Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
22 Avril 2010
| Jn 6:51- Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais. Et même, le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde. " Jn 6:52- Les Juifs alors se mirent à discuter fort entre eux ; ils disaient : " Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? " Jn 6:53- Alors Jésus leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Jn 6:54- Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour. Jn 6:55- Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson. Jn 6:56- Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. Jn 6:57- De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Jn 6:58- Voici le pain descendu du ciel ; il n'est pas comme celui qu'ont mangé les pères et ils sont morts ; qui mange ce pain vivra à jamais. " Jn 6:59- Tel fut l'enseignement qu'il donna dans une synagogue à Capharnaüm. |
| En effet, l'Evangile de Jean, entre un court Prologue (Jean, 1, 1 - 18), qui est la reprise d'une hymne primitive bien adaptée pour servir d'ouverture à la mission terrestre en Jésus du Verbe fait chair (la Parole de Dieu) , et un Epilogue (Jean, 21, 1 - 25), qui est un compte rendu d'apparition(s) du Christ ressuscité en Galilée, ajouté, semble-t-il, lors de la rédaction finale de l'Evangile, se divise en deux grandes parties : - LE LIVRE DES SIGNES, dans lequel , tout au long du ministère public de Jésus, nous assistons à la révélation qu'il nous donne de Dieu son Père par ses signes et ses paroles (Jean, 1, 19 - 12, 50), - LE LIVRE DE LA GLOIRE, long de huit chapitres (!), où Jésus, à ceux qui le reçoivent et l'accueillent, montre sa gloire en retournant au Père, à son "Heure", passage qui se réalise dans sa mort, sa résurrection, son ascension, et le don de son Esprit ( Jean, 13, 1 - 20, 31). Le Livre des signes, dans lequel se situe notre passage, est d'abord ainsi nommé parce qu'il se trouve ponctué par SEPT signes, tous IMPORTANTS de par leur sens, accomplis par Jésus du début à la fin de son ministère : - le changement de l'eau en vin à Cana (2, 1 - 11), - la guérison du fils d'un intendant royal à Cana (4, 46 - 54), - la guérison d'un infirme à la piscine de Bethesda (5, 1 - 11), - la multiplication des pains en Galilée (6, 1 - 15), - la marche sur la Mer de Galilée (6, 16 - 21), - la guérison d'un aveugle-né à Jérusalem (9), - la réanimation de Lazare, mort et mis au tombeau à Béthanie (11). - 1°) Les débuts de la Révélation de Jésus : de Jean-Baptiste à Jésus (1, 19 - 51), aboutissant au changement de l'eau en vin à Cana (2, 1 - 11), qui sert de transition avec la partie suivante, - 2°) Du premier signe de Cana (eau changée en vin) au deuxième signe de Cana (guérison du fils d'un intendant royal) (2 - 4), ce deuxième signe servant également de transition avec la 3ème partie (4, 46 - 54), - 3°) Jésus et les principales fêtes juives (5 - 10), - 4°) Jésus vit l'approche de son "Heure", Heure de sa mort et de sa gloire (11, 1 - 12, 36), - 5°) Conclusion du Livre des signes sur le ministère de Jésus et résumé de sa prédication (12, 37 - 50). |
| Jésus vient de dire : "Le pain que je donnerai, c'est ma chair donnée pour que le monde ait la vie". Ce qui fait réagir ses auditeurs qui se mettent à commenter agressivement entre eux : "comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger ?" Jésus leur répond, en insistant très fortement, que ce qu'il dit, c'est à prendre ou à a laisser : ceux qui n'acceptent pas de manger sa chair et de boire son sang, ne recevront pas la vie qu'il propose, alors que ceux qui, à l'inverse, le feront, auront la vie éternelle et la résurrection au dernier jour. Affirmation que Jésus développe ensuite en plusieurs points : - en mangeant sa chair et en buvant son sang, on entre dans l'intimité totale avec Jésus, que traduit l'expression verbale "demeurer l'un dans l'autre", - de ce fait, on vit désormais par Jésus, de sa propre vie, de la même façon que lui vit par le Père, qui l'a envoyé. En un mot, il faut choisir Jésus et accueillir tout ce qu'il nous apporte : sa révélation de Dieu par sa Parole, la communication de la vie même de Dieu dans son acte de passage au Père, que rend présent la célébration des gestes eucharistiques qu'il nous a laissés. |
| Jésus, par le "malentendu" que crée son vocabulaire surprenant, invite ses auditeurs à un double dépassement : celui de la foi, en acceptant qu'avec lui tout le projet de Dieu est accompli définitivement, celui ensuite d'exprimer, en termes d'expérience humaine "symbolisée" par des gestes, notre participation au don de Dieu qu'il nous présente : - son sang (le "sang" est le lieu de la vie dans la tradition biblique) est le symbole de son existence donnée jusqu'à l'épuisement, - les symboles du "pain", et du "vin" (non exprimé en ce passage) comme ceux de "manger" et de "boire", pour signifier la nécessité d'assimiler , de faire nôtre, d'intégrer, ce que l'on accueille dans notre unité et notre intimité la plus profonde, dans la mesure où ce que l'on "mange" et "boit" devient nous-mêmes. |
| Tout au long de l'Evangile de Jean, Jésus nous est présenté comme celui qui nous apporte la vie même de Dieu : - comme "Verbe" de Dieu, en lui était la Vie 1, 4), - il est venu pour que tous les hommes aient la vie (10, 10), - il est la résurrection et la vie (11, 25), et, dans l'ensemble où se trouve notre passage, il est le pain de la vie, ou le pain vivant descendu du ciel (6, 35 - 59), selon une expression qui souligne à quel point il tient à ce que cette vie de Dieu nous soit communiquée à l'intime de nous-mêmes, jusqu'à nous transformer totalement. Paul a bien perçu la richesse du langage symbolique, concernant, d'une part, le pain et le vin partagés, qui changent de sens au niveau le plus profond pour exprimer la réalité "autre" du corps/chair de Jésus livré(e) et de son sang répandu, et, d'autre part, des gestes liés à ce pain et cette coupe quz nous bénissons ensemble pour faire mémoire de sa mort-résurection (prendre, rendre grâces/bénir, rompre, partager, manger, boire) : 1Co 11:24- et, après avoir rendu grâce, le rompit et dit : " Ceci est mon corps, qui est pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. " 1Co 11:25- De même, après le repas, il prit la coupe, en disant : " Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang ; chaque fois que vous en boirez, faites-le en mémoire de moi. " 1Co 11:26- Chaque fois en effet que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne. 1Co 10:16- La coupe de bénédiction que nous bénissons, n'est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas communion au corps du Christ ? 1Co 10:17- Parce qu'il n'y a qu'un pain, à plusieurs nous ne sommes qu'un corps, car tous nous participons à ce pain unique. |
| Seigneur Jésus, tu nous donnes d'avoir part à ton engagement et à ton "OUI" au Père, prononcé jusqu'en ta mort sur la croix, en relisant le compte-rendu écrit de ta Parole, qui nous révèle le Père et son projet de salut, ainsi qu'en refaisant en Eglise les gestes mêmes que tu nous as laissés pour "faire mémoire" de ton "Heure" de passage au Père : aide-moi à toujours mieux mesurer l'enjeu de ta Parole et de ton eucharistie dans mon existence quotidienne, pour que ta vie devienne ma vie, que vraiment je vive par toi comme tu vis par le Père, et que je demeure en toi comme tu demeures en moi. AMEN. |