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Le blog de l'Abbé Benoît

Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.

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4e dimanche de carême B






Dimanche 22 mars 2009
4e dimanche de carême
 Ep 2,4-10



Frères,
4 Dieu est riche en miséricorde ;
à cause du grand amour dont il nous a aimés,
5 nous qui étions des morts par suite de nos fautes,
il nous a fait revivre avec le Christ :
c’est bien par grâce que vous êtes sauvés.
6 Avec lui, il nous a ressuscités ;
avec lui, il nous fait régner aux cieux,
dans le ChristJésus.
Par sa bonté pour nous dans le ChristJésus,
7 il voulait montrer,
au long des âges futurs,
la richesse infinie de sa grâce.
8 C’est bien par grâce que vous êtes sauvés.,
à cause de votre foi.
Cela ne vient pas de vous,
c’est le don de Dieu.
9 Cela ne vient pas de vos actes,
il n’y a pas à en tirer orgueil.
10 C’est Dieu qui nous a faits,
il nous a créés en Jésus Christ
pour que nos actes soient vraiment bons,
conformes à la voie que Dieu a tracée pour nous
et que nous devons suivre.
.


COMMENTAIRE 

cf. www.anneesaintpaul.fr 

 

 

v. 4
La véritable richesse est celle qui demeure à jamais, celle que rien ne peut détruire, celle qui s’accroît lorsqu’elle est partagée. Cette richesse, c’est la miséricorde de Dieu : Elle est en effet inépuisable et il n’est pas de plus grande pauvreté que de ne pas connaître cette miséricorde pour en vivre. Dans l’acte du plus grand Amour qu’il a manifesté en Jésus Christ, Dieu ouvre à l’humanité une source intarissable de pardon et de réconfort. Cet Amour, Dieu l’a manifesté au plus haut point sur la Croix.

v. 5
Comme un refrain, Paul rappelle « c’est bien par grâce que vous êtres sauvés ». Il résume ici en quelque sorte toute son expérience et toute sa prédication. Pour illustrer son propos, il indique le passage de la mort à la vie que seul le Christ peut réaliser et qu’il a ouvert pour tout homme. Or, un mort ne peut plus rien faire, ainsi que le déclare le psalmiste : « car, dans la mort, nul souvenir de toi ; dans le shéol, qui te louerait ? » (Ps 6, 6). Ce qui était radicalement impossible à l’homme est devenu possible par la grâce de Dieu. En illustrant ainsi l’action de la grâce, Paul prend le cas le plus manifeste de l’action de Dieu qui ne dépend en aucun cas des efforts de l’homme. Dans ce passage de la mort à la vie sont inclus tous les passages et toutes les conversions que l’homme est appelé à vivre par la grâce : le passage des ténèbres vers la lumière, du mal vers le bien, ou de l’orgueil vers l’amour.

v. 6
La mort dont Paul parle n’est pas tant la mort biologique, que la séparation d’avec Dieu. Certes, la mort comme conséquence de nos fautes peut aussi s’entendre comme le résultat du péché originel, et dans ce cas, la mort biologique en est la manifestation. Mais l’Ecriture parle aussi de la mort comme la privation de la présence de Dieu, ce que le livre de l’Apocalypse appelle « la seconde mort ». En déclarant « il nous a ressuscités », Paul parle de cette vie nouvelle comme d’un acquis définitif que la mort biologique elle-même ne peut remettre en cause. Il rejoint l’actualité de la vie nouvelle telle qu’elle est décrite par saint Jean : « Jésus lui dit : « Je suis la résurrection. Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » (Jn 11, 25). La résurrection est une réalité bien actuelle dont la pleine manifestation se révélera à la fin des temps. Voilà pourquoi cette vie n’est possible que « dans le Christ Jésus » en dehors duquel la mort biologique nous fige dans un état définitif de privation de l’amour de Dieu.

v. 7-9
La grâce de Dieu, comme force de la résurrection, est à l’œuvre dans l’histoire des hommes. Elle concerne toute l’humanité du premier au dernier homme. Paul insiste sur l’antériorité absolue de ce don de Dieu. Si Paul semble insister si lourdement, c’est que nous avons bien du mal à concevoir et surtout à vivre cette gratuité. Même inconsciemment, nous estimons que Dieu récompense, qu’il nous faut suivre un code de bonne conduite pour recevoir la vie en récompense. Or, aucun acte humain n’est capable de nous faire passer de la mort vers la vie. C’est peut-être la raison pour laquelle notre société de la performance et de l’efficacité a tant de mal à accueillir et accompagner la mort lorsqu’elle ne dispose plus de moyens pour la retarder. A un moment ou à un autre, il faut s’abandonner à ce qui nous dépasse, à ce que l’on ne peut plus contrôler, mais cela suppose une véritable humilité : celle de se reconnaître limité et mortel, lieu où vient se briser l’orgueil humain.

v. 10
Notre condition mortelle nous ramène à notre statut de créature, et donc à la reconnaissance que nous ne sommes ni notre propre origine, ni notre propre fin. La bonté de nos actes ne découle pas tant de nos efforts et de nos performances que de la conformité à ce que nous sommes. Mais faire en sorte que nos actes soient vraiment bons nous fait correspondre au projet éternel de Dieu sur nous. Le chemin a été ouvert, nous avons à devenir disciples et donc à suivre celui qui marche en tête. Plus nous devenons nous-mêmes, plus nos actes tendent vers le bien. En d’autres termes, plus nos actes sont pleinement humains, plus ils humanisent le monde dans lequel nous vivons, et plus ils nous font parvenir à la plénitude de notre humanité : Celle précisément que le Christ est venu rétablir par sa vie donnée en nous donnant l’exemple et le moyen de devenir pleinement humains pour participer avec lui à sa divinité.


 

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