Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.
5 Octobre 2009
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| Luc est l'auteur d'une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l'Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul. Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l'Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu'il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu'il s'adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus. Son Evangile se déroule en huit étapes : Jésus a terminé sa mission en Galilée, et, depuis Luc, 9, 51, il a pris avec ses disciples le chemin de Jérusalem. - la 1ère série d'instructions se déroule de 9, 51 à 13, 21,Cette "montée" de Jésus à Jérusalem en compagnie de ses disciples représente, en fait, un long temps d'instruction et de formation que Jésus leur propose. L'on divise habituellement toute cette marche en 3 séries d'instructions que Jésus donne de diverses façons à l'ensemble de ses disciples : - la 2ème série de 13, 22 à 17, 10, - la 3ème, de 17, 11 à 19, 27. Toutes ces instructions ne visent qu'un seul thème : quel est le sens de notre chemin à parcourir avec Jésus, de ce qu'on appelle "la Voie" chrétienne, ou la "route avec le Christ" ? Notre page d'Evangile fait ainsi partie de la première série de ces instructions en paroles et en actes. Maintenant, nous nous trouvons, avec Jésus, lorsqu'il entre dans un village et qu'une femme nommée Marthe le reçoit dans sa maison : quel enseignement "situé" Jésus va-t-il nous donner à cette occasion ? |
| 2. MESSAGE. S'agit-il de l'accueil varié que nous avons à réserver à Jésus dans les différents moments de notre vie, où nous pouvons le rencontrer aujourd'hui ? On le penserait volontiers, et beaucoup de commentaires, depuis des siècles, ont essayé de comparer l'attitude de ces 2 femmes que rencontre Jésus dans cette maison : l'une, active et réaliste, s'affairant à la réalisation d'une réception en bonne et due forme, selon les règles de l'hospitalité orientale, l'autre, apparemment plus attentive à s'occuper personnellement de l'hôte qui arrive, en l'accompagnant et l'écoutant. L'épisode paraît bien entièrement centré sur la parole de Jésus qui le conclut. A supposer que Marthe et Marie soient des amis proches de Jésus, il est cependant très clair, aussi bien dans l'Evangile de Luc que dans tous les autres Evangiles ou tous les autres textes du Nouveau Testament, que rien ne nous est jamais dit sur la "vie privée" ou relationnelle de Jésus : allons relire la première parole de Jésus enfant quand il est retrouvé après trois jours dans le Temple, au terme de l'Evangile de l'Enfance de Luc (2, 49 - 50) : il ne s'agit pas de relation familiale, mais de la mission de Jésus. Plus tard, lorsqu'on fait savoir à Jésus que sa mère et ses "frères" le cherchent, que répond-il de nouveau, si ce n'est une vérité concernant sa mission et son Evangile (Luc 8, 20 - 21) ? Une femme vient-elle un jour à s'écrier devant Jésus : "Heureuse celle qui t'a porté et allaité !", avons-nous lu sa réponse (Luc, 11, 27 - 28) ? Lorsque Luc nous raconte la présence de Jésus à deux repas chez des Pharisiens, cela se passe toujours plutôt mal, car il profite de la situation pour mettre en question les comportements de ses hôtes et les inviter à d'autres attitudes : cela vaut vraiment la peine de relire Luc, 7, 36 - 49 et Luc, 14, 1 - 24. Dans toutes ces occasions, Jésus ne cherche qu'à annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume, compte tenu de la situation dans laquelle il se trouve, de l'occasion qui lui est fournie. La scène de sa réception chez Marthe et Marie n'échappe pas à cette règle : nous n'assistons pas à un accueil ordinaire d'un ami par des amis, mais, une fois de plus, comme en chaque circonstance, Jésus se donne à découvrir en sa mission, en sa dimension "autre" : il faut donc l'accueillir tel qu'il veut l'être dans le cadre de sa mission, de son Evangile du Royaume. et, de ce point de vue, la version de sa réponse à Marthe : "une seule chose est nécessaire", s'impose. Jésus vient en"porteur"de la Parole de Dieu. Et, de même que dans l'épisode de sa rencontre avec une femme de Samarie au chapitre 4 de l'Evangile de Jean, il disait à ses disciples qui l'invitaient à manger du pain qu'ils avaient été chercher :"J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas" (Jean, 4, 32 - 34), il répond en substance à Marthe : "le genre d'accueil que j'attends, c'est celui de la foi en ma mission, en ma parole, et ce que fait Marie, en m'écoutant, va dans le bon sens". Cela ne veut pas donner raison à Marie ou condamner Marthe, mais montrer qu'il se situe "autrement", que son passage concerne uniquement la Parole de Dieu sur le Royaume qu'il annonce, et, qu'en résumé, il faut "se convertir et croire à la l'Evangile". Une fois de plus, Jésus est "ailleurs", il "surprend", il "met en question", voire il "choque". Les détails ordinaires de sa vie d'homme de son temps, avec ses relations familiales et amicales, son train de vie, son style personnel d'existence, sa vie "privée", rien de cela ne nous est rapporté dans l'Evangile : on ne nous en parle indirectement que lorsque Jésus utilise de telles occasions pour nous annoncer sans détour le Règne de Dieu. |
| - une première leçon propose : "il est besoin de peu de choses " : pour le repas ? le menu ? Jésus serait-il donc un ascète ? Pourtant, il a dit lui-même plus haut (Luc, 7, 33 - 34) qu'on lui reprochait, parce qu'il mangeait et buvait normalement, d'être un "glouton et un ivrogne", à la différence de Jean Baptiste. L'universalisme de Luc en cette scène : Jésus agit ici de façon contraire aux normes culturelles Juives de l'époque, et cela de trois façons : il se trouve seul avec des femmes qui ne sont pas de sa parenté, une femme le sert, et il donne son enseignement à une femme dans la propre maison de celle-ci. Luc, à travers cet épisode, vise sans doute une situation de l'Eglise de son temps, où existaient des communautés "domestiques" : souvent des femmes accueillaient l'Eglise, c'est-à-dire la communauté locale, dans leur maison. A noter que Paul nous dit la même chose à propos de ses amis Priscille et Aquila, en Rom., 16, 3 - 5. Les deux soeurs sont probablement les mêmes qu'en Jean, 11, 1 - 40 et 12, 1 - 3, car elles sont décrites avec les mêmes traits : Marthe est toute dévouée au service en sa qualité de "maîtrese de maison" (Jean, 11, 20 et 12, 2), et Marie y est également prosternée aux pieds de Jésus (11, 32 et 12, 3). Il n'est pas question ici de leur frère Lazare, dont l'Evangile de Jean nous précise que Jésus était son ami, comme d'ailleurs l'ami des deux soeurs (Jean, 11, 3 - 5). De même, on voit mal Jésus les visiter à cette présente date, car, selon Luc, il n'est toujours qu'au début de sa montée vers Jérusalem, alors qu'en Jean, Marthe, Marie et Lazare, sont de Béthanie, tout près de Jérusalem (TOB, Jean, 11, 1, note "u"). Il faut savoir que Luc n'a pas non plus toujours une vue précise de la géographie de la Palestine, et qu'il fait à l'occasion des erreurs topographiques importantes. |
| A relire de près tout le Nouveau Testament, nous constatons que Jésus participe à deux sortes de repas : - les repas où il annonce et propose son Evangile, comme celui de notre page et bien d'autres en Luc. Un très beau texte de l'Apocalypse du Nouveau Testament nous résume ce "passage" de Jésus, Parole et Vie, en nos communautés de table et de convivialité de croyants : A nous d'écouter de nouveau et de transmettre la Parole que nous avons entendue et relue dans notre Bible. En effet, Jésus contient, transmet et "est", au sens fort de ce terme, lui-même tout entier la Parole du Père (Jean, 1, 1 - 18). Nous l'avons rencontré dans sa proximité et nous avons à en porter témoignage, à transmettre ce que nous avons reçu : 1Jn 1:1- Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie ; Ecouter la Parole en qualité de disciples qui accueillent toujours ainsi le passage de Jésus, c'est nous engager à témoigner de cette Parole reçue, à la relire dans notre Bible et à la redire en toutes circonstances, à temps et à contretemps, sans jamais nous lasser (2 Timothée, 4, 1 - 4). |
| Seigneur Jésus, apprends-moi de nouveau à toujours d'abord t'accueillir tel que tu es, dans ta proximité très grande et ton altérité surprenante, rends-moi plus ouvert à ta Parole et à la découverte de tes attitudes et comportements, afin que, dans la force de ton Esprit Saint, je parvienne à t'imiter de plus près. AMEN. |