Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
2 Mars 2010
| Jr 18:18- Ils ont dit : "Venez! Machinons un attentat contre Jérémie, car la Loi ne périra pas faute de prêtre, ni le conseil faute de sage, ni la parole faute de prophète. Venez! Dénigrons-le et ne prêtons attention à aucune de ses paroles." Jr 18:19- Prête-moi attention, Yahvé, et entends ce que disent mes adversaires. Jr 18:20- Rend-on le mal pour le bien? Or ils creusent une fosse à mon intention. Rappelle-toi comme je me suis tenu devant toi pour te dire du bien d'eux, pour détourner loin d'eux ta fureur. |
| Le ministère de Jérémie a duré 40 ans environ, de 627 à 587, et s'adressait à Juda, ainsi qu'aux nations environnantes, pendant cette époque de convulsions politiques. Jérémie est intervenu très souvent. Il fallait, en effet, discerner la volonté de Dieu et chercher sa lumière dans des situations dramatiques. Parmi tous les prophètes de son temps (Sophonie, Habakkuk, Nahum et Ezéchiel), il fut le seul à percevoir à quel point Dieu aimait son peuple, ainsi que les devoirs du peuple vis-à-vis de Dieu, dans le respect des termes de l'Alliance. Il eut un sens très aigu des différentes déviations qui existaient alors dans la manière du peuple de vivre sa foi en Yahvé. Son message développait 2 aspects fondamentaux : quelle est la véritable manière de vivre selon Yahvé-Dieu ? Les aberrations des dirigeants de Juda ne pouvaient, selon lui, que le conduire à la catastrophe, pour n'avoir pas suivi le Seigneur dans un discernement des appels des signes des temps. Son Livre commence par des oracles contre Juda et Jérusalem (1, 4 - 25, 13), et c'est dans cette première partie que nous trouvons le récit de la vocation du prophète, ainsi que ses doutes et états d'âme concernant sa mission, car ces oracles couvrent toute la période de l'histoire dont il fut le contemporain. Une 2ème partie de son Livre traite de la restauration d'Israêl (26,1 - 35, 19). Une 3ème partie nous raconte les persécutions prolongées qu'a subies le prophète vers la fin de sa mission et de sa vie, ainsi que son martyre (36, 1 - 45, 5). Son Livre se termine par une série d'oracles contre les nations (46,1 - 51, 64). Notre passage se situe dans la 1ère partie du Livre de Jérémie. |
| Ce n'est pas la première fois que la vie de Jérémie est en danger : il s'était déjà comparé à "un agneau qu'on mène à l'abbatoir" (11, 18 - 20), se révélant ainsi comme Prophète-Serviteur-souffrant. L'argument utilisé par ses ennemis pour tenter de le faire disparaître, c'est de publier qu'il ne sert à rien, qu'on peut très bien se passer de lui, qu'on peut donc l'ignorer, et, qui plus est, le calomnier. Jérémie prend donc Dieu à témoin de leur méchanceté gratuite, qui rend le mal pour le bien. Il met le Seigneur devant le danger que lui, Jérémie, court. Et cela avec une grande lucidité. Ensuite, rappelant comment il avait été fidèle à sa mission de Prophète interpellant et intercesseur, qui avait même prié le Seigneur pour ses ennemis, il fait maintenant appel à la fidélité transcendante de Dieu, à sa mémoire toute puissance et infinie, appel qui va se transformer, dans la suite, non lue aujourd'hui, du passage, en un grand cri de vengeance. |
| Jérémie est le seul prophète qui, mis à part les récits de vocation qu'il partage avec d'autres tels que Isaïe et Ezéchiel, nous raconte ses difficultés à vivre sa mission, et resitue à plusieurs reprises sa vocation devant le Seigneur. Il nous partage ces moments-là dans des passages que l'on a nommés ses "Confessions". Cette page est donc le début d'une de ces confessions, qui commence au verset 18 et se continue jusqu'au verset 23 (notre texte s'arrêtant au verset 20) par un violent cri du prophète appelant le Seigneur à le venger de ses ennemis. Lignes choquantes, omises dans notre version likturgique, mais qui n'en revèlent pas moins le combat du Prophète qui, à côté de moments sublimes d'expérience spirituelle, plonge dans les profondeurs de l'angoisse et du désespoir. L'occasion de cette Lamentation du Prophète est un complot tramé par ses adversaires pour le réduire au silence. (Voir d'autres passages du même genre en Jérémie, 11, 18 - 20; 12, 1 - 6 et 15, 10 - 18). Il est vrai que Jérémie s'est montré impitoyable dans ses condamnations des prêtres, des sages et des prophètes, ces fonctionnaires "officiels" de la religion de son temps, et maintenant, ils le lui rendent bien. D'où cette réaction du Prophète devant le Seigneur. |
| L'Evangile de Matthieu interprète ces guérisons comme une prise en charge par Jésus du poids de toutes nos maladies (Matthieu, 8, 17). Il rejoint le témoignage de Paul disant de Jésus que lui, qui n'a pas connu le péché, a été "identifié au péché, afin que, par lui, nous devenions justice de Dieu" (2 Corinthiens, 5, 21). Autre différence : Jésus a renoncé à toute haine et vengreance, et il a pardonné à ses bourreaux (Luc, 23, 34), et Paul précise que, par sa croix, il a tué la haine (Ephésiens, 2, 16). Nous qui sommes images de Jésus, nous avons à suivre son chemin, là où nous sommes, et chaque jour. |
| Seigneur Jésus, puisque par ta mort tu as tué la haine, puisque tu as su pardonner à tes bourreaux, puisque tu as demandé à tes disciples d'entrer, à leur tour, dans cette logique du pardon à accorder en permanence, comment pourrions-nous encore douter que tu nous a révélé que Dieu est Amour ? : aide-moi à me laisser saisir et conduire, en toutes mes démarches, par ton Esprit Saint, qui insère ton attitude au plus profond de mon coeur, et m'invite à repousser toute violence, tout désir de vengeance qui monteraient en moi, et m'empêcheraient de reproduire et rayonner ton image. AMEN. |