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Le blog de l'Abbé Benoît

Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.

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1er Dimanche de carême C - Evangile

RELISONS ENSEMBLE Luc, 4, 1 - 13



1. LE TEXTE...



Lc 4:1- Jésus, rempli d'Esprit Saint, revint du Jourdain, et il était mené par l'Esprit à travers le désert

Lc 4:2- durant quarante jours, tenté par le diable. Il ne mangea rien en ces jours-là et, quand ils furent écoulés, il eut faim.

Lc 4:3- Le diable lui dit : " Si tu es Fils de Dieu, dis à cette pierre qu'elle devienne du pain. "

Lc 4:4- Et Jésus lui répondit : " Il est écrit : Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme. "

Lc 4:5- L'emmenant plus haut, le diable lui montra en un instant tous les royaumes de l'univers

Lc 4:6- et lui dit : " Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car elle m'a été livrée, et je la donne à qui je veux.

Lc 4:7- Toi donc, si tu te prosternes devant moi, elle t'appartiendra tout entière. "

Lc 4:8- Et Jésus lui dit : " Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et à lui seul tu rendras un culte. "

Lc 4:9- Puis il le mena à Jérusalem, le plaça sur le pinacle du Temple et lui dit : " Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d'ici en bas ;

Lc 4:10- car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, afin qu'ils te gardent.

Lc 4:11- Et encore : Sur leurs mains, ils te porteront, de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre. "

Lc 4:12- Mais Jésus lui répondit : " Il est dit : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu. "

Lc 4:13- Ayant ainsi épuisé toute tentation, le diable s'éloigna de lui jusqu'au moment favorable.


(Traduction de la BIBLE DE JERUSALEM, éditions du Cerf, 1997, extrait de La Bible de Jérusalem, sur le site Les dominicains de la Province de France . Tous les passages de cette étude où la référence du texte est reprise au début de chaque verset, viennent de cette édition "en ligne". Les autres passages sont tirés de la Traduction Oecuménique de la Bible, Paris, Cerf, 1972.)


2. SON ENVIRONNEMENT...



Sauf à certains dimanches durant les deux temps forts de Noël et de Pâques, qui nous offrent des textes directement liés à tel ou tel aspect du mystère du Christ célébré, la lecture de l'Evangile de Luc nous est proposée tout au long de cette année liturgique C.

Luc est l'auteur d'une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l'Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.

Son Evangile se déroule en huit étapes :

- un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).

- un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).

- la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).

- le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).

- le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).

- le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).

- le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).

- la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l'Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53)

Selon ce découpage, notre passage se situe dans la troisième partie de l'Evangile de Luc, où nous voyons se préparer le ministère public de Jésus, et ce, en quatre épisodes :

. d'abord, la prédication de Jean Baptiste (3, 1 - 20),
. ensuite, le baptême de Jésus par Jean (3, 21 - 22),
. puis, la présentation de Jésus comme sommet du plan de Dieu dans la création, et tout au long de l'histoire des hommes, sous la forme d'une longue généalogie de Jésus qui remonte jusqu'au premier homme de la création, Adam (3, 23 - 38),
. enfin, cette page que nous lisons en ce premier dimanche de carême, dans laquelle, immédiatement avant de commencer son ministère, nous découvrons Jésus, Fils et Serviteur de Dieu, vaincre le diable qui le tente (4,1 - 13).

C'est dire que cette page constitue un moment crucial dans la façon dont Luc présente à son ami Théophile la bonne nouvelle de Jésus. Il nous avait déjà fourni, dans l'Evangile de l'Enfance de Jésus, une anticipation de la mission et du destin de Jésus, dans une méditation sur le sens de sa venue en notre histoire, à partir des thèmes de son apparition comme fils d'homme naissant en notre monde. Nous avons été témoins, dans la scène du baptême, d'une révélation faite à Jésus de sa dignité de Fils bien-aimé du Père, porteur de l'Esprit, autre anticipation de ce qui sera révélé à tous ses disciples lors de la mort-résurrection de Jésus, que va suivre le don de son Esprit. Ce qui va nous permettre de poursuivre son oeuvre à travers les derniers temps d'une l'histoire parvenue avec lui à son terme. Ici, une troisième anticipation nous est proposée, celle du combat victorieux que Jésus va mener, durant toute sa vie publique, contre les différentes manifestations des forces du mal, avec les seules armes de son obéissance radicale au Père, obéissance qui le rend disponible à recevoir et transmettre la puissance et la miséricorde de Dieu.

Approche à la fois pédagogique et catéchétique de Luc : nous passons constamment d'un regard global sur Jésus aux détails de la progression de son ministère d'annonce et de mise en route du Règne définitif de Dieu. Notre existence chrétienne a besoin, elle aussi, de ce va-et-vient constant du mystère de Jésus, Fils de Dieu, à l'image concrète, qu'avec son aide, nous avons à en donner au coeur des événements de notre vie d'hommes et de femmes de notre temps. Ce va-et-vient s'appelle "relecture", rencontre renouvelée de Jésus qui s'alimente dans la conjonction de ce que nous cherchons à vivre comme lui, avec sa Parole, et ce que les Evangiles nous apprennent de ses comportements de Fils obéissant jusqu'au don de tout lui-même et de sa vie.

D'où l'actualité pour nous de cette page d'Evangile : ce que Luc nous présente sous forme d'anticipation des événements que Jésus va vivre par la suite, devient pour nous résumé, reprise, lumière, Parole de Dieu, sur nos engagements du présent, dans lesquels nous avons à actualiser et rendre visible l'Aujourd'hui de Dieu.




3. CE QUE CE TEXTE NOUS DIT D'ABORD...



1°) Les tentations de Jésus au désert à l'aube de son ministère.

Alors que Marc ne consacre que quelques lignes à ces tentations de Jésus au désert, et sans en montrer la forme ni le contenu, Matthieu et Luc nous décrivent le détail de trois assauts du tentateur à l'encontre de Jésus.

Le thème central en est le refus par Jésus d'être un Messie terrestre triomphant, et, sur ce point, il va se trouver aux prises avec ses adversaires, tout au long de son ministère, jusqu'au combat final de sa mort-résurrection, où sa victoire finale sera totalement manifestée.

Dans cette scène des tentations de Jésus au désert, Jésus accomplit ce qu'Israël libéré d'Egypte n'avait su faire aux jours de Moïse : obéir à Dieu dans la confiance et l'espérance. Jésus résume ainsi le nouvel Israël de Dieu qu'il va reconstruire par son ministère et son engagement pour Dieu jusqu'au bout.

L'enjeu est donc de taille : quel genre de salut Dieu nous propose-t-il, comment entend-il régner au coeur de nos vies, comment, à travers les attitudes de Jésus, se révèle-t-il à nous ? Autant de questions où, sans doute, nous avons envie de répondre à notre façon, en fonction de nos désirs ou de nos exigences, mais dont nous avons à recevoir la clé de Jésus seul.


2°) Luc nous présente les trois tentations de Jésus dans un ordre différent de celui de Matthieu.

En effet, selon lui, la dernière épreuve a lieu à Jérusalem, comme anticipation de l'assaut suprême et final du diable contre lui, lorsqu'il y sera condamné et crucifié : ce sera le moment où il devra résister aux ricanements et provocations des chefs d u peuple, des soldats et d'un des deux larrons crucifiés avec lui. Moment décisif, où, en refusant de "se sauver lui-même" spectaculairement en quittant sa croix, et, en se remettant, dans la foi et la prière, entre les mains du Père, il va situer sa victoire dans l'au-delà décisif et irréversible de sa résurrection et de la puissance de l'Esprit de Dieu. Voir Luc, 23, 34b - 39 et 23, 46 - 48.

Ce sera le point final d'une lutte totale avec les puissances du mal, dont Jésus va se montrer victorieux tout au long de son existence prophétique : comme le dit la dernière phrase de notre page, " le diable s'écarta de lui jusqu'au moment fixé", Jésus ne sera plus attaqué par le diable avant l'heure de sa passion. Au contraire, nous le voyons sans cesse chasser les démons dans ses guérisons et ses exorcismes (Luc, 4, 41; 6, 18; 7, 21; 8, 2; 10, 18; 11, 42...).

En quelques passages également, Jésus évoque déjà sa victoire décisive sur l'adversaire :

- dans le dialogue qu'il tient avec ses 72 disciples de retour de mission :

"Les soixante douze disciples revinrent dans la joie, disant : "Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom." Jésus leur dit : "Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair. Voici, je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents et scorpions, et toute la puissance de l'ennemi, et rien ne pourra vous nuire. Pourtant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, mais réjouissez-vous de ce que vos noms soient inscrits dans les cieux." (Luc, 10, 17 - 20)

La victoire de Jésus doit toujours s'interpréter en termes de victoire de la fin des temps et d'achèvement du dessein de Dieu.

- quand on l'accuse de chasser les démons par le pouvoir de Béelzéboul :

"Quand l'homme fort avec ses armes garde son palais, ce qui lui appartient est en sécurité. Mais que survienne un plus fort qui triomphe de lui, il lui prend tout l'armement en quoi il mettait sa confiance, et il distribue ses dépouilles." (Luc, 11, 21 - 22)

Par cette parabole, Jésus indique bien qu'il est véritablement le plus fort.


Finalement, l'Heure de la passion de Jésus nous est bien présentée comme le retour du diable pour un dernier assaut :

- à propos de la trahison de Judas :

"Et Satan entra en Judas appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze, et il alla s'entretenir avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur la manière de le leur livrer." (Luc, 22, 3 - 4)

- au moment de l'arrestation de Jésus au mont des Oliviers :

Quand j'étais avec vous chaque jour dans le Temple, vous n'avez pas mis la main sur moi; mais c'est maintenant votre heure, c'est le pouvoir des ténèbres." (Luc, 22, 53)


3°) Les enjeux de la victoire de Jésus.

D'une part, Jésus, Fils et Serviteur de Dieu, représente l'humanité nouvelle qui remporte la victoire sur les puissances du mal par l'Esprit Saint qui l'habite depuis son baptême, (et qui ici le conduit au désert et l'assiste durant ces trois tentations), ainsi que par l'obéissance de sa foi. Mais, d'autre part, dans ce combat où Jésus nous est révélé vainqueur, nous est transmis un message qui traverse tous les âges de l'Eglise : la fidélité de Jésus, et sa confiance en la Parole de Dieu comme son arme la plus sûre pur affronter l'adversaire, nous invitent à reprendre ces mêmes attitudes dont il nous fournit ainsi le modèle permanent.


4°)Jésus résiste par la Parole de Dieu, qui explique le salut que Dieu propose, aux trois types de tentation :

- tentation de mettre la puissance de Dieu à son service, en changeant une pierre en pain pour assouvir sa faim. Quand Jésus multipliera les pains, ou qu'il bénira la table devant les disciples d'Emmaüs, après sa résurrection, ce sera pour annoncer le banquet du Royaume où Dieu invite tous les croyants, pour manifester l'abondance du don de Dieu offert gratuitement. En ce qui le concerne, Jésus ne se nourrit pas de ce pain là, et en citant une phrase du Deutéronome (8, 3), il évoque ce que l'Evangéliste Jean lui fera dire explicitement : "J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas... Ma nourriture, c'est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et d'accomplir son oeuvre." (Jean, 4, 32 - 34)

- tentation de prendre le pouvoir et de devenir le centre du monde, ce qui revient à se prosterner devant une force, un esprit qui n'est pas celui de Dieu, alors qu'il faut tout recevoir de Dieu, Créateur et Sauveur, qui nous offre sa gloire et un royaume qui n'est pas de ce monde, et qui est communication de sa propre vie et de sa propre attitude de don gratuit. Ce à quoi Jésus répond en invoquant un autre passage du Deutéronome (6, 13) : tout est de Dieu, tout vient de lui, tout va à lui (comme l'écrira saint Paul en Romains, 11, 36), qui est le seul que l'on puisse adorer. Phrase que Jésus vivra sans cesse en agissant comme Serviteur totalement obéissant. En Luc, 22, 24-27, il commande à ses disciples de ne pas se comporter comme ceux qui cherchent un pouvoir politique, mais, au contraire, de devenir, comme lui, des serviteurs.

- tentation de nier ses propres limites, et de se donner la puissance lumineuse de Dieu, de s'emparer de sa gloire, ce qui revient à "tenter Dieu", à s'attribuer comme personnelle une puissance qui vient de Dieu seul. Ce fut peut-être là le "péché" que la Bible reproche à Moïse dans la façon dont il a accompli l'ordre de Dieu en frappant le rocher du désert de l'Exode pour en faire jaillir de l'eau (Nombres, 20, 10 - 12). Même si, dans cette dernière tentation qui l'invite à se jeter en bas depuis le faîte du Temple, le tentateur lui-même se met à citer l'Ecriture, Jésus lui rétorque une troisième citation du Deutéronome (6, 16), qui traduit également l'authenticité de sa relation à Dieu son Père, auquel il se soumet en tout, toujours disponible, et avec lequel il ne fait qu'un dans la mesure où il ne fait rien de lui-même et ne cherche rien pour lui.

Nous le constatons : Jésus résiste aux tentations en faisant appel à l'action de Dieu dans l'histoire d'Israël, action qu'explique la Bible, Parole de Dieu qui le révèle. Face à la tentation, Jésus se place ainsi immédiatement au niveau de Dieu, qui agit et qui parle, au niveau de la victoire et de la force de Dieu. Il vit lui-même ce qu'il dira à ses disciples : "Heureux plutôt ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui l'observent !"Comportement de foi et de confiance non seulement devant la tentation, mais devant toute adversité, comportement que Jésus vivra sur sa croix, et qu'il va assurer à ses disciples quand ils seront persécutés, car alors ils n'auront pas à avoir peur ni à se soucier de rien, puisque le Père lui-même, ou l'Esprit de Jésus, parleront en eux. (Luc, 12, 11 - 12; 21, 15; Matth. 10, 20; Marc, 13, 11)


4. CE QUE CERTAINS ELEMENTS NOUS SUGGERENT...


- Jésus, rempli d'Esprit Saint... conduit par l'Esprit.

Cette expression "rempli de l'Esprit Saint", ne se trouve qu'ici dans les Evangiles, ainsi que deux fois dans les Actes des Apôtres : à propos d'Etienne (Act., 6, 5 et 7, 55) et de Barnabas (Act., 11, 24). A noter que l'Esprit, que Jésus a reçu à son baptême (Luc, 3, 22), ne le conduit pas pour être tenté, mais est la force qui le soutient durant l'épreuve de la tentation.

- Jésus revient du Jourdain.

Ce qui relie la tentation au baptême de Jésus, (3, 21 - 22) où Jésus a été révélé Fils et Serviteur de Dieu.

- Au désert.

Peut-être une allusion au désert de Judée. A noter qu'en Luc, 8, 29 et 11, 24, le désert est le lieu où se trouvent les démons.

- Quarante jours.

Dans la tradition biblique, cela indique une période suffisamment longue (Jonas,3, 4). A la différence de Matthieu, 4, 2, Luc ne fait pas allusion explicitement à l'expérience du peuple d'Israël ou de Moïse au désert de l'Exode dans ce récit de la tentation. Voir TOB, Matth., 4, 2, note "d".

- Tenté par le diable.

A la différence toujours de Matthieu, qui utilise indifféremment les termes de "Satan" et de "diable" dans son récit, Luc ne parle que du "diable". Jésus, en tant que Fils et Serviteur, est mis au défi au milieu des risques et des ambiguités de l'existence humaine quotidienne.

- Il ne mangea rien durant ces jours-là.

Il ne s'agit ni d'un jeûne pénitentiel, ni d'un rappel de l'expérience d'Israël au désert du Sinaï, où le peuple n'avait pas séjourné 40 jours, mais 40 années. Ce jeûne indique plutôt ici que Jésus est à la fois "rempli de l'Esprit de Dieu", et totalement humble et dépendant face à la toute-puissance de Dieu, Créateur et Sauveur.

-"Si tu es le Fils de Dieu".

Jésus est appelé Fils de Dieu, comme à son baptême (3, 22), et comme l'est Adam, à la fin de la généalogie de Jésus en Luc, 3, 38. Jésus, Fils et Serviteur de Dieu, accomplit tout le plan de Dieu, qui part de la création et traverse toute l'histoire d'Israël (Luc, 3, 23 - 38). Jésus, lui, est fidèle au projet de Dieu, ce que ni Adam ni Israël n'ont été.

- Jésus, citant l'Ecriture.

Jésus s'appuie sur la Parole de Dieu, fruit de la réflexion croyante en Israël sur l'expérience de Dieu qui le libère et l'accompagne au long de son histoire. Israël a ainsi découvert la gratuité, la souveraineté de Dieu, qui est fidèle à sa promesse, et fait alliance avec son peuple, en lui communiquant l'exigence de la réponse qu'il attend de ce peuple choisi. Jésus répond au diable dans la conviction qu'il peut compter sur le Dieu de l'alliance en toutes circonstances, tel que Dieu s'est manifesté dans l'histoire d'Israël, ce dont témoigne la bible, qui, pour cette raison, devient Parole du Seigneur.

- Jérusalem.

C'est à Jérusalem que Jésus vivra son propre Exode, dans son passage au Père en sa mort-résurrection-ascension (voir le récit de la Transfiguration en Luc, 9, 31). C'est le lieu suprême de son obéissance, et de sa victoire sur les puissances des ténèbres qui refusent le plan de Dieu qui s'accomplit en lui et par lui.




5. RESONNANCES BIBLIQUES ET ACHEVEMENT POUR NOUS EN JESUS CHRIST...



- Comme Jésus, depuis notre baptême en sa mort-résurrection, nous sommes conduits, animés par l'Esprit de Dieu.

Rm 8:14- En effet, tous ceux qu'anime l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu.

Rm 8:15- Aussi bien n'avez-vous pas reçu un esprit d'esclaves pour retomber dans la crainte ; vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier : Abba ! Père !

Rm 8:16- L'Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu.

Rm 8:17- Enfants, et donc héritiers ; héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ, puisque nous souffrons avec lui pour être aussi glorifiés avec lui


- Le combat de Jésus nous est donné, par grâce, comme notre combat spirituel, pour lequel nous disposons des mêmes armes que Jésus.

Ep 6:10- En définitive, rendez-vous puissants dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force.

Ep 6:11- Revêtez l'armure de Dieu, pour pouvoir résister aux manœuvres du diable.

Ep 6:12- Car ce n'est pas contre des adversaires de sang et de chair que nous avons à lutter, mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les Régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal qui habitent les espaces célestes.

Ep 6:13- C'est pour cela qu'il vous faut endosser l'armure de Dieu, afin qu'au jour mauvais vous puissiez résister et, après avoir tout mis en œuvre, rester fermes.

Ep 6:14- Tenez-vous donc debout, avec la Vérité pour ceinture, la Justice pour cuirasse,

Ep 6:15- et pour chaussures le Zèle à propager l'Évangile de la paix ;

Ep 6:16- ayez toujours en main le bouclier de la Foi, grâce auquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Mauvais ;

Ep 6:17- enfin recevez le casque du Salut et le glaive de l'Esprit, c'est-à-dire la Parole de Dieu.

Ep 6:18- Vivez dans la prière et les supplications ; priez en tout temps, dans l'Esprit ; apportez-y une vigilance inlassable et intercédez pour tous les saints.


- Dieu ne tente et n'éprouve personne, ni Jésus, ni nous.

Jc 1:12- Heureux homme, celui qui supporte l'épreuve ! Sa valeur une fois reconnue, il recevra la couronne de vie que le Seigneur a promise à ceux qui l'aiment.

Jc 1:13- Que nul, s'il est éprouvé, ne dise : " C'est Dieu qui m'éprouve. " Dieu en effet n'éprouve pas le mal, il n'éprouve non plus personne.

Jc 1:14- Mais chacun est éprouvé par sa propre convoitise qui l'attire et le leurre.

Jc 1:15- Puis la convoitise, ayant conçu, donne naissance au péché, et le péché, parvenu à son terme, enfante la mort.

Jc 1:16- Ne vous égarez pas, mes frères bien-aimés :

Jc 1:17- tout don excellent, toute donation parfaite vient d'en haut et descend du Père des lumières, chez qui n'existe aucun changement, ni l'ombre d'une variation.

Jc 1:18- Il a voulu nous enfanter par une parole de vérité, pour que nous soyons comme les prémices de ses créatures.



6. CHEMIN DE PRIERE...


Que l'Esprit du Seigneur au désert te conduise,
C'est pour y surmonter toutes les tentations
De ton peuple Israël qui, aux jours de Moïse,
Vivait mal son Exode, en pleine rebellion...

Quarante jours de jeûne : époque évocatrice
De l'entière mission que tu viens accomplir,
Fils d'Adam, Fils de Dieu, qui, pour notre service,
Envoyé par le Père, ira jusqu'à mourir...

Comme Fils ne cherchant pour seule nourriture
Que du Père toujours la sainte volonté,
Comment te perdrais-tu dans la folle aventure
De te servir de Dieu pour du pain t'accorder ?...

Tu as su refuser l'infernale puissance
De qui prend le pouvoir sans être serviteur;
Tu as su repousser la pressante insistance
Qui, pour maîtres nous rendre, asservit notre coeur...

Lorsque la tentation se vêt de la Parole
Et le piège te tend de la publicité,
Tu révèles comment, renversant les symboles,
Tu rendras gloire à Dieu, riche en ta pauvreté...

Tu offres le vrai pain, proposes l'attitude
De qui s'est engagé, pauvre, humble et serviteur,
Témoin du Dieu vivant dans notre finitude
Vécue à ton niveau d'ultime profondeur...
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