu qui nous vient de notre Seigneur Jésus le Christ, et elle se développe en trois thèmes : - La justice de Dieu nous est révélée par l'Evangile comme force de justice pour qui l'accueille avec foi (1, 16 - 4, 25), - L'amour de Dieu assure le salut à ceux qui sont justifiés par la foi (5, 1 - 8, 39), - Cette réalisation du salut de Dieu n'est pas en contradiction avec la promesse de Dieu faite jadis à Israël (9, 1 - 11, 36) A côté de cette répartition de cette Lettre en deux parties, comme il vient d'être indiqué, on peut tout aussi bien n'y voir, d'un bout à l'autre que le développement, en trois temps successifs, d'une seule idée force très prégnante : - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la manière selon laquelle Dieu traite les Juifs et les paiens (1 - 8), - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la manière dont Dieu traite le peuple d'Israël (9 - 11), - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la vie de ceux qui croient au Christ. (12 - 15). Selon le premier découpage de cette Lettre, que nous continuons de suivre, Paul développe ensuite une 2ème série d'arguments autour d'un 2ème thème : L'amour de Dieu assure le salut à ceux qui sont justifiés par la foi (5, 1 - 8, 39). Ce thème est successivement : annoncé (le chrétien, justifié par la foi, réconcilié à Dieu, sera sauvé : 5, 1 - 11), puis expliqué (la vie chrétienne apporte une triple libération : du péché et de la mort, en 5, 12 - 21, de l'homme lui-même, désormais uni au Christ, en 6, 1 - 23, de la Loi, en 7, 1 - 25), enfin développé (la vie chrétienne est vie dans l'Esprit, destinée à la gloire, selon la force de l'Esprit qui fait de nous des enfants de Dieu, dont nous devons chanter l'amour indéfectible : 8, 1 - 39). Avec cette page nous continuons notre avancée dans le 3ème et dernier aspect de cette 2ème série d'arguments. Il nous y est donné maintenant de découvrir la qualité extraordinaire du don de Dieu qui nous est proposé dans l'Esprit Saint que nous avons reçu, et que nous présente tout ce chapitre 8, qui est incontestablement le "sommet" de cette Lettre de Paul aux Romains. La vie chrétienne est une vie dans l'Esprit et elle est destinée à la gloire. En un premier temps, Paul a montré que c'est bien l'Esprit qui donne puissance et dynamisme à une existence selon le Christ (8, 1 - 13). Dans le 2ème temps de ce chapitre 8, où se situe la plus grande partie de notre page, Paul nous annonce la transformation radicale qu'opère en nous l'Esprit, qui nous fait devenir enfants de Dieu (8, 14 - 30). Viendra ensuite le temps de la conclusion sous la forme d'une hymne à l'amour de Dieu, révélé par le Christ, manifesté pour nous dans l'Esprit (8, 31 - 39). |
| 2. MESSAGE. L'action du Christ ressuscité, dans l'Esprit Saint qu'il transmet à ceux qui se remettent à lui dans la confiance totale de la foi, s'opère en deux temps ou deux moments reliés cependant dans une même dynamique : le "déjà-là" de notre transformation bien inaugurée dans cotre existence historique au coeur de ce monde, et le "pas encore" de notre participation achevée à la gloire de Dieu dans la gloire du Christ ressuscité. Ce que nous avons déjà reçu dans le don de l'Esprit Saint et la présence mystérieuse en nous du Ressuscité, demeure en tension vers le moment ultime de la fin définitive des temps, car tout nous est accordé "en espérance" par l'Esprit Saint en ce temps où épreuves et souffrances sont encore notre lot. Epreuves et souffrances dont Paul veut nous montrer en cette page que leur ampleur ne souffre aucune comparaison avec la grandeur au-delà de toute imagination, de la gloire qui nous sera révélée et communiquée dans l'avenir de Dieu. Mais ce qui est commencé en nous, et qui crée l'espérance de son propre achèvement, est une force victorieuse de toute difficulté ou souffrance du temps présent. En effet, la présence du salut de Dieu accompli en, et par, Jésus Christ est si forte que l'univers entier de la création est associé à notre propre transformation inaugurée et en cours, dans un enfantement cosmique : tout ce que Dieu a créé doit entrer dans la création nouvelle sur laquelle et à travers laquelle rayonne la gloire de Dieu. |
| 3. DECOUVERTES. Selon le texte du livre de la Genèse, 3, 14 - 19, la nature elle-même a été corrompue par le péché de l'homme, et souffre à sa façon des conséquences du péché. Le jardin d'Eden a bel et bien disparu. En 8, 18 - 39, Paul nous annonce, d'une certaine façon, mais autrement, le retour du Paradis. Dieu, en Christ, ne sauve pas seulement les individus, mais il sauve également toute la création en "engloutissant", dans la victoire du Christ, tout ce qui été perdu en Adam. C'est la résurrection du Christ (dont Paul a été témoin : Galates, 1, 16 et 1 Corinthiens, 15, 8) qui vient rendre pésente la fin de l'histoire et la "placarder", pour ainsi dire, en son milieu. Paul répond ici à l'objection de la souffrance toujours présente dans le monde après la résurrection de Jésus et la communication de l'Esprit Saint. Il précise donc, avec une forte insistance,que cette souffrance du temps présent est totalement disproportionnée à la gloire future qui concernera autant la dimension cosmique du monde que notre vie personnelle, ces deux dimensions étant pour Paul nécessairement liées. Connaissant ainsi son origine ainsi que son terme, qui est achèvement dans la gloire de Dieu avec tout l'univers en gestation de création nouvelle, nous pouvons donc mieux supporter les épreuves et souffrances rencontrées, saisis que nous sommes par cet élan plein d'espérance qui anime notre vie de chrétiens ayant déjà part à la résurrection de Jésus. La création en "travail" d'un monde nouveau nous renvoie à la malédiction encourue par Eve dans le récit de Genèse 3, ainsi que la promesse d'une victoire source de vie nouvelle qui lui est associée. De même, nous qui sommes déjà devenus réellement des "enfants de Dieu", avec un esprit d'adoption, nous demeurons dans l'attente de la dimension de plénitude de cette adoption, liée à la rédemption de notre corps appelé à la résurrection. C'est un fait : nous avons été sauvés, mais en espérance. Ces versets 18 - 25 affirment à la fois la certitude de ce qui nous est donné et la profondeur de son absence. Au verset 20, l'identité de celui qui a livré la création au pouvoir du néant ne nous est pas fournie : selon les uns et les autres parmi les commentateurs, il peut s'agir de Dieu, qu'il réagisse ou non ainsi au péché de l'homme, ou d'Adam lui-même, indirectement et en conséquence de sa faute. |
| Nous ne pouvons que rester éblouis par ce mystère de Dieu nous communiquant ainsi son salut, et confondus devant un si grand mystère, comme Paul lui-même l'a manifesté à plusieurs reprises en ses différents écrits : Rm 11:33- O abîme de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses décrets sont insondables et ses voies incompréhensibles ! Raison de plus pour que nous lui témoignions une confiance totale, en nous remettant totalement à lui, dans la foi, avec le coeur de pauvre qu'il attend de nous, pour nous communiquer sa richesse infinie par le Christ, dans l'Esprit. |
| Seigneur Jésus, plus nous croyons en toi et plus nous nous rencontrons le mystère ineffable du don de Dieu qui nous appelle, dès maintenant, à partager sa gloire, qui nous invite à le saisisr en nous laissant saisir, et en cherchant toujours plus à le saisir dans notre tension, en espérance, vers l'achèvement final de son Royaume pleinement accompli dans la communication de sa vie même, existence de Celui qui sera alors "tout en tous" : que ton Esprit continue de m'ouvrir à ce mystère de vie, de lumière, de vérité et d'amour, qui, seul, peut combler toutes nos recherches et aspirations, pour peu que nous acceptions de nous laisser conduire au-delà de nous-mêmes par Celui qui nous propose d'entrer dans sa création nouvelle. AMEN. |