Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
9 Décembre 2009
| Is 40:25- A qui me comparerez-vous, dont je sois l'égal ? dit le Saint. Is 40:26- Levez les yeux là-haut et voyez : Qui a créé ces astres ? Il déploie leur armée en bon ordre, il les appelle tous par leur nom. Sa vigueur est si grande et telle est sa force que pas un ne manque. Is 40:27- Pourquoi dis-tu, Jacob, et répètes-tu, Israël : " Ma voie est cachée à Yahvé, et mon droit échappe à mon Dieu ? " Is 40:28- Ne le sais-tu pas ? Ne l'as-tu pas entendu dire ? Yahvé est un Dieu éternel, créateur des extrémités de la terre. Il ne se fatigue ni ne se lasse, insondable est son intelligence. Is 40:29- Il donne la force à celui qui est fatigué, à celui qui est sans vigueur il prodigue le réconfort. Is 40:30- Les adolescents se fatiguent et s'épuisent, les jeunes ne font que chanceler, Is 40:31- mais ceux qui espèrent en Yahvé renouvellent leur force, ils déploient leurs ailes comme des aigles, ils courent sans s'épuiser, ils marchent sans se fatiguer. |
| Ce 2ème Prophète Isaïe, dont le recueil occupe les chapitres 40 à 55 du Livre d'Isaïe de nos Bibles, serait un disciple lointain du 1er Isaïe, puisqu'il a vécu quelque 150 ans plus tard. Il ne s'adresse plus aux habitants de Jérusalem pour les appeler à la foi et à la vigilance, mais aux exilés, pour leur apporter consolation dans leurs difficultés. On ne connaît pas le nom de ce prophète, pas plus que celui du prophète auquel on doit les chapitres 56 à 66 du Livre Biblique d'Isaïe, recueil d'oracles écrits après le retour de l'exil, et que, selon toujours la même hypothèse évoquée plus haut, l'on appelle le 3ème Isaïe. Le 2ème Isaïe, dont nous lisons une page aujourd'hui, à travers son style et sa poésie bien typés, nous laisse une impression d'homme sérieux, réfléchi, respirant l'optimisme et la sympathie. Surtout, il se manifeste comme un croyant à la foi très solide, qui est capable de discerner en quoi tout épisode de l'histoire peut jouer son rôle dans la rédemption d'Israël. Les thèmes principaux de son recueil sont les suivants : - le thème de l'accomplissement des prophéties; - le thème de Dieu présenté comme le créateur du monde, qui lui permet d'expliquer la souveraine puissance de Yahvé; - le thème de la justice de Dieu, qui veille à l'accomplissement des promesses; - le thème de la puissance efficace de la Parole de Dieu, qui se traduit immédiatement en oeuvres du Seigneur; - le thème de Jérusalem, point focal du retour des exilés; - le thème du Serviteur, dont les 4 chants aux chapitres 42, 49, 50, 53, présentent à la fois le portrait collectif d'Israël et celui, individuel, d'un serviteur, homme d'une haute sainteté. Notre passage de ce jour se situe dans le 2ème volet de la 1ère partie : débat entre Dieu et Israël. |
| Le peuple en exil est fatigué, las. Il devient hésitant, souvent trébuchant dans sa foi au Seigneur, et il est tenté par l'apostasie. D'où cette discussion entre Dieu et Israël, dans laquelle Dieu commence par se présenter, à partir d'une question qu'il pose à son interlocuteur, et à laquelle il répond de façon précise et poétique (versets 25 - 27). Ensuite, Dieu interroge Israël sur lui-même et son attitude, lui fait prendre conscience de sa faiblesse, et l'invite à se fier à lui pour retrouver des forces (versets 28- 31). Dieu fait ainsi d'abord remarquer au peuple qu'il ne peut se permettre de douter de Dieu, de penser que Dieu ne l'accompagne plus, car Dieu est le créateur du ciel et de la terre, et, par couséquent, le maître des astres. D'autre part, toujours selon Dieu, le peuple, même s'il tombe de lassitude, ne peut pas se permettre de mettre en question la force et le soutien que Dieu peut lui apporter, car Dieu est le Dieu éternel qui a créé la terre, et qui, lui, ne faiblit jamais. Lorsqu'on éprouve fatigue ou faiblesse, espérer en Dieu fait trouver des forces nouvelles, durables et insoupçonnées. La découverte de Dieu, créateur du cosmos, doit renforcer la conviction de Jacob-Israël, que Yahvé, qui, depuis Abraham, le guide et l'accompagne dans son histoire, est le seul sur lequel il puisse vraiment s'appuyer en toutes circonstances. |
| Auparavant (par exemple en Deutéronome, 4, 19 ; 29, 25; 32, 8 - 9), on laissait volontiers les corps ou puissances célestes à la disposition des nations qui voulaient leur rendre un culte : d'une certaine façon, ce n'était pas le problème d'Israël, car il suffisait alors, semble-t-il, que Yahvé soit le seul Dieu pour Israël, le peuple qu'il avait choisi, et dans le pays qu'il lui avait fait conquérir. Dans le recueil du 2ème Isaïe, le terme technique, que nous traduisons par le verbe "créer", est utilisé 16 fois pour indiquer l'action puissante de Dieu qui transforme le chaos en un univers bien ordonné. Au verset 28, Dieu est dit être le "Dieu Eternel" : c'est là le rappel de la façon dont Abraham appelait Dieu à Beersheba (Genèse, 21, 33). l..e 2ème Isaïe englobe dans son regard toute l'histoire, passée, présente, et à venir, d'Israël. Au verset 31, l'attitude "d'attente de Dieu" (traduite aussi par "espérer"), dans la certitude que sans lui on est totalement dépourvu, que lui seul peut nous donner force et vie, et qu'on peut toujours compter sur lui, quoi qu'il arrive, voilà une belle présentation de la "foi" dans l'Ancien Testament (voir également Habbacuc, 2, 3 - 4, et Isaïe, 8, 16 - 18). |
| Paul, dans sa Lettre aux Romains, reproche aux païens de n'avoir pas su reconnaître Dieu, à partir de l'observation du cosmos, qui est l'oeuvre de sa création (Romains, 1, 19 - 32). Il reprend également ce thème de la création pour situer l'accomplissement du salut, dans la mort-résurrection de Jésus et le don de l'Esprit, comme une "création nouvelle", selon une remarquable perception de l'unité entre l'action de Dieu comme Créateur et son engagement pour sauver les hommes, au coeur de leur histoire, d'Abraham à Jésus (2 Corinthiens, 5, 17 - 21). Si la 1ère création est ainsi considérée comme le 1er acte du salut, la fin des temps accomplie en Jésus mort et ressuscité est bien le passage de cette création à l'univers "nouveau" de cette "création nouvelle" (Apocalypse, 21, 1) Ce passage de la 1ère à la 2ème création est bien exprimé, toujours par Paul, dans le dernier verset du chapitre 3 de sa Lettre aux Philippiens : 20 Mais notre cité à nous est dans les cieux, d'où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus Christ, 21 qui transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire, par le pouvoir qu'il a de s'assujettir toutes choses. |
| Seigneur Jésus, l'accomplissement de toute l'oeuvre de Dieu en ta mort-résurrection, et le don de l'Esprit qui te rend désormais présent au coeur de nos vies, est bien une création nouvelle, signifiant la fin d'une réalité transitoire et l'entrée dans le Royaume de Dieu que tu as inauguré en nous : donne-moi d'accueillir sans cesse cette nouveauté toujours renouvelée, et d'en vivre comme un engagement permanent à plus de vérité, plus de lumière et d'amour, dans ma relation simultanée à Dieu qui m'appelle et me sauve, à mes frères et soeurs, auprès desquels je dois témoigner de la puissance de ta résurrection et de ton salut, ainsi qu'à moi-même, que tu attends ouvert à la transfiguration que tu m'offres en me saisissant ainsi dans ton mystère de pénitude de vie. AMEN. |