Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
11 Juin 2010
| Mt 5:33- " Vous avez encore entendu qu'il a été dit aux ancêtres : Tu ne te parjureras pas, mais tu t'acquitteras envers le Seigneur de tes serments. Mt 5:34- Eh bien ! moi je vous dis de ne pas jurer du tout : ni par le Ciel, car c'est le trône de Dieu ; Mt 5:35- ni par la Terre, car c'est l'escabeau de ses pieds ; ni par Jérusalem, car c'est la Ville du grand Roi. Mt 5:36- Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux en rendre un seul cheveu blanc ou noir. Mt 5:37- Que votre langage soit : "Oui ? oui", "Non ? non" : ce qu'on dit de plus vient du Mauvais. |
| Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l'Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu'il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90. A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s'il a été composé pour des chrétiens d'origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d'origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu'il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s'est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu'à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23). Néanmoins, même s'il a été d'abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : "allez, de toutes les nations, faites des disciples" (28, 18). On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l'avant-dernière, etc...), concentrées autour de la 6ème partie, le "Discours en paraboles", qui sert en quelque sorte de "pivot". Nous obtenons ainsi le découpage suivant : - Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4) - Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7) - Manifestations de l'autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9) - Discours sur la mission (10) - Jésus rejeté par "cette génération" (11 - 12 ) - Discours en paraboles (13) - Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17) - Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18) - De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22) - Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24) - Passion, mort et résurrection (26 - 28) Avec notre page se continue le 1er des 5 grands discours de Jésus, tels que Matthieu nous les a recomposés, 1er discours qu'on appelle habituellement le "Sermon sur la Montagne". Mieux vaut cependant l'intituler "La Charte du Royaume de Dieu", pour en mieux mesurer l'importance. En effet, Jésus nous y livre les "secrets" du Règne de Dieu : d'abord, ce qu'il nous faut chercher et recevoir du véritable "bonheur" selon Dieu : les béatitudes (5, 1 - 12), ensuite, ce qu'une telle découverte fait de nous au coeur du monde et pour le monde : la saveur et la lumière (5, 13 - 16), enfin, où cela nous conduit comme style de vie : - de dépassement infini de toutes les exigences (5, 17 - 48), - de changement profond d'attitude dans la prière, l'aumône et le jeûne (6, 1 - 18), - de découverte du caractère "unique" de ce que Jésus nous propose, et du choix absolu pour marcher avec lui, qu'il attend de nous, les croyants (6, 19 - 7, 29). |
| Jésus n'est pas venu abolir, mais accomplir les obligations de l'Alliance avec Dieu définies à Moïse au Sinaï, en nous demandant de les vivre selon une avancée en qualité, et une exigence nouvelle, qu'il nous caractérise en 6 dépassements successifs, qu'il nous faut réaliser, pour que nous puissions recevoir le Règne de Dieu en notre vie, en dépassant la justice des Scribes et des Pharisiens. Après nous avoir instruits successivement sur le refus de la colère intérieure, de l'adultère et du divorce, Jésus nous parle maintenant du serment. Comme dans les cas évoqués précédemment, Jésus pose une fois de plus l'antithèse : "Vous avez appris qu'il a été dit..., moi je vous dis...", mettant ainsi tout le poids de son autorité derrière ses paroles. La citation qu'il donne de l'Ancien Testament est une phrase composée de deux extraits : l'un, du Lévitique, 19, 12, et l'autre, des Nombres, 30, 3. Il semble exister une sorte de tension "logique", sinon une contradiction, entre les deux termes de cette citation : Tu ne feras pas de faux serments, mais tu t'acquitteras de tes serments envers le Seigneur" (ce qui indique que l'on peut prêter serment, ce que Jésus va contester fortement). Le dépassement qu'exige Jésus apparaît donc tout-à-fait clairement : "Moi, je vous dis de ne pas jurer du tout", formule négative absolue, suivie d'une formule positive toute aussi absolue : quand vous dites "oui", que ce soit un "oui",quand vous dites "non", que ce soit un "non". La défense nette et radicale ("ne pas jurer du tout") est donc associée au commandement tout aussi net et radical ("dire oui ou non, sans plus"). Qu'est-ce que cela veut dire ? Que le langage doit corrrespondrre au plus profond de ce que je pense, ou que le langage que j'emploie doit être vrai au point qu'il n'est plus besoin de l'appuyer sur l'autorité du serment ? La plupart des commentateurs estiment que Jésus vise cette dernière et seconde interprétation, qui n'interdirait pas un usage légitime du serment, dans des circonstances particulièrement précisées, et à condition, bien entendu, qu'il soit vrai. En se prononçant ainsi, Jésus refuse les subterfuges hypocrites qui consistent à faire appel à une autorité ou force extérieure (qui, de fait, est toujours Dieu, même si on fait appel à lui indirectement), pour donner plus de poids et d'assurance à ce qui n'est souvent pas totalement vrai. La vérité clairement cherchée et exprimée appelle un langage , direct et simple, qui n'interdit pas, par ailleurs, qu'on puisse employer un langage suggestif, poétique ou imagé, comme Jésus lui-même ne s'en prive pas dans ses paraboles ! |
| Aux versets 34, 35 et 36,où il cite Isaïe, 66, 1 et le Psaume 48, 2, Jésus nous fournit quelques exemples de formules de serments qui contiennent des subterfuges pour le Nom même de Dieu. Ces formules, Jésus les récuse absolument, en rappelant qui'il ne se trouve rien dans la création qui ne vienne de Dieu et ne dépende de lui. Le verset 37, sur le "oui" ou le "non" que nous devons avoir le courage d'affirmer, est le plus important de toute cette page, car il nous offre un commandement très net qui suppose, de notre part, que nous fassions un choix entre la vérité pour elle-même, ou la dépendance des forces du mal (le Malin) La position de Jésus s'inspire de celle du Décalogue, qui ne dit mot, ni de l'action de jurer, ni des serments, ni des voeux, mais insiste sur l'essentiel : vis à vis de Dieu ("ne pas prononcer en vain le Nom de Dieu" : Exode, 20, 7), et vis à vis du prochain ("ne pas porter de faux témoignage" : Exode, 20, 16). |
| Paul ajoute que c'est par ce "OUI" du Christ que nous sommes capables de dire notre propre "OUI" assumé, repris, intégré, dans le sien. |
| Seigneur Jésus, tu t'es proclamé "le chemin, la Vérité et a vie", nous invitant ainsi à te suivre, et, devant Pilate, tu as résumé ta mission en disant que tu n'étais venu en ce monde que pour rendre témoignage à la Vérité : aide-moi à mieux comprendre l'appel que tu nous adresses à travers tes propos, et fais que j'entende vraiment ta voix qui m'encourage à te suivre, en me montrant vrai et transparent de la vérité de ce que je vis, de ce que je cherche, de ce que je découvre. AMEN. |