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Le blog de l'Abbé Benoît

Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.

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Vendredi 3ème semaine de Pâques - Evangile

DE L'EVANGILE DE JEAN :


Jn 6:51- Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais. Et même, le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde. "
Jn 6:52- Les Juifs alors se mirent à discuter fort entre eux ; ils disaient : " Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? "
Jn 6:53- Alors Jésus leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous.
Jn 6:54- Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour.
Jn 6:55- Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson.
Jn 6:56- Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.
Jn 6:57- De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi.
Jn 6:58- Voici le pain descendu du ciel ; il n'est pas comme celui qu'ont mangé les pères et ils sont morts ; qui mange ce pain vivra à jamais. "
Jn 6:59- Tel fut l'enseignement qu'il donna dans une synagogue à Capharnaüm.


POUR RUMINER LA PAROLE :

1. SITUATION.

L'Evangile de Jean est un Evangile dont la structure nous paraît bien différente de la construction adoptée dans les trois autres Evangiles.

En effet, l'Evangile de Jean, entre un court Prologue (Jean, 1, 1 - 18), qui est la reprise d'une hymne primitive bien adaptée pour servir d'ouverture à la mission terrestre en Jésus du Verbe fait chair (la Parole de Dieu) , et un Epilogue (Jean, 21, 1 - 25), qui est un compte rendu d'apparition(s) du Christ ressuscité en Galilée, ajouté, semble-t-il, lors de la rédaction finale de l'Evangile, se divise en deux grandes parties :

- LE LIVRE DES SIGNES, dans lequel , tout au long du ministère public de Jésus, nous assistons à la révélation qu'il nous donne de Dieu son Père par ses signes et ses paroles (Jean, 1, 19 - 12, 50),

- LE LIVRE DE LA GLOIRE, long de huit chapitres (!), où Jésus, à ceux qui le reçoivent et l'accueillent, montre sa gloire en retournant au Père, à son "Heure", passage qui se réalise dans sa mort, sa résurrection, son ascension, et le don de son Esprit ( Jean, 13, 1 - 20, 31).

Le Livre des signes, dans lequel se situe notre passage, est d'abord ainsi nommé parce qu'il se trouve ponctué par SEPT signes, tous IMPORTANTS de par leur sens, accomplis par Jésus du début à la fin de son ministère :


- le changement de l'eau en vin à Cana (2, 1 - 11),
- la guérison du fils d'un intendant royal à Cana (4, 46 - 54),
- la guérison d'un infirme à la piscine de Bethesda (5, 1 - 11),
- la multiplication des pains en Galilée (6, 1 - 15),
- la marche sur la Mer de Galilée (6, 16 - 21),
- la guérison d'un aveugle-né à Jérusalem (9),
- la réanimation de Lazare, mort et mis au tombeau à Béthanie (11).

Cependant, dans la mesure où ces SEPT "signes" sont souvent plus ou moins longuement expliqués par des paroles ou des discours de Jésus, une autre répartition, plus précise, de ce Livre des signes, nous aide à mieux situer et donc mieux comprendre notre passage :


- 1°) Les débuts de la Révélation de Jésus : de Jean-Baptiste à Jésus (1, 19 - 51), aboutissant au changement de l'eau en vin à Cana (2, 1 - 11), qui sert de transition avec la partie suivante,
- 2°) Du premier signe de Cana (eau changée en vin) au deuxième signe de Cana (guérison du fils d'un intendant royal) (2 - 4), ce deuxième signe servant également de transition avec la 3ème partie (4, 46 - 54),
- 3°) Jésus et les principales fêtes juives (5 - 10),
- 4°) Jésus vit l'approche de son "Heure", Heure de sa mort et de sa gloire (11, 1 - 12, 36),
- 5°) Conclusion du Livre des signes sur le ministère de Jésus et résumé de sa prédication (12, 37 - 50).



Dans la 3ème partie du Livre des Signes, nous rencontrons Jésus au temps de la Fête de la Pâque Juive, après les "signes" qu'il a accomplis de la multiplication des pains (6, 1 - 15), et de sa marche sur les eaux (6, 16 -21), alors que la foule l'a rejoint une 2ème fois (6, 22 - 24). Jésus, après avoir interpellé ces gens sur leur démarche, en préface à son discours sur le "pain de vie" (6, 25 - 34), a prononcé ce discours sur le pain de vie, qu'il est lui-même dans la mesure où sa Parole est révélation de Dieu (6, 35 - 50), discours que l'on peut considérer comme un 1er discours, avant une suite qu'il nous en propose, et que nous lisons dans la page de ce jour, selon une approche différente du même thème (6, 51 - 59), puisqu'il s'agit maintenant du "pain de vie" , comme signifiant les gestes "eucharistiques" qu'il nous a laissés, sur le pain et la coupe que nous avons à partager ensemble, en Eglise. Le chapitre se terminera, ensuite, en nous faisant part des réactions de la foule et des disciples.



2. MESSAGE.

Jésus vient de dire : "Le pain que je donnerai, c'est ma chair donnée pour que le monde ait la vie". Ce qui fait réagir ses auditeurs qui se mettent à commenter agressivement entre eux : "comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger ?"

Jésus leur répond, en insistant très fortement, que ce qu'il dit, c'est à prendre ou à a laisser : ceux qui n'acceptent pas de manger sa chair et de boire son sang, ne recevront pas la vie qu'il propose, alors que ceux qui, à l'inverse, le feront, auront la vie éternelle et la résurrection au dernier jour.

Affirmation que Jésus développe ensuite en plusieurs points :
- sa chair est la vraie nourriture et son sang la vraie boisson,
- en mangeant sa chair et en buvant son sang, on entre dans l'intimité totale avec Jésus, que traduit l'expression verbale "demeurer l'un dans l'autre",
- de ce fait, on vit désormais par Jésus, de sa propre vie, de la même façon que lui vit par le Père, qui l'a envoyé.

Une fois de plus, Jésus demande à ceux qui l'écoutent de passer du temps de l'Ancien Testament à celui de l'accomplissement, que lui seul réalise : comme il l'a déjà dit auparavant, avec lui, Israël tout entier entre dans l'achèvement définitif. Alors que les Pères d'Israël, au désert, avec Moïse, ont mangé la manne et sont morts, celui qui entre dans le mystère de la mort et de la résurrection de Jésus , en mangeant sa chair et en buvant son sang, ne mourra jamais.

En un mot, il faut choisir Jésus et accueillir tout ce qu'il nous apporte : sa révélation de Dieu par sa Parole, la communication de la vie même de Dieu dans son acte de passage au Père, que rend présent la célébration des gestes eucharistiques qu'il nous a laissés.


3. DECOUVERTES.

Jésus, par le "malentendu" que crée son vocabulaire surprenant, invite ses auditeurs à un double dépassement : celui de la foi, en acceptant qu'avec lui tout le projet de Dieu est accompli définitivement, celui ensuite d'exprimer, en termes d'expérience humaine "symbolisée" par des gestes, notre participation au don de Dieu qu'il nous présente :

- sa chair livrée traduit toute sa vie, dans les limtes de son humanité et en situation de faiblesse, livrée pour tous les humains, dans son obéissance au Père, en prenant tous les risques,
- son sang (le "sang" est le lieu de la vie dans la tradition biblique) est le symbole de son existence donnée jusqu'à l'épuisement,
- les symboles du "pain", et du "vin" (non exprimé en ce passage) comme ceux de "manger" et de "boire", pour signifier la nécessité d'assimiler , de faire nôtre, d'intégrer, ce que l'on accueille dans notre unité et notre intimité la plus profonde, dans la mesure où ce que l'on "mange" et "boit" devient nous-mêmes.

Ce 2ème discours, ou cette 2ème partie du discours, est consacré(e) à l'Eucharistie, et tient dans l'Evangile de Jean la place du récit des gestes de bénédiction sur le pain et sur la coupe de vin, auxquels Jésus a donné le sens nouveau et définitif du partage de son corps/chair livré(e), et de son sang versé, c'est-à-dire de la participation à l'événement de sa mort-résurrection. Ces gestes eucharistiques ne font pas partie du dernier repas de Jésus dans cet Evangile de Jean, alors qu'ils figurent dans la relation de ce dernier repas selon les 3 autres Evangiles : ils sont remplacés en Jean par le "lavement des pieds" des disciples par Jésus, mais également par ce 2ème discours sur le pain de vie que nous lisons dans notre page de ce jour.


4. PROLONGEMENT.

Tout au long de l'Evangile de Jean, Jésus nous est présenté comme celui qui nous apporte la vie même de Dieu :
- comme "Verbe" de Dieu, en lui était la Vie 1, 4), - il est venu pour que tous les hommes aient la vie (10, 10), - il est la résurrection et la vie (11, 25), et, dans l'ensemble où se trouve notre passage, il est le pain de la vie, ou le pain vivant descendu du ciel (6, 35 - 59), selon une expression qui souligne à quel point il tient à ce que cette vie de Dieu nous soit communiquée à l'intime de nous-mêmes, jusqu'à nous transformer totalement.

Paul a bien perçu la richesse du langage symbolique, concernant, d'une part, le pain et le vin partagés, qui changent de sens au niveau le plus profond pour exprimer la réalité "autre" du corps/chair de Jésus livré(e) et de son sang répandu, et, d'autre part, des gestes liés à ce pain et cette coupe quz nous bénissons ensemble pour faire mémoire de sa mort-résurection (prendre, rendre grâces/bénir, rompre, partager, manger, boire) :

1Co 11:23- Pour moi, en effet, j'ai reçu du Seigneur ce qu'à mon tour je vous ai transmis : le Seigneur Jésus, la nuit où il était livré, prit du pain
1Co 11:24- et, après avoir rendu grâce, le rompit et dit : " Ceci est mon corps, qui est pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. "
1Co 11:25- De même, après le repas, il prit la coupe, en disant : " Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang ; chaque fois que vous en boirez, faites-le en mémoire de moi. "
1Co 11:26- Chaque fois en effet que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne.

1Co 10:16- La coupe de bénédiction que nous bénissons, n'est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas communion au corps du Christ ?
1Co 10:17- Parce qu'il n'y a qu'un pain, à plusieurs nous ne sommes qu'un corps, car tous nous participons à ce pain unique.


Seigneur Jésus,
tu nous donnes d'avoir part à ton engagement et à ton "OUI" au Père,
prononcé jusqu'en ta mort sur la croix,
en relisant le compte-rendu écrit de ta Parole,
qui nous révèle le Père et son projet de salut,
ainsi qu'en refaisant en Eglise les gestes mêmes que tu nous as laissés
pour "faire mémoire" de ton "Heure" de passage au Père :
aide-moi à toujours mieux mesurer l'enjeu de ta Parole et de ton eucharistie
dans mon existence quotidienne, pour que ta vie devienne ma vie,
que vraiment je vive par toi comme tu vis par le Père,
et que je demeure en toi comme tu demeures en moi. AMEN.
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